Chimie du nerf périphérique : les protéines de la myéline
Cours de Neurologie
Introduction
:
Dans le système nerveux périphérique (SNP), la myéline est formée
par une extension modifiée de la membrane plasmique des cellules
de Schwann (SC).
Enroulée en spirale autour d’un segment d’axone,
elle joue un rôle d’isolant électrique, permettant la conduction
saltatoire de l’influx nerveux.
Le maintien de cette structure
caractéristique des vertébrés supérieurs est assuré par un petit
nombre de protéines spécifiques des SC myélinisantes (et pour
certaines également des oligodendrocytes dans le système nerveux
central [SNC]).
Néanmoins, et par opposition à toutes les autres
membranes biologiques, la myéline ne contient que peu de protéines
(environ 30 % de son poids sec) et est très enrichie en lipides
(environ 70 % de son poids sec).
Les glycoprotéines représentent
60 % des protéines myéliniques, contrairement au SNC où elles ne
sont que des constituants mineurs.
Les gènes de ces protéines
structurales présentent des anomalies au cours des neuropathies
héréditaires comme la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT).
Par
ailleurs, la glycoprotéine associée à la myéline (MAG) est reconnue
par certaines immunoglobulines monoclonales de patients atteints
de neuropathies.
Des modèles animaux de ces affections : mutants
murins spontanés ou souris transgéniques permettent une analyse
précise du rôle de ces protéines.
Régulation
:
L’expression des protéines myéliniques est régulée positivement par
le contact axone-SC, au cours du développement et de la régénération nerveuse.
Ainsi, après axotomie, leurs acides
ribonucléiques messagers (ARNm) diminuent puis réaugmentent
lors de la régénération.
Le gène EGR2/Krox20, localisé sur le
chromosome 10 en q21.1-q22.1 et qui est muté dans certaines
familles de CMT de type 1 et d’hypomyélinisation congénitale,
code pour un facteur de transcription à « doigts de zinc » qui semble
être un transactivateur direct des gènes myéliniques.
Les souris
« knock-out » egr2 ont une hypomyélinisation du SNP avec une
diminution des ARNm de P0, de la protéine de la myéline
périphérique 22 (PMP22) et de la protéine basique de myéline (MBP)
et une prolifération anormale des SC qui sont bloquées à un stade
précoce de différenciation.
Au contraire, Oct-6 est un facteur
de transcription exprimé par les SC immatures et réprimant
l’expression des gènes des protéines myéliniques.
Protéine P0
:
Cette glycoprotéine membranaire intégrale d’un poids moléculaire
de 28 kDa représente 50 à 60 % des protéines de la myéline du SNP.
Son gène localisé sur le chromosome 1 en q22-q23 comprend six
exons.
Elle est formée par un domaine intracellulaire de 68 acides
aminés (AA), très basique, situé au niveau de la ligne dense majeure
(LDM), un domaine hydrophobe transmembranaire de 25 AA et un
domaine immoglobuline (Ig)-like extracellulaire de 124 AA
aminoterminal.
Ce dernier contient une séquence signal pour
l’insertion de la protéine dans la membrane et un site de glycosylation portant l’épitope HNK-1 commun à différentes
molécules d’adhésion. La protéine subit de plus des
modifications post-transcriptionnelles : sulfatation, phosphorylation
et acylation.
La P0 a un rôle structural majeur, elle traverse la
bicouche lipidique et stabilise la ligne intrapériodique (LIP) en
formant des tétramères interagissant de façon homophilique entre
domaines Ig avec un tétramère sur les couches adjacentes.
Le
domaine chargé positivement à la face cytoplasmique de la membrane contribue aussi significativement à la stabilisation de la LDM par interactions électrostatiques avec les lipides acides.
Ceci
est confirmé par l’analyse des mutants nuls P0-/- : 20 % des axones
sont totalement dépourvus de myéline, ce qui suggère que P0 est
impliquée dans la spiralisation du prolongement schwannien, et
60 % ont un élargissement de la LIP confirmant que P0 intervient
dans sa cohésion.
Chez le mutant shiverer la myéline du SNP est
normale malgré l’absence de MBP, alors que chez les doubles
mutants P0-/-MBP-/- la myéline est totalement décompactée, P0 et
MBP ont donc un rôle interchangeable dans la formation de la LDM.
L’étude des hétérozygotes P0 +/- a montré que P0 détermine
également l’épaisseur de la myéline avec la MBP, et est impliquée
dans la maintenance de la myéline et l’intégrité axonale.
En effet,
ces mutants ont une myéline trop mince, des bulbes d’oignons
suggérant des phénomènes de démyélinisation/remyélinisation, et
les homozygotes ont une dégénérescence axonale.
De nombreuses mutations ont été identifiées sur le gène de P0, la
plupart sont des mutations ponctuelles non-sens localisées le plus
souvent dans le domaine extracellulaire de la protéine, ce qui
affecterait ses fonctions d’adhésion.
Selon les cas, le phénotype est
de type CMT1B, maladie de Déjerine-Sottas (DSS, CMT3) ou
hypomyélinisation congénitale.
Protéine de la myéline périphérique
:
La PMP22 représente 5 % des protéines myéliniques et est localisée
dans la myéline compacte.
D’un poids moléculaire de 22 kDa, elle
comporte 160 AA, avec une séquence présentant 85 % d’homologie
entre les rongeurs et l’homme.
Très hydrophobe, elle est constituée
de quatre domaines transmembranaires et de deux boucles
extracellulaires dont la première possède un site de glycosylation.
Ses domaines N et C terminaux sont intracellulaires, et elle a un épitope L2/HNK-1 impliqué dans les processus d’adhésion
cellulaire qui pourrait rendre compte de son rôle structural.
Son
gène comporte 40 kb, et est constitué de quatre exons codants et
deux exons non codants à l’extrémité 5’, tous deux précédés d’un
site promoteur donnant les ARNm CD15 et SR13 pour le SNP et les
tissus non neuronaux, respectivement.
Chez les souris
Trembler et TremblerJ, la protéine est mutée et il existe une prolifération anormale
des SC semblant arrêtées au stade prémyélinisant, avec une
dégradation de la myéline et des bulbes d’oignons.
La mutation
affecte le transport intracellulaire de la protéine.
La similitude
entre les gènes pmp22 et gas3, qui est induit dans les fibroblastes
quiescents et réprimé dans ceux qui prolifèrent, a fait évoquer le
rôle de la PMP22 dans la régulation du cycle cellulaire, d’autant que
son expression est inversement corrélée à la prolifération des SC au
cours du développement et après lésion.
La PMP22 paraît en
fait davantage impliquée dans la détermination de l’épaisseur de la
myéline et la maintenance de l’intégrité du complexe axonomyélinique.
Les souris PMP22-/- présentent en effet des
phénomènes d’hypermyélinisation instables, disparaissant avec
l’âge, des bulbes d’oignons abondants témoins d’une
dégénérescence myélinique et une réduction significative des profils
axonaux.
Les animaux surexprimant PMP22 constituent un
modèle de CMT1A.
Des travaux récents ont montré que PMP22
et P0 forment des complexes, ce qui expliquerait pourquoi
l’altération de l’une ou l’autre de ces protéines déstabilise la
structure de la myéline et cause un même phénotype pathologique.
La duplication d’une région de 1,5 Mb située sur le chromosome 17
en 17p11.2 et qui inclut le gène pmp22 est responsable de 70 %
environ des CMT1A, dans ce cas les ARNm et la protéine
sont surexprimés.
La délétion de cette même région cause une
neuropathie héréditaire par hyperpression (HNPP).
Les mutations
sont plus rares et peuvent induire des phénotypes de CMT, de DSS
(notamment celles du codon 72 affectant une sérine) ou d’HNPP,
elles affectent les domaines transmembranaires, témoignant de leur
importance fonctionnelle.
La PMP22 pourrait être impliquée
dans les polyradiculonévrites inflammatoires, car son injection
provoque chez le rat une névrite allergique expérimentale (EAN),
qui est un modèle du syndrome de Guillain-Barré.
Toutefois,
l’injection du peptide extracellulaire humain (partie théoriquement
accessible à la réponse immune) est sans effet.
Connexine 32
:
Contrairement à P0 et PMP22, la Cx32 est localisée aux régions non
compactées de la myéline : incisures de Schmidt-Lantermann et
boucles latérales paranodales.
Elle appartient à la famille des connexines qui sont des constituants des canaux extracellulaires et
est présente dans d’autres tissus. D’un poids moléculaire de 32 kDa,
elle est formée par 283 AA.
Elle comporte quatre domaines
transmembranaires, deux boucles extracellulaires et une boucle
intracellulaire, ses extrémités N et C terminales sont intracellulaires.
Elle forme des hexamères (connexons) qui se lient à ceux de la
membrane adjacente pour constituer des jonctions communicantes
(gap junctions), ces « pores » permettent le passage de petites
molécules d’un poids moléculaire inférieur à 1 kDa : ions, seconds
messagers, nutriments...
Cette voie de diffusion radiale entre les
différentes couches de la myéline est 1 000 fois plus courte que le
chemin progressant le long de la spirale myélinique.
Les souris
déficientes en Cx32 ne présentent des anomalies qu’à 4 mois :
myéline mince et « bulbes d’oignons », ainsi qu’un collier périaxonal
désorganisé.
La Cx32 paraît donc impliquée dans la maintenance de
la myéline.
Le gène, composé de deux exons non codants qui subissent un épissage alternatif dépendant du tissu et d’un exon codant, est situé
sur le chromosome X en q13.1.
De nombreuses mutations, en
différents points de la molécule, sont responsables d’un phénotype CMTX.
Certaines affectent la perméabilité des jonctions, par
réduction de la taille du pore, ou par diminution de sa fréquence
d’ouverture.
Ceci perturberait la transduction des signaux
d’interactions axonogliales, tels que des seconds messagers comme
l’adénosine monophosphorique cyclique, entraînant ainsi une
démyélinisation associée à une dégénérescence axonale.
L’absence d’atteinte des autres organes s’expliquerait par le fait
qu’ils expriment d’autres connexines.
Protéine P2
:
C’est une protéine chargée positivement, basique et hydrophobe,
d’un poids moléculaire de 14,8 kDa, contenant deux résidus cystéine
pouvant former un pont disulfide intracaténaire.
Elle est quasiment
spécifique du SNP (elle est présente en petites quantités dans le SNC
de certaines espèces).
Sa séquence est très conservée mais sa quantité
varie selon les espèces, la région du SNP et les individus ; chez
l’homme elle constitue environ 5 % des protéines myéliniques.
Sa
quantité croît avec la myélinisation. Son gène est situé sur le
chromosome 8.
Elle est localisée dans la LDM où elle pourrait
jouer un rôle stabilisant (comme les MBP) par des interactions
hydrophobes.
Toutefois, la variabilité de sa distribution fait que la
question de ses fonctions n’est pas résolue.
Ses fortes homologies
avec des protéines cytoplasmiques liant les lipides et présentes dans
d’autres tissus suggèrent qu’elle pourrait avoir un rôle similaire au
cours de la myélinisation.
Son injection provoque l’EAN, et des
anticorps dirigés contre elle ont été détectés au cours de certains
syndromes de Guillain-Barré.
Protéolipide
:
Le protéolipide (PLP) de Folch-Lees constitue moins de 1 % des
protéines la myéline périphérique (contre 50 % dans le SNC).
Très
hydrophobe, il s’agit d’une protéine membranaire intégrale d’un
poids moléculaire voisin de 30 kDa, constituée de 276 AA (dont 60 %
d’AA non polaires) et très conservée au cours de l’évolution.
Il
contient trois moles d’acides gras/mole de protéine (surtout du palmitate, du stéarate et de l’oléate), qui ont un renouvellement
rapide, indépendant de la partie peptidique, et sont liés par des
liaisons esters à des AA hydroxylés.
Il est formé de quatre
domaines transmembranaires, et présente ainsi certaines analogies
avec les canaux membranaires.
Son gène, localisé en Xq21, constitué
de sept exons, code pour deux protéines générées par épissage
alternatif : PLP et DM-20, qui comporte une délétion de 35 AA par
rapport au PLP ; DM-20 est la forme prédominante dans le SNP.
La DM-20 apparaît avant la myélinisation du SNC dans les
précurseurs oligodendrogliaux et régulerait leur survie.
En effet, le
mutant jimpy chez lequel PLP et DM-20 sont affectés présente une
hypomyélinisation du SNC avec une mort précoce des
oligodendrocytes, mais ceux-ci sont préservés chez le mutant
rumpshaker chez lequel seul PLP est muté.
PLP paraît impliqué dans
la stabilisation de la LIP dans le SNC, sa fonction dans le SNP n’est
pas connue.
Les duplications, mutations et délétions partielles ou complètes du
gène sont rencontrées au cours de la maladie de Pelizaeus-
Merzbacher (MPM) et de certaines paraplégies spastiques
progressives.
De nouvelles mutations ont été identifiées, l’une, par
délétion d’une paire de bases produisant un codon stop avec
absence de PLP et DM-20 (mutation nulle), est responsable d’une
affection moins sévère que la MPM et s’associant à une neuropathie
démyélinisante (ralentissements multifocaux de conduction).
L’autre,
une mutation non-sens en position 144 qui affecte PLP mais non
DM-20, produit un syndrome mineur avec une fonction
périphérique normale, suggérant que DM-20 seule suffit à maintenir
celle-ci.
Glycoprotéine associée à la myéline
et autres glycoprotéines :
C’est une glycoprotéine membranaire intégrale de 100 kDa
quantitativement mineure (0,1 % contre 1 % dans le SNC) spécifique
de la myéline, aussi appelée siglec-4a.
Elle appartient à la
superfamille des Ig, ces protéines ont des homologies de séquences
et sont généralement impliquées dans la reconnaissance et les
interactions cellulaires.
Son domaine transmembranaire sépare la
partie extracellulaire, fortement glycosylée et composée de cinq
domaines Ig-like, de la partie intracellulaire carboxyterminale.
Environ un tiers de sa masse totale est constitué par des carbohydrates, surtout des oligosaccharides contenant de l’acide
sialique, du fucose, du mannose, de la N-acétylgalactosamine et des
sulfates.
Son gène de 16 kb localisé sur le chromosome 19 en q12-13
comporte 16 exons donnant lieu par épissage alternatif à deux
isoformes : L-MAG (72 kDa), qui a un domaine terminal plus long
et phosphorylé, et S-MAG (67 kDa) qui prédomine dans le SNP
quelle que soit la période du développement.
La MAG est
détectable aux stades les plus précoces de la myélinisation, avant
l’apparition de toute protéine myélinique majeure.
Elle n’est pas
localisée à la myéline compacte mais dans la membrane des SC
constituant les incisures de Schmidt-Lantermann, les languettes
paranodales ainsi que le mésaxone externe et interne.
Toutes ces
localisations sont caractérisées par un espacement de 12 à 14 nm
entre les surfaces extracellulaires des membranes adjacentes et la
présence de cytoplasme du côté interne des membranes.
Ceci
suggère que la MAG est impliquée dans la maintenance de l’espace
entre ces membranes, de même que son appartenance à la
superfamille des Ig dont les membres fonctionnent par liaisons
homophiliques ou hétérophiliques sur des cellules adjacentes.
Incorporée dans des liposomes la MAG se lie spécifiquement aux
surfaces neuronales, mais son ligand putatif est inconnu.
Elle
pourrait ainsi interagir avec un composant situé sur l’axolemme
adjacent ou sur la membrane des SC et avec les éléments du
cytosquelette à l’intérieur de la SC.
Ses interactions avec le
cytosquelette pourraient être modulées par phosphorylation de sa
queue cytoplasmique et celles avec les membranes adjacentes par glycosylation.
In vitro la surexpression ou la sous-expression de
la MAG entraînent, respectivement, un accroissement ou une
diminution de l’engainement des racines dorsales par les SC.
La MAG joue donc un rôle au stade initial de la myélinisation, toutefois
elle n’est pas indispensable (mais les molécules compensant le déficit
en MAG ne sont pas identifiées).
Les animaux déficients MAG-/-
développent en effet des anomalies après 9 mois seulement :
dégénérescence myélinique, bulbes d’oignons et dégénérescence
axonale associée à des tomaculi, ceci montre que la MAG est surtout
impliquée dans la maintenance de la myéline.
Chez la majorité des patients présentant une maladie de Waldenström ou une gammapathie monoclonale IgM associée à une
neuropathie, l’Ig anormale réagit avec une structure carbohydratée
dans la MAG très similaire à l’épitope HNK-1 relié à l’adhésion.
Il
existe une compaction anormale de la myéline, notamment des
lamelles externes, très caractéristiques, et des phénomènes
d’hypermyélinisation.
La périaxine, représentant 5 % des protéines myéliniques, est
spécifique du SNP et localisée à la membrane périaxonale.
D’un
poids moléculaire de 170 kDa, elle comporte deux isoformes
générées par deux ARNm.
La E-cadhérine appartient à la
superfamille des protéines d’adhésion calcium-dépendantes, elle
semble jouer un rôle d’adhésion majeur dans les zones non
compactes de la myéline.
Protéine basique de la myéline
:
Elle représente 5 à 18% des protéines myéliniques dans le SNP,
contre 30 % dans le SNC.
Son injection à l’animal provoque
l’encéphalite auto-immune expérimentale.
Elle comprend plusieurs isoformes de poids moléculaires : 21,5 ; 18,5 ; 17,2 prédominante
dans le SNP, et 14 kDa, résultant de l’épissage alternatif d’un ARNm
précurseur commun.
Le gène de 32 kb situé sur le chromosome 18
comporte sept exons, ceux-ci font partie d’un gène plus large
GOLLIMBP dont les transcrits sont exprimés au cours du
développement au stade prémyélinisant.
La protéine comprend
158 AA dont 52 % sont polaires, et est fortement chargée. Elle n’a
pratiquement pas de structure tertiaire en solution.
Elle présente une microhétérogénéité due à une combinaison de phosphorylation,
perte de l’arginine C terminale, déamidation ainsi que dans le degré
de méthylation du résidu arginine en position 106.
Elle est localisée
sur la face cytoplasmique de la myéline correspondant à la LDM.
Le
renouvellement rapide de ses groupements phosphates suggère que
cette modification pourrait influencer la compaction.
Elle forme
probablement des dimères et pourrait stabiliser la LDM par
interaction avec des lipides chargés négativement.
En effet, les souris shiverer (délétion de 20 kb) et mld ont une hypomyélinisation du
SNC avec absence de LDM alors que la myéline périphérique est
d’apparence normale malgré l’absence de MBP.
Il en a été déduit
que la partie chargée positivement de P0 compenserait la perte de MBP dans le SNP, ce que confirme l’étude des doubles mutants
déficients en MBP et P0 chez lesquels la LDM est absente avec des
enroulements schwanniens non compactés et contenant du
cytoplasme.
Protéines enzymatiques
:
Considérée initialement comme une membrane inerte, la myéline
contient en fait de nombreuses activités enzymatiques témoignant
qu’elle est métaboliquement active dans la synthèse et le
renouvellement de ses constituants.
En outre, elle pourrait
transporter activement certains ions pour préserver sa structure et
participer à leur tamponnement au voisinage de l’axone.
Certaines
de ces protéines sont spécifiques, comme la 2’,3’-nucléotide cyclique
3’-phosphodiestérase (CNP). Représentant moins de 1 % des
protéines, c’est un doublet de poids moléculaire voisin de 50 kDa,
localisé à la myéline non compacte.
Son gène situé sur le
chromosome 17 possède quatre exons.
Son rôle n’est pas connu
car les nucléotides cycliques biologiquement actifs ont une structure 3’5’. Les souris transgéniques la surexprimant ont une myéline
centrale non compactée avec des phénomènes de redondances.
La
pH 7,2 cholestérol ester hydrolase et la N-acétyl-L-aspartate
aminohydroxylase sont assez spécifiques.
D’autres enzymes non
spécifiques mais intrinsèques comprennent une protéase neutre, des
kinases AMPc et Ca2+/calmoduline-dépendantes.
La protéine
kinase C et les phosphoprotéines phosphatases permettent le
renouvellement rapide des groupements phosphates.
La part de
l’activité enzymatique revenant aux SC et à la myéline elle-même
est difficile à déterminer pour les enzymes du métabolisme des
lipides telles que l’UDP-galactose : céramide galactosyltransférase
dont les mutants nuls sont dépourvus de galactocérébroside et de
sulfatides et meurent après 18 à 30 jours.
La plupart des gaines myéliniques sont morphologiquement normales mais les vitesses de
conduction nerveuse sont effondrées.
De fortes concentrations de phospho-inositides sont présentes dans
la myéline et les enzymes de leur métabolisme y ont été identifiées :
diphospho-inositol et diglycérides kinases, phosphatases.
Ceci a
ouvert la voie à la caractérisation de systèmes de transduction :
présence de récepteurs cholinergiques, de protéines G, de phospholipases C et D, et de la protéine kinase C.
Les enzymes pouvant être impliquées dans le transport ionique sont
l’anhydrase carbonique, la 5’ nucléotidase pour l’adénosine, et la
Na-K-ATPase pour le transport des cations monovalents.