La réalisation d’une intervention chirurgicale nécessite une évaluation du risque et une préparation optimale
du patient.
La consultation d’anesthésie est le moment privilégié où cette évaluation est effectuée.
La prescription d’un bilan préopératoire est une pratique ancienne qui a bénéficié, ces dernières années, d’une réflexion
approfondie visant à définir ce qui était réellement utile et nécessaire, et à éliminer la pratique d’examens
systématiques non justifiés.
Introduction :
Des modifications profondes dans la pratique
quotidienne sont survenues, certes justifiées par des
préoccupations d’économie de santé, mais avant tout
par une démarche de qualité, nouvelle en médecine.
Bilan systématique :
A - Radiographie thoracique :
La radiographie thoracique est probablement
l’examen préopératoire dont la prescription a le plus
diminué, aidée en cela par l’abandon de sa
prescription systématique en médecine du travail ou
en obstétrique.
En effet, les anomalies retrouvées
modifient rarement la conduite périopératoire (moins
de 0,1 % des cas), sa valeur pronostique de
complication respiratoire postopératoire est très faible,
et son utilité comme examen de référence en cas de
complication postopératoire est également très
réduite.
De plus, sa lecture est difficile et non exempte
de faux négatifs, et surtout de faux positifs, entraînant
la prescription d’examens complémentaires lourds et
inutiles (tomodensitométrie, fibroscopie).
Le consensus actuel est de ne pas demander de
radiographie thoracique systématique en dessous de
60ans.
Toutefois, il n’est pas certain non plus qu’il faille la
pratiquer systématiquement après 60 ans.
En effet,
bien que des anomalies soient observées dans 50%
des cas après 60 ans, les principales anomalies ainsi
dépistées (cardiomégalie, arguments en faveur d’une bronchopneumopathie chronique obstructive [BPCO])
ne sont pas forcément pertinentes par rapport aux
informations colligées par l’examen clinique et
l’interrogatoire.
En conclusion, il n’y a pas lieu de
prescrire une radiographie thoracique systématiquement.
Toutefois, lorsqu’un tel examen a été pratiqué
auparavant pour d’autres raisons, sa lecture par
l’anesthésiste-réanimateur est souhaitable.
B - Électrocardiogramme
:
L’ECG est un examen peu intéressant pour dépister
une affection cardiaque asymptomatique.
On
considère donc habituellement qu’un ECG n’est pas
nécessaire chez les hommes asymtomatiques de
moins de40ans et chez lesfemmesasymtomatiques
de moins de 50 ans. En effet, au-delà de ces âges
seuils, il existe une probabilité voisine de 10% de
détecter des anomalies.
Lorsqu’un ECG datant de moins de 1 an existe,
aucun nouveau tracé n’est nécessaire chez les patients
de moins de 60 ans, en l’absence de nouveaux
symptômes.
À l’opposé, il est recommandé d’obtenir
un ECG chez les patients ayant des maladies pouvant
être associées à des anomalies cardiaques
importantes (hypertension artérielle [HTA], diabète,
collagénoses, etc), ou prenant des traitements
exposant à une toxicité cardiaque (antidépresseurs
tricycliques, chimiothérapies) ou à des modifications
électrolytiques importantes (diurétiques).
C - Examens prétransfusionnels :
La réalisation d’un groupe sanguin (groupe, Rhésus,
recherche d’agglutinines irrégulières [RAI]) ne doit être
faite que si la possibilité d’une transfusion sanguine
périopératoire est raisonnablement envisagée.
Il faut
souligner que la pratique systématique du groupage
des patients opérés est coûteuse, et souvent inutile.
De
plus, en cas d’urgence imprévue, il est toujours
possible d’obtenir du centre d’hémobiologie du sang,
sans groupage ni RAI (distribution sous l’entière
responsabilité du médecin prescripteur).
La décision de
pratiquer ces examens doit tenir compte du risque
hémorragique de l’intervention, des antécédents
transfusionnels du patient, et des conditions de
distribution des produits sanguins sur le site opératoire.
Lorsque le patient dispose d’une carte de groupe
sanguin, une seule nouvelle détermination est exigée
du centre d’hémobiologie.
La RAI est obligatoire
lorsqu’une détermination du groupe sanguin est
effectuée.
Sa durée de validité est de 3 jours, mais cet
examen est valable plusieurs semaines, dans la
période périopératoire, si toutefois aucune transfusion
ne vient modifier le statut immunologique du patient.
Lorsqu’une transfusion est réalisée, le médecin
anesthésiste doit en informer son patient et réaliser,
3 à 4 mois plus tard, des examens sérologiques (virus
de l’immunodéficience humaine [VIH], hépatites B et
C), biologiques (transaminases), et immunohématologiques
(RAI).
Comme une proportion non
négligeable de patients est déjà infectée en
préopératoire, il est recommandé de réaliser des
sérologies préopératoires (VIH, hépatites B et C)
lorsqu’une transfusion est envisagée. Le patient doit
alors être informé, préalablement, de la réalisation
d’une sérologie VIH.
L’ensemble de ces examens (groupe, RAI,
sérologies) est inutile si le patient entre dans un
programme d’autotransfusion programmée, car ils
sont alors systématiquement réalisés par le centre
d’hémobiologie qui le prend en charge.
D - Examens biologiques :
En l’absence de contexte clinique particulier, et pour
une chirurgie mineure, il n’y a pas lieu de pratiquer une
numération globulaire, un ionogramme plasmatique,
une créatininémie ou encore une glycémie à jeun, et a
fortiori un bilan hépatique.
La numération plaquettaire
doit probablement être pratiquée lorsqu’une anticoagulation postopératoire par héparine est
prévue (risque de thrombopénie par allergie à
l’héparine).
La principale modification intervenue dans le bilan
préopératoire concerne le bilan d’hémostase (taux de
prothrombine, temps de céphaline activé).
Pour bien la
comprendre, plusieurs notions sont essentielles.
Tout
d’abord, le meilleur outil de dépistage des anomalies
de l’hémostase est un interrogatoire bien conduit, et
non la réalisation d’une batterie de tests biologiques.
Deuxièmement, les anomalies éventuellement
dépistées par des examens biologiques ne prédisent
pas de manière fiable les accidents hémorragiques périopératoires.
Enfin, la réalisation systématique de
ces tests d’hémostase expose à des faux positifs assez
nombreux, sources d’investigations complémentaires
et de retards non négligeables.
En pratique, il n’y a
souvent pas lieu de prescrire ces examens, sauf pour
les patients traités par anticoagulants, pour les patients
à risque d’anomalies constitutionnelles de l’hémostase
(hémophilie, maladie de von Willebrand), qui sont
dépistés par l’interrogatoire, et pour les patients à
risque d’anomalies acquises de l’hémostase (maladies
hépatobiliaires, dénutrition, cancer, alcoolisme).
Particularités de la femme
enceinte
:
Les femmes enceintes se voient proposer de plus
en plus fréquemment l’anesthésie péridurale pour
l’accouchement.
Le groupe sanguin est obligatoire en
obstétrique pour dépister une immunisation, et la
pratique d’une sérologie VIH tend à se généraliser.
La
réalisation d’un bilan d’hémostase n’est pas nécessaire
pour pratiquer une anesthésie péridurale.
Toutefois,
un certain nombre de patientes présentent une
thrombopénie qui peut être une contre-indication à ce
geste (en dessous de 80-100 G·l-1), en raison d’une
augmentation du risque d’hématome et de
compression médullaire.
Toutefois, cette thrombopénie
peut être facilement dépistée lors du bilan
biologique du sixième mois, qui comporte
obligatoirement une numération globulaire.
Seules les
patientes ayant une thrombopénie inférieure à 200
G·l-1 devraient bénéficier d’un contrôle en salle de
travail.
Particularités de l'enfant
:
Une démarche très similaire à celle décrite pour
l’adulte doit être suivie.
Toutefois, avant 1 an, la
pratique d’une numération globulaire ou d’un
hématocrite est fréquente.
De plus, les tests
d’hémostase sont recommandés avant l’âge de la marchecar l’interrogatoireperddesa fiabilité.
Patient cardiaque :
L’anesthésie, l’intervention chirurgicale et la période
postopératoire constituent, pour le patient atteint
d’une cardiopathie, une épreuve de stress qui risque de
se traduire par des complications cardiaques périopératoires majeures.
Ces dernières années ont
vu se développer des recommandations consensuelles
pour l’évaluation cardiovasculaire périopératoire.
Les grands principes sont les suivants :
– cette évaluation impose une collaboration étroite
entre le cardiologue, l’anesthésiste-réanimateur et le
chirurgien ;
– elle utilise les mêmes techniques et thérapeutiques
que celles utilisées en dehors du contexte
opératoire ;
– cependant, le caractère urgent de l’intervention,
les facteurs de risque du patient et le type de chirurgie
modulent de façon importante cette évaluation.
Il faut souligner que la revascularisation
coronarienne préopératoire (pontage, angioplastie) est
rarement indiquée, et que, là encore, un examen ne se
justifie que s’il est susceptible de modifier le traitement
et/ou la prise en charge périopératoire du patient, et
donc potentiellement son pronostic.
L’essentiel de l’évaluation préopératoire du patient
cardiaque repose sur l’interrogatoire, l’examen clinique
et l’ECG, et en particulier sur la tolérance à l’effort, afin
de déceler des cardiopathies pouvant s’accompagner
de complications périopératoires graves : maladie coronarienne, insuffisance
cardiaque congestive, arythmies graves.
La sévérité et la stabilité de la maladie cardiaque, ainsi que
l’efficacité des thérapeutiques en cours, doivent être analysées.
Les indications préopératoires de la coronarographie sont
finalement proches des indications en dehors du contexte opératoire.
Les patients ne
pouvant bénéficier d’une revascularisation
coronarienne (refus du patient, pathologie associée
contre-indiquant le geste, patients considérés comme
non revascularisables) ne doivent pas subir une
coronarographie.
L’échographie cardiaque, examen
non invasif, occupe une place privilégiée dans
l’évaluation préopératoire des patients cardiaques.
Elle
permet en effet de diagnostiquer et de quantifier les
atteintes valvulaires, d’évaluer les fonctions systolique
et diastolique cardiaques, et d’évaluer le retentissement
cardiaque d’une HTA ou d’un diabète.
Ainsi, la
mise en évidence d’une cardiopathie hypertrophique
est importante pour l’anesthésiste-réanimateur, en
raison des multiples facteurs périopératoires pouvant
entraîner une décompensation : hypovolémie,
tachycardie, troubles du rythme.
Toutefois, il faut
reconnaître que nous manquons actuellement de
critères précis permettant de déterminer chez quels
patients l’échographie cardiaque est indiquée car
susceptible de modifier la prise en charge périopératoire et/ou le pronostic.
Soulignons enfin le
développement, ces dernières années, de
l’échographie de stress pour évaluer le risque
coronarien.
De très nombreux patients cardiaques sont traités
par des antiagrégeants plaquettaires (aspirine,
ticlopidine) qui interfèrent avec l’hémostase primaire.
Toutefois, on considère que la réalisation d’un temps
de saignement est le plus souvent inutile, car il prédit
mal le risque hémorragique peropératoire.
Il suffit de
prendre en compte ce risque supplémentaire
d’hémorragie, voire d’envisager le relais par un antiagrégeant de demi-vie courte (Cebutidt).
Patient insuffisant respiratoire
:
Chez le patient insuffisant respiratoire chronique
ou atteint d’une BPCO, des EFR et une gazométrie
artérielle sont souvent prescrites. Néanmoins, il n’y a
le plus souvent pas lieu de répéter de telles
investigations en l’absence de modifications récentes
de la symptomatologie.
Les patients dont les EFR ou la gazométrie sont
perturbées ont un risque de complications postopératoires plus important que les patients sains
(20 fois plus), et ces complications sont reconnues
comme une cause importante de morbidité et de
mortalité.
Toutefois, les résultats de ces examens ne
permettent pas de prédire de manière fiable ces
complications, en dehors de la chirurgie pulmonaire
où, au contraire, leur intérêt a été clairement établi.
Pour la chirurgie courante, il n’est pas certain que les EFR soient plus intéressantes que l’anamnèse et
l’examen clinique.
Une hypercapnie (PaCO2 [pression artérielle en
gaz carbonique d’un milieu gazeux ou liquide]
supérieure à 45 mmHg) préopératoire indique un
risque de complications respiratoires et de mortalité
postopératoires.
Toutefois, il n’existe pas de seuil audelà
duquel la mortalité ou la morbidité deviennent
excessives. Les patients chez qui la gazométrie
préopératoire est indiquée ne sont actuellement pas
clairement définis.
En tout état de cause, la gazométrie
artérielle ne devrait être pratiquée que chez les
patients pour lesquels des anomalies importantes des EFR ont été observées.
L’hypoxémie (PaO2 [pression
artérielle en oxygène d’un milieu gazeux ou liquide]
supérieure à 55 mmHg) n’est pas considérée comme
un facteur prédictif fiable de complications
postopératoires.
L’évaluation clinique et l’anamnèse, éventuellement
complétées par les examens complémentaires,
sont donc au centre de l’évaluation préopératoire du
patient insuffisant respiratoire ou atteint de BPCO, et
permettent d’apprécier le risque de complications et
d’évaluer le niveau de soins dont devra bénéficier le
patient dans la période périopératoire.
Patient insuffisant rénal :
Tout patient ayant une néphropathie doit être
considéré comme un dialysé en puissance, et la
préservation de son capital néphronique est un
objectif périopératoire important, surtout s’il s’agit
d’une chirurgie aggravant potentiellement la fonction
rénale (chirurgie aortique, chirurgie cardiaque avec
circulation extracorporelle, néphrectomie, chirurgie
lourde pouvant conduire à une réanimation
postopératoire).
Il faut souligner que la créatininémie
est un reflet grossier de la fonction rénale, puisqu’une
réduction de plus de 50% du capital néphronique est
nécessaire avant d’observer une élévation de celle-ci.
Une évaluation fiable de la clairance de la créatinine
peut être obtenue par la formule de Cockroft :
clairance de la créatinine = 1,2 x (140 - âge) x (poids) x
créatininémie-1.
Patient allergique
:
Trois situations doivent être schématiquement
individualisées.
Dans la première, il existe des antécédents
allergiques (allergie médicamenteuse, alimentaire ou
aux hyménoptères, atopie, eczéma) ou faussement
attribués à l’allergie (réactions urticariennes ou
érythémateuses, réactions aux produits de contraste,
intolérance à l’aspirine), et l’on considère actuellement
qu’il n’y a pas lieu de pratiquer un bilan allergologique
préopératoire dans ces situations très fréquentes (15 à
20%des patients).
Dans la deuxième situation, le patient fait état d’une
allergie médicamenteuse rapportée aux anesthésiques
locaux (exceptionnelle) ou généraux (plus fréquente).
Dans 60 % des cas, ce sont les curares qui sont
incriminés. Il est alors nécessaire de connaître les
produits qui ont été utilisés à ce moment, et de
pratiquer des tests cutanés avant l’intervention.
Enfin, chez certains patients, une allergie au latex
est suspectée.
C’est le cas des professionnels de santé
portant des gants (10 à 15% sont sensibilisés), de
certaines professions exposées au latex, lorsque l’on
retrouve des signes cliniques évocateurs (prurit de
contact, rhinite, asthme, conjonctivite), des enfants
atteints de malformations urogénitales et
régulièrement sondés (40 à 50% sont sensibilisés), et
des allergies aux fruits (banane, avocat, kiwi).
Il est
alors probablement justifié de pratiquer un test
préopératoire au latex.
En effet, actuellement, l’allergie
au latex représente près de 20 % des chocs
anaphylactiques périopératoires.
Ces tests allergiques sont le plus souvent des tests
cutanés, parfois associés, pour le latex, au dosage des
anticorps et au test du port de gants.
Ils sont pratiqués
en milieu allergologique, rarement dans le cadre de la
consultation d’anesthésie.
Bilan « spécialisé »
de l'anesthésiste-réanimateur :
A -
Choix de la technique anesthésique
:
Selon le type de chirurgie envisagé, une anesthésie
générale ou locorégionale peut être proposée au
patient. Lorsque l’alternative est techniquement
possible, le choix nécessite plusieurs étapes.
La
première étape est effectuée par le médecin anesthésiste-réanimateur qui met en balance les
risques et bénéfices attendus de chaque technique.
À
l’exception de rares situations cliniques, il faut
reconnaître qu’il n’a pas été possible de démontrer unesupérioritédel’uneoul’autreméthodequantàla
mortalité et/ou la morbidité périopératoires, y
compris pour les patients considérés comme étant à
risque.
En conséquence, bien souvent, l’alternative est
proposée au patient, et son souhait est alors
déterminant.
Le rôle essentiel de l’anesthésisteréanimateur
est alors celui d’informer de façon aussi
complète que possible le patient des éléments
inhérents à son choix et de l’informer également, dans
le cas où une anesthésie locorégionale serait
envisagée, des échecs possibles de celle-ci, et du
recours, alors nécessaire, à l’anesthésie générale.
Enfin,
parfois, une combinaison des deux techniques est
envisagée, le rôle de l’anesthésie locorégionale étant
alors de permettre une analgésie postopératoire.
B - Risque anesthésique et opératoire :
L’anesthésiste-réanimateur doit évaluer le risque
d’intubation trachéale difficile, source d’une morbidité
et d’une mortalité non négligeables, même si une
anesthésie locorégionale est programmée, car elle
peut toujours échouer ou se compliquer.
L’incidence
de l’intubation trachéale difficile est évaluée entre 1 et
4%, mais elle dépend beaucoup du type de chirurgie :
0,5 à 2 % en chirurgie générale, 3 à 7% en
obstétrique, 10 à 20% en chirurgie carcinologique oto-rhino-laryngologique (ORL).
L’intubation
impossible survient dans 0,05 à 0,3% des cas.
Ce
dépistage fait appel à des tests cliniques simples (test
de Mallampati, mesure de l’ouverture de bouche et de
la distance thyromentonnière).
Lorsqu’une
intubation difficile est prévue, l’anesthésisteréanimateur
doit pouvoir disposer des techniques qui
lui permettront de réussir le contrôle des voies
aériennes (fibroscopie bronchique).
En dehors de la
chirurgie carcinologique ORL ou de la chirurgie
trachéale, il n’est pas nécessaire de pratiquer des
examens complémentaires pour évaluer les difficultés
d’intubation trachéale.
C - Préparation à l’intervention :
Dans le cadre de la consultation d’anesthésie, un
dialogue s’établit entre le médecin anesthésisteréanimateur
et le patient afin d’informer le patient des risques et bénéfices de l’intervention envisagée et de
l’anesthésie qui sera nécessaire.
Une préparation
psychologique à l’intervention a lieu, comprenant
l’explication des consignes de jeûne préopératoire,
l’explication du déroulement de l’acte anesthésique, y
compris le passage en salle de surveillance postinterventionelle, voire en unité de soins intensifs,
de la douleur postopératoire et des moyens de la
combattre, et envisageant également l’appréhension
du patient et les moyens qui seront employés pour
diminuer celle-ci, en particulier la prémédication.
Rôle du médecin généraliste :
Face à des opérateurs de plus en plus spécialisés, le
médecin anesthésiste-réanimateur se positionne
comme un praticien de l’ensemble de la médecine
périopératoire, assurant ainsi, en plus d’une fonction
spécialisée (l’administration de l’anesthésie), une
fonction généraliste de prise en charge globale des
problèmes médicaux du patient.
Le dialogue entre le
médecin généraliste et l’anesthésiste-réanimateur est
donc un acte important, qui permet d’assurer la
continuité de la prise en charge globale du patient.
Dans le cadre d’une bonne gestion de l’économie
de la santé, le médecin généraliste est idéalement
placé pour communiquer à l’anesthésiste-réanimateur
les informations du dossier médical du patient et les
résultats des examens complémentaires déjà
pratiqués, permettant de réduire la prescription inutile
d’examens complémentaires ou d’avis spécialisés et
les pertes de temps occasionnées par ceux-ci.
Il est de
plus rassurant, pour le patient, de réaliser qu’une
continuité de la prise en charge médicale s’opère entre
le médecin généraliste, dans lequel il a investi sa
confiance de longue date, et l’équipe médicochirurgicale
qui se propose d’intervenir.
On peut regretter que la formation universitaire du
médecin généraliste ne comporte que depuis très peu
de temps un enseignement sur l’anesthésieréanimation,
et encore, souvent sous la forme d’un
enseignement optionnel.
Le médecin généraliste est
pourtant l’interlocuteur privilégié des patients avant
une intervention, car ils trouvent auprès de lui un
soutien naturel, et bien souvent, c’est lui qui confie le
patient à l’équipe médicochirurgicale.