Anatomie pathologique des cancers bronchopulmonaires
(Suite)
Cours de pneumologie
C -
ADÉNOCARCINOME
:
L’adénocarcinome est une tumeur maligne épithéliale différenciée
dans le sens glandulaire.
Il peut naître de l’épithélium bronchique, bronchiolaire, alvéolaire ou des glandes bronchiques.
Les critères de
différenciation glandulaire sont appréciés sur l’architecture (acineuse
ou tubulaire, papillaire ou alvéolaire), la cytologie (polarité
cellulaire, noyau souvent arrondi et hypernucléolé), et la présence
éventuelle d’une mucosécrétion.
Ils sont souvent polymorphes dès
qu’ils dépassent la taille de 2 cm.
1- Mode de présentation
:
Plus fréquents chez la femme, leur survenue n’est pas toujours liée
au tabac.
Ils peuvent être découverts fortuitement ou devant des
symptômes respiratoires (dyspnée, bronchorrhée).
Parfois, ils sont
diagnostiqués devant un tableau de dissémination métastatique ou
pleurale (formes occultes).
Classiquement, l’adénocarcinome réalise
un nodule périphérique à temps de doublement lent.
Récemment
ont été décrites, chez des sujets jeunes, gros fumeurs, des formes
centrales à développement médiastinal rapide.
Parfois, ce sont des
nodules multiples faisant alors envisager la possibilité de cancers
synchrones, de métastases satellites ou de métastases pulmonaires
d’un adénocarcinome d’autre origine.
2- Macroscopie
:
Les adénocarcinomes sont le plus souvent périphériques, entraînant
parfois une rétraction de la plèvre.
Ils réalisent une masse
plus ou moins volumineuse, parfois lobulée, bien limitée.
La
constatation fréquente d’une fibrose centrale a conduit à penser que
ces tumeurs se développaient sur cicatrice : infarctus, ancienne
tuberculose, voisinage de bulle d’emphysème.
Cette hypothèse
peut être vérifiée dans certains cas, en particulier par la connaissance
de radiographies pulmonaires antérieures confirmant la présence
d’une lésion ancienne préexistante.
En fait, des travaux ultérieurs
suggèrent que ce foyer fibreux témoigne d’une réaction desmoplastique en relation avec la prolifération tumorale.
Des
études immunohistochimiques ont montré en effet des différences
de type de collagène entre la fibrose cicatricielle et la fibrose
tumorale d’une part, et la présence de myofibroblastes en cas de
tumeur d’autre part.
Nécrose et hémorragie sont fréquentes.
Une
abondante production de mucus se traduit par un aspect visqueux
et gluant de la tranche de section.
La localisation périphérique d’une tumeur n’est pas l’apanage des
adénocarcinomes, et inversement, des adénocarcinomes peuvent
réaliser une masse centrale.
Certains adénocarcinomes périphériques
peuvent être responsables d’un épaississement fibreux de la plèvre,
réalisant la forme particulière de l’adénocarcinome pseudomésothéliomateux.
La variante du carcinome bronchioloalvéolaire peut se présenter
sous forme de nodules uniques ou multiples ou de densification de
type pneumonique.
3- Histologie
:
Selon leur architecture, les adénocarcinomes sont classés en forme
acineuse, papillaire, solide et bronchioloalvéolaire.
Les cellules de
l’adénocarcinome sont de grande taille, cubiques, cylindriques ou
polygonales.
Les noyaux sont volumineux, vésiculeux, souvent hypernucléolés et contiennent parfois une inclusion.
Ils peuvent être constitués de cellules claires.
La production de mucus varie d’un cas
à l’autre, et dans une même tumeur, d’un territoire à l’autre.
Elle
peut se présenter sous forme de vastes plages de mucus, de matériel
muqueux dans les lumières glandulaires ou de vacuoles intracytoplasmiques.
Elle est mise en évidence par les réactions
histochimiques de PAS, PAS-amylase et bleu Alcian.
4- Différentes formes d’adénocarcinomes
:
* Adénocarcinome acineux :
C’est une prolifération formée d’acini ou de tubes bordés par des
cellules cylindriques mucineuses.
* Adénocarcinome papillaire :
C’est une prédominance de structures papillaires de deuxième et
troisième ordres remplaçant l’architecture alvéolaire normale et
infiltrant le parenchyme.
Cette forme est à distinguer du carcinome bronchioloalvéolaire car de pronostic plus péjoratif.
* Carcinome bronchioloalvéolaire :
C’est un adénocarcinome d’architecture purement bronchioloalvéolaire,
sans infiltration stromale, vasculaire ou pleurale.
L’absence de composante infiltrante est un critère indispensable au
diagnostic mais qui ne peut être affirmée sur un petit fragment
biopsique et nécessite de nombreux prélèvements sur une pièce
opératoire.
En effet, certains adénocarcinomes « communs »
possèdent, notamment à leur périphérie, une architecture bronchioloalvéolaire.
Deux formes histologiques sont distinguées.
+ Carcinome bronchioloalvéolaire non mucineux :
C’est le plus fréquent, deux tiers à trois quarts des cas.
Il est
constitué de cellules de Clara ou de pneumocytes de type 2 qui
tapissent des cloisons alvéolaires fines ou discrètement épaissies par
une fibrose ou un infiltrat inflammatoire lymphoplasmocytaire
pouvant contenir des cellules de Langerhans.
Cette forme
histologique comporte parfois un centre fibreux ou fibrokystique
(d’où l’ancienne dénomination de carcinome bronchioloalvéolaire
sclérosant).
Ces remaniements paraissent en fait plutôt secondaires.
Les cellules de Clara sont cylindriques, au cytoplasme éosinophile,
au noyau atypique parfois localisé au pôle apical.
Celui-ci contient
des granules PAS positifs.
Les pneumocytes 2 sont cubiques avec un
cytoplasme spumeux ou microvacuolisé.
Des inclusions
intranucléaires éosinophiles (PAS positives) entourées d’un halo clair
peuvent être visibles dans les deux types cellulaires.
Le cytoplasme
contient également dans les deux types cellulaires des mucines PAS
diastase résistantes et du glycogène.
En périphérie de la tumeur, les
cellules tumorales sont parfois difficiles à distinguer de pneumocytes
hyperplasiques.
En outre, il existe parfois des microfoyers satellites
au voisinage ou à distance.
+ Carcinome bronchioloalvéolaire mucineux :
Il est composé de cellules à gobelets ou produisant du mucus, et
généralement très bien différenciées.
Les cellules desquament
dans la lumière alvéolaire et sont responsables de l’aspect
macroscopique ou radiologique de pneumonie.
Leur caractère
spumeux peut faire évoquer une pneumonie desquamative, mais
l’étude immunohistochimique montre une négativité des marqueurs
macrophagiques (CD68) et une positivité de l’antigène
carcinoembryonnaire (ACE) et des marqueurs épithéliaux.
* Adénocarcinome solide avec production de mucines
:
Forme d’architecture massive, il contient au moins cinq cellules mucosécrétantes sur au moins deux champs à fort grossissement.
5- Cytologie :
Le cytodiagnostic est souvent fait sur un matériel de cytoponction
transpariétale.
Les adénocarcinomes primitifs bronchiques sont
caractérisés par leur polymorphisme (entre les tumeurs et au sein
d’une même tumeur).
Les cellules de grande taille sont isolées ou
groupées en acini ou en placards tridimensionnels, réalisant parfois
des images de morules ou de papilles.
Les noyaux sont excentrés,
arrondis et souvent munis d’un ou plusieurs volumineux nucléoles.
La réaction du bleu Alcian met en évidence des vacuoles
de mucus intracytoplasmiques.
Le diagnostic de carcinome bronchioloalvéolaire est souvent porté à
partir d’un lavage bronchioloalvéolaire, examen qui ramène
facilement les cellules tumorales tapissant les alvéoles ou libres dans
leur lumière.
Ces cellules sont fréquemment groupées en petits îlots acinoïdes ou papillaires ou en morules.
Dans le type mucineux
, les cellules ont un cytoplasme vacuolisé et des noyaux
aux atypies peu marquées, munis souvent d’un nucléole.
Dans le
type non mucineux, le cytoplasme est généralement basophile, plus
abondant à un pôle de la cellule.
L’anisocaryose est plus prononcée,
avec un nucléole proéminent et parfois des images d’inclusions
intranucléaires.
L’expectoration, contrairement à une donnée classique, n’est positive
que dans 10 % des cas, dans des formes tardives et très mucosécrétantes.
6- Immunohistochimie :
La principale utilité de l’immunohistochimie appliquée aux
adénocarcinomes pulmonaires est de pouvoir, dans un certain
nombre de cas, préciser leur nature primitive ou secondaire et
éliminer un mésothéliome malin.
7- Formes variantes d’adénocarcinome
:
Ces formes particulières peuvent être observées seules ou associées
à des aspects plus typiques : adénocarcinome bien différencié de
type foetal, adénocarcinome mucineux (colloïde), cystadénocarcinome
mucineux, adénocarcinome à cellules en « bague à
chaton », adénocarcinome à cellules claires.
8- Facteurs de pronostic
:
Les facteurs anatomopathologiques de pronostic des
adénocarcinomes pulmonaires sont, comme pour toute tumeur, la
taille, la présence ou non d’envahissement ganglionnaire et pleural
et de métastases.
Toutefois, la taille est un moins bon facteur
pronostique que pour le carcinome épidermoïde : une tumeur de
petite taille peut être responsable d’un envahissement pleural,
médiastinal ou de métastases à distance.
Environ 33 % des patients
porteurs d’un adénocarcinome au stade IA décèdent dans les 5 ans
suivant la résection chirurgicale d’une dissémination
métastatique.
Le pronostic après chirurgie d’un carcinome bronchioloalvéolaire de
stade I est excellent, surtout lorsque la tumeur est de petite taille.
Les critères de mauvais pronostic sont la forme pneumonique ou
multicentrique, les formes mucineuses, l’étendue de la diffusion
aérienne.
Il découle de nombreux travaux effectués que le critère
déterminant reste encore actuellement le stade.
Le carcinome à grandes cellules, encore appelé carcinome
anaplasique à grandes cellules, ou carcinome indifférencié à grandes
cellules, est une tumeur maligne épithéliale faite de cellules au
cytoplasme abondant, au noyau volumineux, et dépourvue de toute
composante épidermoïde ou glandulaire.
Cette définition possède
un caractère d’exclusion qui dépend bien sûr de l’échantillonnage.
1- Mode de présentation :
Le carcinome à grandes cellules représente 10 à 20 % des carcinomes
pulmonaires.
Presque tous les patients sont fumeurs, l’âge moyen
est de 60 ans.
Les symptômes sont le plus souvent liés aux effets
locaux de la tumeur, correspondant à un stade avancé.
2- Macroscopie
:
Le carcinome à grandes cellules est typiquement une masse
volumineuse, nécrotique, centrale ou périphérique, pouvant envahir
la plèvre ou les structures adjacentes.
3-
Histologie :
L’aspect histologique est varié, rappelant parfois des carcinomes épidermoïdes, glandulaires ou neuroendocrines, mais sans en
posséder les critères morphologiques formels.
Les cellules sont
généralement de grande taille, possèdent des noyaux volumineux,
vésiculeux, pourvus d’un nucléole proéminent.
Les limites
cytoplasmiques sont souvent nettes.
Ces cellules sont groupées en
travées ou lobules séparés par un stroma d’aspect varié, fibreux,
inflammatoire ou absent.
La nécrose est étendue.
De rares vacuoles
de mucus peuvent être mises en évidence.
4- Cytologie
:
Les caractères cytologiques reflètent les constatations histologiques.
Il s’agit le plus souvent de cellules ségréguées ou groupées en petits
amas.
Les cellules de grande taille ont un cytoplasme de forme et
colorabilité variables.
On ne retrouve pas de vacuole de mucus au
bleu Alcian ni au PAS.
Les noyaux sont volumineux, avec souvent
plusieurs nucléoles bien visibles.
Parfois les cellules sont
plurinucléées.
5- Formes variantes des carcinomes à grandes cellules
:
* Carcinome neuroendocrine à grandes cellules :
C’est un carcinome de haut grade de malignité, de morphologie
neuroendocrine.
La plupart correspondent à la terminologie de
carcinome neuroendocrine peu différencié de Gould.
C’est une
tumeur du fumeur de la soixantaine.
+ Macroscopie
:
De topographie centrale ou périphérique, il réalise une masse bien
limitée, non encapsulée, de coloration blanchâtre ou jaunâtre,
contenant des foyers de nécrose et d’hémorragie.
Les métastases
ganglionnaires sont fréquentes.
+ Histologie :
Il possède les caractères architecturaux des tumeurs
neuroendocrines : architecture organoïde avec palissades, rosettes
ou travées.
Les caractères cytologiques les rapprochent des
carcinomes non à petites cellules.
Les cellules sont de grande taille
(supérieure à trois lymphocytes), leur cytoplasme est abondant, le
rapport nucléocytoplasmique est faible, la chromatine est soit
vésiculeuse soit granuleuse, un nucléole est le plus souvent bien
visible.
L’index mitotique est élevé, supérieur à dix mitoses pour dix
champs au fort grossissement.
La nécrose est fréquente.
+ Immunohistochimie et microscopie électronique
:
Les cellules possèdent des caractères de différenciation
neuroendocrine en immunohistochimie et en microscopie
électronique.
Le terme de carcinome à grandes cellules avec
morphologie neuroendocrine est utilisé lorsque les marqueurs
neuroendocrines sont négatifs.
+ Pronostic
:
L’intérêt de l’individualisation de cette entité est de l’intégrer parmi
les tumeurs neuroendocrines de haut grade de malignité, à côté du CPC.
Si la prise en charge thérapeutique de ce dernier est assez
homogène entre les équipes, le traitement chirurgical est encore
proposé dans le carcinome neuroendocrine à grandes cellules.
Les
résultats d’études multicentriques modifieront peut-être cette
attitude.
Le pronostic est beaucoup plus sombre que celui du
carcinome à grandes cellules commun.
+ Diagnostic différentiel :
– CPC, carcinoïde atypique.
– Carcinome basaloïde.
– Adénocarcinome ou carcinome épidermoïde peu différencié.
* Autres variantes de carcinome à grandes cellules
:
Elles sont représentées dans la classification de l’OMS par :
– le lymphoépithéliome ;
– le carcinome basaloïde dans sa forme pure (ou carcinome à
cellules basales), qui est une forme histologique rare, caractérisée
par un groupement lobulaire de cellules de petite taille, rappelant
les cellules basales d’un épithélium malpighien, de disposition
palissadique à la périphérie des lobules.
Le phénotype est voisin de
celui des cellules basales de l’épithélium bronchique.
Les marqueurs
neuroendocrines sont négatifs.
L’index de prolifération est élevé,
comme en témoigne la positivité de nombreuses cellules tumorales
avec les marqueurs Ki67 ou Mib1.
Cette forme est de mauvais
pronostic ;
– le carcinome à cellules claires ;
– le carcinome à grandes cellules de phénotype rhabdoïde.
6- Diagnostic différentiel :
– Adénocarcinome variante solide ou peu différencié, carcinome épidermoïde peu différencié.
– Carcinome pléomorphe.
– Sarcomes, lymphomes à grandes cellules, mélanomes.
– Métastases.
Autres tumeurs épithéliales malignes :
Un certain nombre de carcinomes peu différenciés et non à petites
cellules possèdent des caractères histologiques suffisants pour leur
attribuer une dénomination particulière
A- CARCINOME ADÉNOSQUAMEUX :
Les contingents épidermoïde et glandulaire représentent chacun au
moins 10 % de la tumeur.
Les formes suivantes sont très rares.
B - CARCINOME À CELLULES PLÉOMORPHES :
Il s’agit d’un carcinome peu différencié associant un contingent de
carcinome épidermoïde, d’adénocarcinome ou de carcinome à
grandes cellules à un contingent de cellules géantes et/ou fusiformes
représentant au moins 10 % de la tumeur.
Sont incluses dans ce
groupe, les tumeurs qui se composent uniquement de cellules
fusiformes et géantes.
C - CARCINOME À CELLULES FUSIFORMES :
Il s’agit d’une forme pure constituée uniquement de cellules
fusiformes.
Il est rare.
Il pose souvent un problème de diagnostic
différentiel avec un sarcome qui peut être résolu le plus souvent par
l’immunohistochimie.
D - CARCINOME À CELLULES GÉANTES :
Le carcinome à cellules géantes est très rare.
Il se compose
uniquement de cellules géantes. Ces cellules sont très volumineuses,
deux à trois fois la taille de cellules carcinomateuses habituelles.
Elles sont pléomorphes, mono- ou multinucléées, aux noyaux
hyperchromatiques et souvent nucléolés.
Ces cellules sont peu
cohésives et intimement mêlées à un infiltrat inflammatoire avec des
images d’empéripolèse.
Elles peuvent sécréter des gonadotrophines
chorioniques.
Le pronostic de cette forme ne paraît pas différent de
celui des autres carcinomes non à petites cellules.
E - CARCINOSARCOME :
C’est une tumeur maligne associant une prolifération
carcinomateuse et sarcomateuse.
Cette dernière doit comporter une
différenciation en tissus hétérologues spécifiques, tels que
chondrosarcome, ostéosarcome, rhabdomyosarcome ou autres
composantes sarcomateuses différenciées.
F - PNEUMOBLASTOME OU BLASTOME PULMONAIRE
:
Le pneumoblastome est une tumeur biphasique comportant une
composante épithéliale qui reproduit un adénocarcinome bien
différencié de type foetal (cellules cylindriques et groupements en
morules) et un stroma mésenchymateux de type embryonnaire.
Cette tumeur est rare (0,25 à 0,5 % de toutes les tumeurs malignes
pulmonaires) et s’observe surtout chez l’adulte, le plus souvent
fumeur. Le pronostic est le même que celui des carcinomes habituels.
Cette tumeur doit être distinguée de l’adénocarcinome bien
différencié de type foetal pur qui ne possède pas de composante
mésenchymateuse et est de meilleur pronostic.
Elle est également
distincte du blastome pleuropulmonaire de l’enfant.
Tumeurs carcinoïdes :
Les tumeurs neuroendocrines ont fait l’objet de classifications
successives résultant de l’accroissement des connaissances de
l’histoire naturelle de ces tumeurs, de l’apport de l’immunohistochimie,
du caryotype et de la biologie moléculaire.
Dans la
dernière classification de l’OMS, les tumeurs avec différenciation
neuroendocrine morphologique constituent un spectre de degré de
malignité croissant : le carcinoïde typique de bas grade, le carcinoïde
atypique de grade intermédiaire, le carcinome neuroendocrine à
grandes cellules et le CPC de haut grade de malignité.
On peut regretter que le terme de carcinoïde (qui reste à tort lié à
une tumeur bénigne) persiste et que n’ait pas été adoptée une
terminologie plus large, telle celle de carcinomes neuroendocrines
proposée par Gould ou celle de tumeurs neuroendocrines utilisée
en pathologie digestive, tout en maintenant bien sûr
l’individualisation du CPC.
Un autre écueil de cette classification
est de ne pas avoir réuni ces quatre tumeurs dans un même chapitre.
La mise en évidence par immunohistochimie ou ultrastructure d’une
différenciation neuroendocrine au niveau des carcinomes non à
petites cellules doit être mentionnée et ne modifie pas leur
classification histologique.
Les séries sont encore trop récentes pour
dire si ces tumeurs auront une évolution différente des carcinomes
non à petites cellules sans différenciation neuroendocrine.
Les tumeurs carcinoïdes sont des tumeurs neuroendocrines de bas
grade ou de grade intermédiaire de malignité, et représentent 1 à
2 % de toutes les tumeurs pulmonaires.
Elles sont divisées en
carcinoïdes typiques et atypiques.
A - MODE DE PRÉSENTATION :
Les symptômes dépendent de la topographie de la tumeur : centrale,
elle se révèle par une pneumonie obstructive, une atélectasie ou une
hémoptysie ; périphérique, elle est souvent de découverte fortuite
sur la radiographie chez un patient asymptomatique.
Les carcinoïdes
surviennent avec une égale fréquence dans les deux sexes et à un
âge moyen de 55 ans.
Il existe peu ou pas d’association avec le tabac.
Chez l’enfant et l’adolescent, ils représentent la tumeur pulmonaire
la plus fréquente.
Certains s’accompagnent d’un syndrome
paranéoplasique (syndrome carcinoïde, syndrome de Cushing,
acromégalie).
Les carcinoïdes multiples s’intègrent souvent dans le
cadre d’une néoplasie endocrinienne multiple.
B - MACROSCOPIE :
Il est habituel d’opposer carcinoïdes centraux et périphériques.
En
fait, la proportion relative est relativement égale entre carcinoïdes
des grosses bronches, des bronches intermédiaires et des bronches
périphériques.
La localisation au lobe moyen est fréquente.
Le
carcinoïde des bronches proximales possède une importante
composante endobronchique, sous forme d’une masse charnue, lisse,
polypoïde, qui bourgeonne dans la lumière bronchique, et une partie
infiltrante pouvant s’étendre dans la paroi bronchique au-delà du
cartilage et envahir les ganglions.
C’est la forme classique en
« iceberg », plus fréquente dans les carcinoïdes typiques
qu’atypiques.
La vascularisation développée de ces tumeurs
explique les difficultés et les risques hémorragiques de la biopsie.
Le
parenchyme en aval peut présenter des lésions en rapport avec
l’obstruction bronchique.
Les carcinoïdes périphériques sont situés dans le parenchyme souspleural,
sans rapport avec une voie aérienne. Ils sont bien limités,
mais non encapsulés.
Ils peuvent être multiples et associés à des
« tumorlets ».
C - HISTOLOGIE :
Carcinoïdes typiques et atypiques sont caractérisés histologiquement
par une prolifération plus ou moins monomorphe de cellules
groupées en cordons, îlots, travées ou en formations acineuses.
On peut observer une différenciation exocrine marquée par
la présence de mucus intracellulaire ou de cavités glandulaires.
Les
cellules sont relativement régulières, le cytoplasme modérément
éosinophile, finement granulaire, les noyaux possèdent un réseau
chromatinien fin.
Le nucléole est visible, surtout dans les carcinoïdes atypiques.
Le stroma peut être fibreux, ossifié, ou siège de dépôts
amyloïdes ; il est toujours richement vascularisé.
Des variantes histologiques sont possibles : cellules fusiformes, oncocytaires, architecture glandulaire, en rosettes, papillaire.
Le carcinoïde atypique a été défini initialement par Arrigoni pour
décrire une tumeur de malignité intermédiaire entre carcinoïde
typique et CPC.
Il correspond au carcinome neuroendocrine bien
différencié selon Gould.
Ces carcinoïdes atypiques sont
périphériques dans la moitié des cas et souvent plus volumineux et
infiltrants que les carcinoïdes typiques lorsqu’ils sont découverts.
La distinction entre forme typique et atypique est extrêmement
importante en terme de pronostic. Seuls deux critères ont été retenus
par Travis et repris par l’OMS 1999 :
– l’index mitotique : moins de deux mitoses par 2 mm2 ou pour dix
champs au fort grossissement pour le carcinoïde typique, deux à dix
mitoses par 2 mm2 ou pour dix champs au fort grossissement pour
le carcinoïde atypique ;
– la nécrose absente des carcinoïdes typiques et focale dans les
formes atypiques.
L’identification du carcinoïde atypique a une évidente incidence
pronostique, mais ne conditionne pas pour autant la conduite
thérapeutique.
Il n’est pas clair que ces tumeurs répondent à
d’autres traitements que la chirurgie.
D - CYTOLOGIE :
L’aspect cytologique, le plus souvent par cytoponction d’une lésion
périphérique, est très évocateur.
Les cellules se présentent sous
forme de cellules isolées ou agencées en placards monocouches
.
Il existe une relative monotonie cellulaire, les cellules
comportant un noyau excentré et un cytoplasme abondant (aspect plasmocytoïde), peu ou pas d’atypie.
La réaction de Grimelius est
positive.
E - IMMUNOHISTOCHIMIE :
Parmi l’ensemble des tumeurs neuroendocrines, les carcinoïdes
typiques sont celles qui présentent la plus grande réactivité avec les
marqueurs neuroendocrines (chromogranine, synaptophysine et
Leu 7).
Certains anticorps peuvent témoigner de la
production ectopique d’une ou plusieurs hormones, même en
l’absence de syndrome clinique.
F - MICROSCOPIE ÉLECTRONIQUE :
Le nombre de grains neuroendocrines est corrélé au degré de
différenciation de la tumeur.
Ces grains sont très nombreux dans le
carcinoïde typique, de taille et forme variées.
Ils sont moins
nombreux, plus petits et moins polymorphes dans les carcinoïdes
atypiques.
G - PRONOSTIC :
Les carcinoïdes typiques sont des tumeurs potentiellement malignes
pouvant s’accompagner de métastases au niveau des ganglions de
voisinage (5 à 20 % des carcinoïdes typiques), mais donnant rarement des métastases à distance.
Les carcinoïdes atypiques
présentent un taux plus élevé de métastases et une réduction
significative de la survie.
Le traitement de ces carcinoïdes
typiques ou atypiques est chirurgical et doit comporter une
exploration précise des ganglions.
Ces tumeurs sont par ailleurs
relativement résistantes à la chimio- et radiothérapie.
Le mauvais pronostic des carcinoïdes est corrélé à de nombreux
paramètres cliniques et anatomopathologiques incluant l’absence de
traitement chirurgical, le stade avancé, la grande taille de la tumeur
(> 3 cm), une métastase ganglionnaire, l’invasion vasculaire, la forme
atypique, l’aneuploïdie.
Des sites inhabituels de métastases incluent
peau, ovaire, choroïde, sein.
H - DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL :
– Carcinome neuroendocrine à grandes cellules, adénocarcinome.
– Variante oncocytaire : oncocytome.
– Variante à cellules fusiformes : tumeur conjonctive.
– Métastase d’un carcinome neuroendocrine ou d’un
adénocarcinome en particulier mammaire et prostatique.
Tumeurs des glandes bronchiques
:
Ces tumeurs possèdent les mêmes caractères que les tumeurs des
glandes salivaires et certaines ont été dénommées à tort adénomes
bronchiques, alors qu’il s’agit de tumeurs malignes généralement de
bas grade.
Elles sont rares, intéressent surtout la trachée et les
bronches proximales.
Elles peuvent être bénignes comme l’adénome pléomorphe
(anciennement tumeur mixte) ou malignes comme le carcinome
adénoïde kystique et le carcinome mucoépidermoïde.
A - CARCINOME ADÉNOÏDE KYSTIQUE :
Anciennement dénommée cylindrome, cette variété est la forme
histologique la plus fréquente de ce groupe, quoique rare,
représentant moins de 2 % de toutes les tumeurs primitives
pulmonaires.
1- Macroscopie :
Le carcinome adénoïde kystique siège généralement sur la trachée
basse, les bronches souches ou lobaires.
Il présente un mode de
développement caractéristique, sous forme d’une masse polypoïde
qui fait protrusion dans la lumière et d’une composante infiltrante
qui franchit le cartilage et diffuse dans le tissu péritrachéal ou
péribronchique.
2- Histologie
:
La tumeur possède une architecture cribriforme (cylindromateuse),
tubulaire ou solide.
Les glandes forment des pseudokystes dont la
lumière est remplie d’un matériel alcianophile. Le stroma peut être
myxoïde ou hyalinisé.
L’infiltration tumorale périnerveuse est classique et fréquente.
La tumeur envahit le poumon et les ganglions.
3- Immunohistochimie :
L’étude immunohistochimique met en évidence une positivité des
cellules tumorales avec les CK de bas poids moléculaire, la
vimentine, l’actine musculaire et la protéine S100, traduisant un
phénotype myoépithélial.
4- Pronostic :
Le pronostic dépend essentiellement du stade clinique au moment
du diagnostic.
En particulier, la présence de métastases lors du
diagnostic initial constitue un élément de très mauvais pronostic,
alors que les patients porteurs d’une tumeur endobronchique bien
limitée bénéficient d’une survie satisfaisante.
C’est une tumeur
d’évolution lente, longtemps locale, mais qui tend à s’infiltrer le long
des voies aériennes, ne pouvant donc pas être traitée par une exérèse
purement endobronchique.
Les récidives locales sont fréquentes,
parfois des années après la résection initiale.
Les métastases sont
moins fréquentes mais ont été rapportées, intéressant le foie, la rate,
le rein, les os, le cerveau et les surrénales.
5- Diagnostic différentiel
:
Le diagnostic différentiel principal est la métastase pulmonaire
d’une tumeur primitive des glandes salivaires.
Aussi, la
connaissance de l’histoire clinique et l’examen physique sont-ils
primordiaux avant d’affirmer le diagnostic de carcinome adénoïde
kystique primitif pulmonaire.
B - CARCINOME MUCOÉPIDERMOÏDE :
C’est également une tumeur rare, 0,1 à 0,2 % des tumeurs malignes
pulmonaires, qui s’observe plus volontiers chez les sujets jeunes de
moins de 30 ans.
Les symptômes sont liés à l’irritation ou l’obstruction d’une voie
aérienne proximale.
La tumeur réalise un nodule polypoïde gris
rosé, saillant dans la lumière (tumeur bouchon).
La biopsie en est
aisée, sans les risques hémorragiques du carcinoïde.
La tumeur
associe des cellules mucosécrétantes, des cellules épidermoïdes et
des cellules dites intermédiaires.
On distingue des tumeurs de bas
et haut grades en fonction du polymorphisme nucléaire, de la
nécrose et du nombre de mitoses.
Le diagnostic différentiel se pose avec un adénome des glandes
bronchiques, le carcinome adénosquameux ou une métastase.
Le
pronostic des formes de bas grade est bon, sans récidive si la
résection est complète. Une résection-anastomose est possible.
Le
traitement des formes de haut grade est chirurgical ; le pronostic est
réservé, mais difficile à établir en raison du petit nombre de cas.
C - AUTRES FORMES HISTOLOGIQUES DE TUMEURS
DE TYPE SALIVAIRE
:
D’autres formes sont décrites, encore plus rares que les précédentes :
carcinome à cellules acineuses (ou tumeur de Fechner), carcinome pléomorphe, carcinome adénosquameux.
Tumeurs conjonctives malignes :
Comme les autres organes, les poumons peuvent être le siège de
tumeurs mésenchymateuses bénignes ou malignes qui se
développent à partir d’un tissu conjonctif normalement présent.
Elles peuvent naître des différents tissus conjonctifs.
A - TUMEURS NÉES DU TISSU CONJONCTIF DE SOUTIEN :
1- Histiocytofibrome malin
:
Tumeur essentiellement du sujet âgé, elle se présente classiquement
comme une masse volumineuse intraparenchymateuse ou souspleurale.
L’agencement des cellules est fasciculé et/ou storiforme
et/ou pléomorphe.
Les cellules sont fusiformes ou arrondies,
d’aspect parfois xanthomisé, mono- ou multinucléées. Les mitoses
sont nombreuses, la nécrose étendue.
Il est parfois difficile de
distinguer un histiocytofibrome malin d’une pseudotumeur
inflammatoire qui, théoriquement, comporte moins de mitoses et
d’atypies.
2- Fibrosarcome :
Chez l’adulte, ils peuvent être endobronchiques ou
intraparenchymateux.
À l’examen microscopique, ils sont en général très cellulaires, fasciculés et constitués de cellules fusiformes dont
les atypies sont plus ou moins marquées.
L’index mitotique et la
nécrose sont variables.
3- Tumeurs fibreuses solitaires du poumon
:
Elles sont de localisation sous-pleurale et sont analogues aux
tumeurs fibreuses solitaires de la plèvre.
Les mitoses et la nécrose
sont généralement absentes, sauf dans de rares formes malignes.
Pour certains, même en l’absence de critères cytologiques de
malignité, ces tumeurs sont assimilées à des fibrosarcomes de bas
grade de malignité.
B - TUMEURS NÉES DU TISSU MUSCULAIRE LISSE
OU PLUS RAREMENT STRIÉ
:
Ce sont les léiomyosarcomes, le léiomyome bénin métastasiant
considéré pour certains auteurs comme un léiomyosarcome de bas
grade.
Des léiomyosarcomes, plus particulièrement pulmonaires et
digestifs, ont été récemment décrits chez les patients atteints du
syndrome d’immunodéficience acquise (sida) notamment les
enfants, et chez les patients ayant subi une transplantation
d’organe. Plus rarement ont été décrits des rhabdomyosarcomes.
C - TUMEURS VASCULAIRES :
1- Hémangioendothéliome épithélioïde :
C’est une entité particulière, anciennement dénommée IVBAT
(intravascular bronchiolar and alveolar tumor of the lung), survenant
chez l’adulte jeune, surtout la femme.
D’autres localisations sont
fréquentes : tissus mous, foie, os.
Il s’agit d’une tumeur habituellement périphérique, parfois sous
forme de foyers multiples et caractérisée histologiquement par des
amas polypoïdes envahissant les lumières alvéolaires de proche en
proche et faits d’un tissu hyalin ou myxoïde et de cellules tumorales
dont le cytoplasme contient parfois une vacuole assimilée à une
lumière vasculaire primitive.
Les cellules tumorales expriment les
marqueurs endothéliaux : facteur VIII, CD31, CD34, Ulex Europeus
et vimentine.
Le pronostic est varié selon le grade.
2- Sarcome de Kaposi
:
Connu à l’état endémique en Afrique, il survient en Europe et aux
États-Unis chez les sujets immunodéprimés.
Chez les patients
atteints par le virus du sida, les formes pulmonaires sont rarement
isolées et s’observent le plus souvent chez des patients porteurs d’un
sarcome de Kaposi cutané.
Le sarcome de Kaposi peut atteindre
l’arbre trachéobronchique ou le parenchyme pulmonaire.
Les lésions endobronchiques sont très évocatrices à l’endoscopie, sous forme de
plaques ou de polypes violacés volontiers situés sur les bifurcations
et hémorragiques à la biopsie.
L’atteinte parenchymateuse réalise
des nodules hémorragiques le long des trajets lymphatiques.
Histologiquement, le sarcome de Kaposi est constitué d’une
prolifération anarchique de cellules fusiformes marquées par
l’anticorps CD34 et englobant des fentes contenant des hématies,
associée à des éléments lymphoplasmocytaires et des dépôts
d’hémosidérine.
Le virus HHV8 du groupe herpès a été mis en
évidence, suggérant son rôle dans la pathogénie du sarcome de
Kaposi.
L’incidence du sarcome de Kaposi chez les patients
greffés est d’environ 6 %.
Les localisations pulmonaires et digestives
sont plus fréquentes que les localisations cutanées.
Dans tous les cas
(sida, transplantation d’organe…), les lésions régressent avec la
diminution de l’immunosuppression.
D - SARCOMES DE L’ARTÈRE PULMONAIRE
OU DE SES BRANCHES :
Ils s’observent plutôt chez la femme, la plupart entre 40 et 60 ans.
Il
s’agit de lésions myxoïdes ou charnues, souvent limitées à la lumière
vasculaire ou la paroi, et pouvant répondre à différents types
histologiques.
E - TUMEURS NERVEUSES :
Les schwannomes et neurofibromes malins sont des « curiosités
anatomopathologiques » au niveau pulmonaire.
F - TUMEURS OSTÉOCARTILAGINEUSES :
De rares cas de chondrosarcome et d’ostéosarcome primitifs
pulmonaires ont été rapportés.
Conclusion :
Dans la plupart des cas, la classification d’une tumeur primitive
pulmonaire maligne, épithéliale ou conjonctive, selon la dernière édition
de l’OMS, est facile et repose sur des données cliniques,
radiographiques et histopathologiques.
Néanmoins, certaines difficultés
persistent pour le pathologiste : il reste parfois difficile de préciser le
type histologique d’une forme commune peu différenciée ; parfois, la
différenciation ne fait pas de doute mais la tumeur est difficile à classer
à l’intérieur du groupe.
Les difficultés les plus fréquentes ont trait aux
tumeurs neuroendocrines.
En effet, si le diagnostic de carcinoïde est en
général aisé sous réserve d’un échantillon suffisamment représentatif, il
est parfois difficile de distinguer carcinoïde atypique et carcinome
neuroendocrine à grandes cellules, et moins fréquemment carcinome
neuroendocrine à grandes cellules et CPC.
Sur des échantillons partiels
ou de petite taille (biopsie, LBA), le pathologiste ne peut pas porter le
diagnostic de carcinome bronchioloalvéolaire dont les critères
microscopiques sont devenus plus stricts.
Le problème de la nature
primitive ou secondaire d’une tumeur maligne reste entier et se pose
avec la plus grande fréquence pour les adénocarcinomes surtout lorsque
des antécédents carcinologiques sont connus.
L’immunohistochimie,
qui s’est récemment complétée par de nouveaux anticorps, est souvent
déterminante.
Cette technique est également indispensable pour
différencier un mésothéliome malin d’un adénocarcinome périphérique.
Persistent encore des zones d’ombre sur l’histogenèse des tumeurs bronchopulmonaires qui seront probablement levées d’ici quelques
années grâce aux progrès de la biologie moléculaire et de la
connaissance du génome des tumeurs.
Les conséquences sur une
classification des tumeurs seront alors inévitables.