Borréliose de lyme

 

Borréliose de lymeLa borréliose de Lyme est une zoonose due à Borrelia burgdoferi. La bactérie est transmise à l’homme par une tique : en Europe il s’agit d’Ixodes ricinus. Pour que la transmission ait lieu, il faut que la tique puisse faire son repas complet (ingestion de sang, digestion, régurgitation). Cela nécessite plus de 24 à 48 heures.

La maladie de Lyme est due à Borrelia burgdoferi  sensu stricto. En Europe, on retrouve peu cette bactérie, mais plutôt le complexe Borrelia burgdoferi  sensu lato avec en particulier les Borrelia garinii  et Borrelia afzelii . Ceci explique les différences entre les présentations cliniques des borrélioses américaines et européennes. En effet, les manifestations cliniques engendrées par la maladie dépendent de la bactérie : B. burgdoferi  entraîne majoritairement des atteintes rhumatologiques, B. garinii  se manifeste surtout par des formes neurologiques.

Les tiques se contaminent lors de la morsure d’un mammifère (cervidé, rongeurs, etc.) ou d’un oiseau.

L’homme est un hôte accidentel. La contamination humaine se fait lors de loisirs (promenade en forêt, randonnée, etc.) ou chez des populations exposées par leur profession (garde-forestier, etc.). Certaines régions françaises sont plus touchées, comme l’Alsace et le Limousin.

MANIFESTATIONS CLINIQUES :

La maladie évolue en trois stades.

Phase primaire :

Elle est caractérisée par l’érythème migrant. Il s’agit classiquement d’une macule érythémateuse de plus de 10 cm de diamètre, non prurigineuse. Il évolue de façon centrifuge avec un éclaircissement central (fig. 9). Il apparaît de quelques jours à quelques semaines après la morsure. L’aspect clinique est pathognomonique et aucun autre test (en particulier la sérologie) n’est nécessaire au diagnostic. Il peut exister de façon concomitante des signes de dissémination comme des arthromyalgies fugaces ou des céphalées, qui ne nécessitent pas d’intensification thérapeutique.

Phase secondaire :

Cette phase d’infection tissulaire focalisée unique ou multiple ne peut survenir que si la phase primaire n’a pas été traitée. On décrit lors de cette phase des atteintes neurologiques (les plus fréquentes en France),

rhumatologiques, cardiologiques, cutanées et oculaires. Les formes neurologiques se traduisent par des méningoradiculites, des paralysies faciales périphériques, des méningites isolées et des myélites. Il existe au cours de ces manifestations une méningite lymphocytaire qui doit être objectivée (ponction lombaire), car il s’agit d’un élément nécessaire au diagnostic (sauf dans la paralysie faciale). L’arthrite de Lyme est plus souvent décrite dans la forme américaine. Elle touche les grosses articulations (genou, épaule, cheville, coude). Il s’agit d’une mono ou d’une oligo-arthrite asymétrique évoluant par poussées brèves. L’atteinte dermatologique est dominée par le lymphocytome cutané bénin  ou lymphocytome borrélien.

À ce stade les manifestations cardiaques sont du type myocardite avec bloc auriculo-ventriculaire. L’atteinte oculaire n’est pas bien définie et rare (< 1%). L’infection peut toucher toutes les structures oculaires.

Phase tertiaire :

On retrouve des atteintes neurologiques, rhumatologiques et dermatologiques. C’est à ce stade qu’existent les encéphalomyélites (environ 5 % des neuroborrélioses) et les polyneuropathies. L’acrodermatite atrophiante est la manifestation dermatologique de ce stade. Sur le plan rhumatologique, l’atteinte est superposable à la phase secondaire.

Il ne faut pas porter par excès le diagnostic de maladie de Lyme, sur des symptômes que l’on ne retrouve pas dans cette maladie, tels qu’une asthénie chronique, une altération de l’état général, etc.

Un syndrome post-lyme est décrit avec des plaintes somatiques multiples. La preuve d’un lien avec cette pathologie n’est pas prouvée et il n’y a pas d’indication à represcrire un traitement.

BIOLOGIE :

La biologie ne doit être réalisée que si la clinique est évocatrice. Il faut garder à l’esprit que la sérologie ne reflète que la rencontre du système immunitaire avec la bactérie, sans que l’on puisse déterminer la date du contact (sauf s’il y a séroconversion). De plus, la sérologie de lyme va rester positive très longtemps (plusieurs années) et ceci même si un traitement efficace a été instauré. Il n’y a donc pas d’indication à la contrôler quand celle-ci est positive.

Le premier test est une réaction de type ELISA. Celle-ci doit être confirmée par un Western Blot en cas de résultat douteux ou positif. Seul le Western Blot permettra d’affirmer la positivité de la réaction.

Au cours de la phase primaire (érythème migrant), la sérologie est en général négative et ne doit pas être réalisée. Il n’y a pas non plus d’indication à la réaliser chez les sujets asymptomatiques, pour le dépistage systématique de sujets exposés ou après piqûres de tiques sans manifestations cliniques.

Au cours des manifestations neurologiques, la sérologie doit être réalisée dans le LCR.

L’histologie confirmera le diagnostic lors des atteintes dermatologiques.

TRAITEMENT :

Le traitement repose sur les antibiotiques suivants : amoxicilline, céfuroxime-axétil, doxycycline, ceftriaxone, azithromycine (tableau 5).

Il n’y a pas d’indication à traiter une sérologie positive sans signe clinique. Une morsure de tique ne doit pas entraîner la prescription d’antibiotique (pas d’antibioprophylaxie), mais il faut surveiller l’apparition d’un éventuel érythème migrant qui serait, lui, une indication thérapeutique.

PROPHYLAXIE :

En zone d’endémie (forêt, herbes hautes dans des régions à risques), il est recommandé de porter des vêtements longs et fermés et d’associer l’utilisation de répulsifs vestimentaires. Après une possible exposition, il faut rechercher de façon minutieuse des tiques sur tout le tégument y compris le cuir chevelu.

Si l’on en trouve, il faut les retirer de façon mécanique (pince à épiler, tire-tique) sans emploi de substance chimique (éther, alcool, vaseline). Il n’y a pas d’indication en France à un traitement prophylactique post-morsure. Il faut garder à l’esprit que la tique nécessite pour faire son repas, et donc pour transmettre la borrélia, d’être accrochée au moins 24 à 48 heures. Un retrait précoce élimine donc tout risque d’inoculation.

Il ne faut pas confondre sérologie positive et maladie évolutive. Ceci n’est vrai qu’en présence de symptômes compatibles avec une borréliose de Lyme.

Il n’y a pas d’indication à contrôler une sérologie positive.

Il n’y a pas d’indication à instaurer un traitement après morsure de tique.

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Administrateur et rédacteur en chef du site Medix

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