Étiologie
:
La grande majorité des brûlures est liée à des accidents
domestiques ou de loisirs.
Elles touchent préférentiellement les mains et le visage
(environ 1 cas sur 2).
A -
Chez l’adulte
:
Les flammes (liquides inflammables, incendies, inflammation
des vêtements, explosions de gaz) représentent
la première cause de brûlures graves (60 % des cas hospitalisés
dans les centres de brûlés).
Les brûlures de petite ou moyenne gravité sont principalement
dues aux liquides chauds.
B - Chez les enfants
:
Les enfants, surtout durant les 3 premières années de
vie, sont particulièrement exposés aux risques de brûlures.
Les liquides chauds représentent, avec 70 % des cas, la
cause principale de brûlures pour toutes les catégories
de gravité.
Physiopathologie :
A - Caractéristiques des brûlures :
surface et profondeur
La brûlure correspond à une destruction de cellules
cutanées par la chaleur ou par un produit corrosif.
1- Surface et profondeur
:
La surface de la brûlure dépend de la surface de
contact entre l’agent vulnérant et la peau.
La profondeur dépend, dans le cas de brûlures
thermiques, de la température atteinte par la surface
cutanée et de la durée de l’exposition à cette température
(en cas d’immersion dans de l’eau chaude, une brûlure
au 3e degré est provoquée en 2 secondes à 65 °C,
10 secondes à 60 °C, et en 30 secondes à 54°C).
Dans le cas de brûlures chimiques, elle dépend de la
durée du contact et de l’écart entre le pH du produit corrosif
et le pH neutre.
2- Correspondance histologique :
Le 1er degré correspond à une atteinte des couches
superficielles de l’épiderme sans lésion de la basale.
La
cicatrisation spontanée se fait en 2 à 3 jours sans aucune
séquelle.
Dans le 2e degré superficiel, la lésion concerne partiellement
la basale et les cellules de Malpighi.
La cicatrisation
spontanée en 1 à 2 semaines, sans séquelle, est
la règle.
Dans le 2e degré profond, l’épiderme et le derme superficiel
sont détruits.
Ne persistent intacts que le derme profond
et les annexes épidermiques (poils, glandes sudoripares et
sébacées).
La cicatrisation spontanée à partir des annexes
sera possible mais longue (2 à 4 semaines), souvent stoppée
par une complication locale ou générale et laissera toujours
une cicatrice indélébile.
Enfin, le 3e degré correspond à une destruction totale
de la peau dans toute son épaisseur et ne peut cicatriser
spontanément (une greffe est donc impérative).
B - Physiopathologie des principales
perturbations :
Trois grandes perturbations organiques grèvent l’évolution
des brûlures graves.
Elles sont d’autant plus marquées
que la surface de la lésion cutanée est plus importante
et ne posent en pratique des problèmes que pour des
brûlures intéressant plus de 10 % de la surface corporelle.
1- Perturbations hydro-électrolytiques :
Elles sont au premier plan dans les premières heures
après la brûlure et peuvent engager le pronostic vital par
choc hypovolémique en cas de brûlures étendues et de
retard à la mise en oeuvre de mesures adaptées.
Il existe une plasmorragie massive et brutale d’autant
plus importante que la surface de la lésion est plus grande.
Chez des patients présentant une brûlure sur plus de
50 % de la surface corporelle, les pertes peuvent être
supérieures à 1 L au cours de la 1re heure.
L’extravasation plasmatique s’explique par une hyperperméabilité
capillaire dans tous les territoires jouxtant
la lésion, entraînant une fuite massive d’albumine, d’eau
et d’électrolytes vers le liquide interstitiel.
Ces fuites plasmatiques sont responsables de la formation
des oedèmes et, dans le cas de brûlures du 2e degré,
de celle du liquide des phlyctènes et des exsudats.
L’hyperperméabilité capillaire est en relation avec les
médiateurs de l’inflammation massivement libérés en
réponse aux destructions tissulaires.
C’est l’histamine
qui joue certainement le rôle le plus précoce et le plus
important [de nombreux autres facteurs sont également
impliqués parmi lesquels les kinines, les prostaglandines,
le monoxyde d’azote (NO), le platelet activating
factor (PAF)].
Cette hyperperméabilité capillaire est
maximale dès les premières minutes suivant la brûlure.
Elle diminuera par la suite progressivement pour disparaître
après environ 24 h.
Deux autres phénomènes sont responsables d’une majoration
des fuites hydriques : une hyperosmolarité du milieu
interstitiel, en relation avec l’afflux de molécules et de diverses particules provenant des cellules détruites ; une
évaporation de surface au niveau des lésions qui dépend
bien évidemment des conditions du traitement local.
Les pertes, en relation avec l’hyperosmolarité et l’évaporation,
persisteront beaucoup plus longtemps que
celles générées par l’hyperperméabilité capillaire.
Outre le choc hypovolémique, l’extravasation plasmatique
a pour conséquence la constitution d’oedèmes qui
seront eux-mêmes responsables de perturbations secondaires
:
- tendance à l’hypervolémie après 24-48 h.
Le remplacement
des pertes par les perfusions ayant restauré
une volémie normale, le retour des oedèmes dans le secteur
vasculaire par l’intermédiaire du système lymphatique
est responsable de cette hypervolémie ;
- compressions vasculaires qui, en gênant l’irrigation
des zones brûlées, risquent d’aggraver les lésions et
peuvent même entraîner, en cas de brûlures circulaires
profondes, des nécroses ischémiques extensives.
2- Perturbations métaboliques :
Les brûlures étendues entraînent un hypermétabolisme
considérable pouvant multiplier par 2 les besoins caloriques.
Cet hypermétabolisme répond à plusieurs mécanismes
: pertes de chaleur en relation avec la perte de
l’isolant cutané et l’évaporation à la surface de la brûlure
; sécrétion massive, en réponse au stress, d’hormones
calorigènes (catécholamines, glucagon, cortisol) ; libération
à partir de la brûlure de produits de l’inflammation
(cytokines, radicaux libres, prostaglandines).
Il existe ainsi un catabolisme intense touchant en particulier
les protéines avec néoglycogenèse.
Un diabète de
stress en relation avec une résistance à l’insuline et
l’abondance des sécrétions d’hormones hyperglycémiantes
est habituel.
En l’absence de mesures thérapeutiques adéquates, la
conséquence principale de ces perturbations métaboliques
est l’installation rapide d’une dénutrition, ellemême
responsable d’une absence de cicatrisation et
d’une dépression immunitaire.
3- Complications infectieuses
:
L’infection représente la principale cause de mortalité
chez les grands brûlés (plus de 1 décès sur 2 lui sont
directement imputables).
La fréquence et la gravité des infections s’expliquent
non seulement par la rupture de la barrière cutanée mais
aussi par l’existence d’une dépression immunitaire marquée.
Cette dernière, touche aussi bien l’immunité
humorale que l’immunité cellulaire.
Elle est en relation
avec des effets suppresseurs de certains médiateurs de
l’inflammation déversés massivement dans la circulation
et est aggravée par la dénutrition.
La présence, après quelques jours d’évolution, de
germes pathogènes au niveau d’une brûlure doit être
considérée comme normale tant qu’il n’existe pas de
signes d’infection locale ou générale et ne nécessite aucun traitement particulier.
L’infection correspond à un débordement des moyens de
défense de l’organisme par la virulence des germes.
Elle
fait courir un double risque au brûlé : local (arrêt de la
cicatrisation, approfondissement des lésions, échec des
greffes) et général (septicémies).
Les germes le plus souvent en cause dans ces complications
septiques sont Pseudomonas aeruginosa et
Staphylococcus aureus.
L’infection peut avoir une origine endogène, à partir de
la peau ou du tube digestif, ou exogène, par contamination
à partir de l’air, des objets ou du personnel soignant.
La gravité de ces infections exogènes contractées à l’hôpital,
dites nosocomiales, justifie pleinement les
mesures d’hygiène et d’asepsie draconiennes prises
dans les centres de brûlés.
4- Autres perturbations :
Elles peuvent toucher toutes les grandes fonctions.
Nous ne citerons ici que les perturbations les plus fréquentes.
Au niveau des poumons : les perturbations précoces
sont le plus souvent en rapport avec des lésions provoquées
par l’inhalation de fumées.
Les fumées émises au
cours d’un incendie véhiculent en effet des composés
toxiques et corrosifs qui non seulement peuvent être
responsables d’intoxications générales (intoxications
au monoxyde de carbone et aux cyanures), mais encore
de brûlures chimiques de la muqueuse respiratoire.
Les lésions de blast sont plus rares.
Il s’agit de lésions
traumatiques du poumon en rapport, au cours des explosions
en espace clos le plus souvent, avec la compression
brutale de la cage thoracique par l’onde de choc.
La survenue au cours des premiers jours d’évolution
d’un oedème pulmonaire n’est pas exceptionnelle chez
les patients présentant des brûlures étendues.
Cet
oedème a pour origine l’hypervolémie secondaire à la
résorption des liquides extravasés et la baisse de la pression
oncotique.
Enfin, les pneumopathies infectieuses sont fréquentes
tout au long de l’évolution.
Au niveau des reins : l’insuffisance rénale aiguë précoce,
secondaire à un défaut de remplissage initial ne se
voit pratiquement plus.
En revanche, les brûlures électriques
étendues ou des brûlures thermiques étendues et
profondes peuvent entraîner une libération massive de
myoglobine qui, précipitant en milieu acide, risque de
bloquer les tubules rénaux et d’être ainsi responsable
d’une insuffisance rénale aiguë.
Enfin, au cours des épisodes septiques peuvent survenir
des perturbations plus ou moins profondes de la fonction
rénale.
Au niveau du tube digestif : les ulcères de Curling sont
devenus, avec les progrès de la réanimation précoce,
exceptionnels.
Les perturbations les plus fréquemment
rencontrées sont des diarrhées apparaissant le plus souvent
au cours des périodes de sepsis.
Au niveau de l’hémostase : il existe au cours des premiers
jours une hypocoagulabilité, liée essentiellement à une consommation de facteurs.
Une thrombopénie de
consommation, proportionnelle à l’étendue des lésions,
apparaît vers le 3e jour chez tous les patients gravement
brûlés.
Ultérieurement, existe une tendance à l’hypercoagulabilité
en rapport avec l’importance des processus inflammatoires.
Diagnostic :
A - Évaluation des fonctions vitales
:
Il s’agit d’évaluer, en première urgence, le retentissement
des brûlures.
1- Sur la fonction respiratoire :
La présence de brûlures du visage doit toujours faire suspecter
l’existence de lésions d’inhalation de fumées.
La
constatation d’un tirage, d’une raucité de la voix, d’une
brûlure des vibices, de la présence de suie dans les narines,
la bouche ou les crachats ainsi que la notion de brûlures
par flammes en espace clos renforceront les présomptions.
Le diagnostic sera affirmé par la fibroscopie bronchique
qui montrera suivant la gravité de l’atteinte, la présence de
suies, un érythème de la muqueuse, des érosions ou des
plages de nécrose.
Des lésions d’inhalation sévères peuvent exister en l’absence
de brûlures cutanées étendues.
À l’opposé, on peut être confronté à des défaillances respiratoires
sans lésions pulmonaires en cas de compression
par l’oedème de la filière laryngotrachéale.
2- Sur l’état hémodynamique :
Il est apprécié par la mesure de la pression artérielle, de la
fréquence cardiaque et de la diurèse.
3- Sur la conscience :
Elle peut être altérée par une intoxication (cyanures, oxyde
de carbone) ou un traumatisme crânien associé.
4- Sur la température centrale :
Les hypothermies initiales sont fréquentes et doivent
être traitées avant de commencer le traitement local de la
brûlure.
B - Évaluation de la brûlure :
1- Recherche de l’agent causal :
L’interrogatoire recherche en particulier la notion de brûlures
chimiques ou de brûlures électriques.
Certaines brûlures chimiques exposent en effet à des
risques spécifiques locaux et généraux (acide fluorhydrique).
Les brûlures électriques avec passage du courant
(à distinguer des brûlures par « flash » qui donnent
des lésions superficielles), outre le risque cardiaque
qu’elles induisent, entraînent des lésions cutanées souvent
très localisées (points d’entrée et de sortie du courant)
sans rapport avec l’importance des lésions sousjacentes
(vasculaires, nerveuses, musculo-tendineuses,
voire viscérales).
2- Surface de la brûlure
:
Elle est évaluée en pourcentage de la surface corporelle
totale.
Elle doit être déterminée avec précision en s’aidant
d’un schéma.
La règle des 9 permet une première évaluation : elle
attribue des multiples de 9 % de la surface corporelle
totale à différents territoires cutanés (9 % pour l’extrémité
céphalique, 9 % pour chaque membre supérieur,
2 x 9 % pour chaque membre inférieur, 2 x 9 % pour
chaque face du tronc, 1 % pour le périnée).
Pour les brûlures peu étendues, l’évaluation peut être
réalisée en tenant compte du fait qu’une paume de main
représente environ 1 % de la surface corporelle totale.
Une évaluation précise ne sera en fait possible qu’en
ayant recours à des tables détaillées tenant compte de
l’âge, telles les tables de Berkow.
3- Profondeur de la brûlure :
Le 1er degré correspond à un érythème douloureux.
Il n’y a pas de décollement, pas de phlyctène.
Le 2e degré est caractérisé par la présence pathognomonique
de phlyctènes.
La distinction entre 2e degré superficiel et 2e degré profond
se fait sur l’aspect et la sensibilité du plancher de la
phlyctène, après excision de celle-ci : rouge, bien vascularisée
et très sensible dans les lésions superficielles ; le plancher apparaît, au contraire, rosé, mal vascularisé,
peu sensible dans les lésions du 2e degré profond.
Le 3e degré se présente comme une nécrose
cutanée adhérente, de couleur plus ou moins foncée
(allant du blanc au noir en passant par le marron), sans
phlyctène, avec perte totale de la sensibilité.
Les brûlures
circulaires du 3e degré sont susceptibles de comprimer
les tissus sous-jacents et de provoquer ainsi un
effet de garrot.
La recherche des signes évocateurs de
telles compressions doit être attentive (pouls distaux,
mesure de pression dans les loges musculaires) car la
réalisation d’incisions de décharge, voire de fasciotomies
est impérative lorsque de telles compressions
existent.
C - Recherche de lésions traumatiques
associées :
Les lésions traumatiques associées sont fréquentes et
peuvent passer inaperçues en raison de l’aspect spectaculaire
de la brûlure.
Leur recherche devra être systématique.
La découverte d’une anémie initiale est très
évocatrice (le sang du brûlé est hémoconcentré au cours
des premières heures après l'accident).
D - Examens complémentaires :
Toute brûlure étendue justifie de la prescription au minimum
d’une numération globulaire, d’un ionogramme
sanguin et urinaire, de tests de coagulation et d’un groupage
sanguin.
En fonction des circonstances de la brûlure et (ou)
de l’état clinique seront également demandés une radiographie
pulmonaire et des gaz du sang.
Au décours de cette évaluation, le pronostic peut être
apprécié.
Conduite à tenir en situation
d’urgence
:
Malgré le caractère spectaculaire de la lésion cutanée,
une brûlure grave vue au stade initial, c’est-à-dire dans
les minutes et les heures qui suivent l’accident, pose
essentiellement des problèmes généraux.
La prise en
charge des problèmes locaux est au second plan et peut
être différée.
A - Premiers gestes
:
Lorsque l’on est témoin de l’accident.
1- Soustraire la victime à l’agent vulnérant :
Il s’agit d’éteindre les flammes (manoeuvre du « tombéroulé
»), de couper l’alimentation électrique en cas
d’électrocution, d’enlever les vêtements imprégnés en
cas de brûlures par liquides chauds ou liquides corrosifs.
2- Refroidir la brûlure :
La mise de la brûlure sous l’eau froide du robinet permet
d’empêcher la propagation de la chaleur vers les
couches profondes de la peau et limite ainsi la profondeur
des lésions.
De plus, le refroidissement est un excellent antalgique et diminue la réaction inflammatoire
initiale.
La précocité du refroidissement est fondamentale.
Il doit
être au mieux réalisé dans les secondes qui suivent l’accident.
Sa durée dépend de la surface de la lésion : plus
de 15 min pour des brûlures de surface limitée, seulement
quelques secondes pour les brûlures les plus étendues
en raison des risques d’hypothermie.
B - Premiers soins :
Il s’agit, au cours des premières minutes ou des premières
heures après l’accident, de garantir les fonctions
vitales, d’obtenir un état hémodynamique stable et satisfaisant
et d’apporter le meilleur confort possible au
patient avant son éventuel transfert en milieu spécialisé.
1- Assurer une fonction respiratoire satisfaisante :
Elle repose sur les gestes suivants : assurer la liberté des
voies aériennes, oxygénothérapie au masque, envisager
une intubation en cas de brûlures faciales ou de suspicion
de lésions d’inhalation.
2- Mettre en place une perfusion intraveineuse
et surveiller l’état hémodynamique
:
Le risque d’hypovolémie impose la mise en place en
urgence d’une perfusion pour toute brûlure au-delà de
10 % de la surface corporelle.
Il est donc nécessaire
d’évaluer la surface de la brûlure dès ce stade précoce et
donc de déshabiller le patient.
Dans ces conditions d’urgence, il est préférable d’utiliser,
lorsque cela est possible, une voie périphérique.
Deux voies sont nécessaires pour les brûlures les plus
étendues (plus de 50 % de la surface corporelle).
Au cours de la 1re heure, les débits de perfusion doivent
être très élevés : 0,5 mL par kilogramme de poids corporel
et par pourcentage de surface brûlée.
Ces perfusions
de la 1re heure consistent en Ringer Lactate auquel on
peut associer, en cas de choc, des perfusions de solutés
macromoléculaires.
La mise en place d’une sonde urinaire à demeure est
systématique pour tout brûlé perfusé afin de surveiller la
diurèse.
Ultérieurement, le débit des perfusions est guidé par une
des formules proposées pour la réanimation des brûlés :
formule d’Evans ou de Parkland pour les adultes, formule
de Carjaval pour les enfants.
La plupart des auteurs
recommandent aujourd’hui l’addition d’albumine à partir
de la 8e h pour les brûlés les plus graves même dans le cas
de l’utilisation des formules de Parkland et de Carjaval.
Les débits des perfusions dépendent, en fait, surtout de la
surveillance clinique et biologique : la diurèse doit être
maintenue à une valeur supérieure à 1 mL/kg/h ; la pression
artérielle systolique doit être supérieure à 100 mmHg ;
la fréquence cardiaque doit être inférieure à 120/min ; la
pression veineuse centrale est maintenue entre 0 et 10 cm
d’eau ; un ionogramme sanguin et urinaire, une numération
globulaire sont demandés toutes les 6 h.
Une surveillance hémodynamique par cathéter de Swann- Ganz peut être nécessaire en cas de choc.
3- Mettre en place une sonde gastrique
:
En cas de brûlures étendues, il existe une hypersécrétion
gastrique et un arrêt du transit gastro-duodénal qui peuvent
provoquer nausées et vomissements.
Une sonde gastrique
mise en aspiration à la poche permet de régler ce problème.
La prescription d’antiacide n’est pas systématique (l’ulcère
de Curling, initialement décrit chez le brûlé, a, aujourd’hui,
pratiquement disparu).
4- Traiter la douleur :
Chez les brûlés graves, utiliser la voie intraveineuse plus
maniable et permettant de laisser le patient à jeun.
La préférence va aux agonistes morphiniques utilisés
en bolus à petites doses (morphine 100 mg/kg, fentanyl
1 mg/kg).
Un traitement anxiolytique peut aider à calmer le
patient.
Les brûlés les plus gravement atteints ne peuvent être
pris en charge qu’après sédation lourde nécessitant une
intubation préalable.
5- Lutter contre l’hypothermie :
En plaçant le brûlé en atmosphère chaude et (ou) en utilisant
une couverture de survie.
6- Débuter le traitement local :
Il ne s’agit pas là d’une première urgence.
Chez les grands brûlés qui vont être hospitalisés, la mise en
oeuvre du traitement local ne doit pas retarder le transfert, ni
gêner le traitement général : se contenter d’envelopper les
zones lésées dans des champs stériles.
En cas de brûlures de
la face et du cou le patient doit être mis en proclive.
Les
membres brûlés doivent être surélevés (pour retarder et atténuer
la formation des oedèmes).
La réalisation des incisions
de décharge peut attendre l’arrivée dans le centre des brûlés.
Si le transfert vers le centre des brûlés ne peut intervenir
avant plusieurs heures, il faut pratiquer des incisions de
décharge en cas de brûlures profondes circulaires et d’apparition
de signes de compression et réaliser, en respectant des
précautions d’asepsie strictes, des pansements avec tulle
gras après nettoyage des lésions avec un antiseptique non
alcoolique.
Pour les brûlés moins graves qui peuvent être traités en
ambulatoire, les phlyctènes doivent être excisées, à l’exception
de celles des pulpes des doigts.
Après nettoyage par un
antiseptique non alcoolisé, appliquer un pansement avec
tulle gras en cas de lésions superficielles ou avec crème
antiseptique (sulfadiazine argentique, Flammazine) en cas
de brûlures du 2e degré profond.
Ce pansement devra être
changé au 2e jour.
7- Cas particuliers
:
Les brûlures électriques exposent au risque de myoglobinurie.
Il convient d’assurer une diurèse abondante et d’alcaliniser
les urines par perfusion de solutés bicarbonatés.
Les brûlures chimiques doivent être lavées à l’eau
pendant au moins 30 min.
Il ne faut pas chercher à neutraliser
le caustique à l’exception de l’acide fluorhydrique
pour lequel il faut appliquer localement une pommade
au gluconate de calcium à 2,5 % (l’acide
fluorhydrique entraîne une chélation du calcium qui
peut engendrer un hypocalcémie massive lorsque la
lésion locale dépasse 2 % de la surface cutanée, et qui
impose alors des perfusions de gluconate de calcium).
8- Envisager l’hospitalisation :
Elle doit se faire en centre spécialisé lorsque les brûlures
s’étendent sur plus de 10 % de la surface corporelle, et,
quelle que soit la surface de la brûlure : lorsqu'il existe
des brûlures du 3e degré, en cas d’atteinte importante des
mains, du visage, du périnée, en cas de suspicion d’inhalation
de fumée, en cas de brûlures électriques, aux âges
extrêmes de la vie, lorsque les soins ambulatoires apparaissent
impossibles à mettre en oeuvre.
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