Aspects neurochimiques de la maladie de Parkinson
Cours de Neurologie
Introduction
:
La relative simplicité des lésions fait de la maladie de Parkinson
une des affections neurodégénératives dont les bases
neurochimiques sont aujourd’hui les mieux connues.
À ce titre, elle
est souvent considérée comme un modèle pathogénique et
physiopathologique de ces maladies.
La maladie de Parkinson est
en effet la conséquence de la destruction relativement sélective du
système dopaminergique nigrostriatal.
Le déficit en dopamine
qui en résulte explique l’essentiel de la symptomatologie.
Cette
première notion est à l’origine des traitements symptomatiques
pharmacologiques remarquablement efficaces à notre disposition : la
L-dopa, qui permet un apport de dopamine exogène au cerveau, et
les agonistes dopaminergiques.
Chez certains patients, d’autres
systèmes neuronaux non dopaminergiques peuvent être atteints
expliquant la présence concomitante de signes résistants au
traitement dopaminergique (troubles de l’équilibre ou détérioration
cognitive par exemple).
De façon plus récente, certaines
conséquences neurochimiques du déficit en dopamine cérébrale ont
été identifiées permettant de mieux comprendre les
dysfonctionnements des noyaux gris centraux qui sous-tendent les
symptômes de la maladie de Parkinson et les complications motrices
(fluctuations d’efficacité, dyskinésies) du traitement dopaminergique.
Ces connaissances ont joué un rôle déterminant dans le développement de la stimulation subthalamique comme le
traitement des formes sévères de maladie de Parkinson.
Systèmes neurochimiques lésés
:
Le coeur lésionnel de la maladie de Parkinson est l’atteinte du
système dopaminergique nigrostriatal. Pour autant cette maladie ne
se résume pas à la destruction de ce seul système.
D’autres systèmes
dopaminergiques peuvent être lésés, mais avec une sévérité
généralement moindre, ainsi que des systèmes non
dopaminergiques.
A - LÉSIONS DOPAMINERGIQUES :
Dès 1919, Tretiakof découvrit que la dépigmentation de la
substance noire est à l’origine du tableau clinique décrit un siècle
plus tôt par James Parkinson sous le nom de « paralysie tremblante »
(shaking palsy).
C’est en 1963 qu’Hornykiewicz démontre qu’à ces
lésions correspond un déficit en dopamine dans le striatum à
l’origine de la symptomatologie caractéristique.
Ainsi était
démontré le rôle déterminant du déficit dopaminergique dans la
maladie de Parkinson.
Cette découverte fut à la base de la
découverte par Cotzias de l’intérêt de la L-dopa dans le traitement
de cette affection. Les études neuropathologiques qui ont suivi
ont permis de montrer que la plupart des systèmes
dopaminergiques cérébraux et extracérébraux sont touchés.
Ils le
sont cependant avec un degré de sévérité variable d’un groupe de
neurones à l’autre.
1- Lésions mésencéphaliques :
Dans le système nerveux central, le plus grand nombre de neurones
dopaminergiques est localisé dans le mésencéphale.
À ce niveau,
cinq groupes de neurones dopaminergiques sont classiquement
identifiés chez l’homme :
– la substantia nigra pars compacta, dans la partie ventrale du
mésencéphale juste en arrière du pédoncule cérébral.
Les neurones
de ce groupe participent à la majeure partie de l’innervation
dopaminergique du striatum ;
– la région médiale et médioventrale, équivalent de l’aire
tegmentoventrale chez le rat dont les efférences se dirigent
préférentiellement vers le cortex frontal et le système limbique ;
– le groupe dopaminergique A8 ;
– la partie latérale de la substance noire ;
– la région périaqueducale.
Les efférences des neurones de ces trois régions ne sont pas connues
chez le primate.
L’étude de la perte des neurones dopaminergiques a clairement
démontré l’hétérogénéité des lésions à ce niveau.
Les lésions sont en
effet massives au niveau de la substantia nigra pars compacta (plus
de 75 % de perte neuronale), mais absentes au niveau de la région
périaqueducale.
La situation est intermédiaire et probablement
variable d’un patient à l’autre dans les trois autres régions (de
l’ordre de 50 % de perte neuronale).
En fait même au sein de la substantia nigra pars compacta la perte
neuronale apparaît hétérogène.
Le marquage immunohistochimique
de la calbindine permet de subdiviser cette région en une matrice
nigrale (zone riche en fibres marquées par la calbindine) et en cinq
nigrosomes (zones dépourvues de fibres marquées par la calbindine).
Cette organisation anatomique est retrouvée de façon très
constante dans le cerveau de sujets témoins et surtout est préservée
dans celui des patients atteints de maladie de Parkinson (les fibres
marquées par la calbindine sont issues de neurones striatonigriques,
épargnés par le processus dégénératif).
Dans la maladie de
Parkinson, la perte neuronale apparaît nettement plus forte dans les nigrosomes (en particulier dans le nigrosome 1 où elle est
vraisemblablement systématiquement supérieure à 90 % lorsque les
symptômes sont présents) que dans la matrice nigrale.
Les
lésions sont plus marquées chez les patients qui ont eu une durée
d’évolution plus prolongée de la maladie.
Mais, quelle que soit la
durée d’évolution clinique de la maladie, le classement des différents
sous-groupes neuronaux de la substantia nigra pars compacta en
fonction du degré de sévérité des lésions reste inchangé.
Ce gradient
de perte neuronale permet d’extrapoler le mode probable de
progression des lésions dopaminergiques.
Les lésions débuteraient
dans le nigrosome 1 et s’étendraient progressivement vers les autres
nigrosomes puis la matrice selon une direction caudale vers rostrale,
latérale vers médiale, ventrale vers dorsale.
La conséquence directe de la destruction des neurones de la substantia nigra pars compacta est une dénervation dopaminergique
massive du striatum. Au gradient de perte observé au niveau
mésencéphalique correspond un gradient de dénervation
dopaminergique striatale.
À ce niveau, les lésions des terminaisons
dopaminergiques sont en effet plus marquées dans la partie dorsolatérale du putamen que dans le noyau caudé et le striatum
ventral, comme montré en étude neuropathologique post mortem
et en tomographie par émission de positons (TEP)-scan à la
fluorodopa.
La symptomatologie clinique caractéristique du
syndrome parkinsonien est la conséquence directe de cette
dénervation dopaminergique.
L’hétérogénéité de la dénervation striatale, reflet de l’hétérogénéité lésionnelle nigrale en début de
maladie, explique vraisemblablement le caractère souvent focal des
symptômes initiaux : fréquence d’un syndrome akinétorigide
localisé à un membre inférieur.
Il existe une organisation somatotopique au niveau striatal, le contrôle de la motricité du
membre inférieur étant situé dans le striatum dorsolatéral, et celui
du membre supérieur et de la face dans le striatum ventral.
Or,
une dénervation dopaminergique massive (probablement supérieure
à 90 %) dans certaines zones striatales est nécessaire pour que les
systèmes de compensation cérébraux soient « dépassés » et qu’ainsi
une symptomatologie focale émerge.
Lorsque le processus
dégénératif progresse (à des vitesses variables d’un patient à l’autre)
la symptomatologie parkinsonienne s’étend progressivement aux
autres parties de l’organisme.
Des variations interindividuelles dans
la distribution précise des lésions dopaminergiques, dans
l’organisation somatotopique du striatum et dans les capacités de
mise en place de systèmes de compensation plus ou moins efficaces
sont probables et expliqueraient ainsi les variations d’expression de
la symptomatologie parkinsonienne observées en début de maladie.
Contrairement à ce qui se passe dans la substantia nigra pars
compacta, la sévérité des lésions ne semble pas liée à la durée
d’évolution de la maladie dans les autres régions dopaminergiques
mésencéphaliques.
Cela pourrait expliquer certaines des variantes
cliniques de la maladie.
Ainsi, des lésions sévères dans l’aire
dopaminergique A8 ont été retrouvées chez des patients chez
lesquels le tremblement était particulièrement sévère.
De même,
des lésions importantes dans les régions médiale et médioventrale
seraient associées à la présence d’une détérioration cognitive.
Ces
relations anatomocliniques restent relativement préliminaires et sont
à considérer avec prudence.
Les raisons de cette variabilité lésionnelle d’un patient à l’autre
demeurent encore inconnues.
Elles pourraient refléter l’hétérogénéité
des causes de la maladie de Parkinson (différentes formes génétiques
identifiées, formes sporadiques).
2- Lésions extramésencéphaliques :
Des neurones dopaminergiques en nombre nettement plus restreint
que dans le mésencéphale existent au niveau de l’hypothalamus et
de la moelle.
Leur fonction n’est pas connue.
Comme dans la
substance grise périaqueducale, ces neurones semblent non affectés
par le processus dégénératif.
Au niveau de la rétine, des neurones dopaminergiques sont
présents ; ils joueraient un rôle dans le contraste visuel. Une partie
de ces neurones, en particulier ceux de la région fovéale, sont
détruits dans la maladie de Parkinson.
Ces lésions pourraient
être à l’origine de difficultés de discrimination visuelle dont se
plaignent certains patients, en particulier en conditions de faible
luminosité.
Enfin des neurones dopaminergiques sont présents dans la paroi du
tube digestif.
Ils semblent eux aussi touchés dans cette affection, ce
qui pourrait participer aux troubles digestifs fréquemment observés
dans cette maladie.
B - LÉSIONS NON DOPAMINERGIQUES :
Aux côtés des lésions dopaminergiques, des lésions de nombreux
autres systèmes neuronaux ont été décrites.
Le rôle de ces
lésions dans la symptomatologie observée dans la maladie de
Parkinson est néanmoins nettement moins bien connu.
1- Systèmes noradrénergiques et adrénergiques :
Le principal noyau noradrénergique est le locus coeruleus, un noyau
allongé situé dans la partie dorsale du pont. Il envoie des projections
diffuses à l’ensemble du cortex.
Des lésions de ces neurones ont été
décrites dans ce noyau dans la maladie de Parkinson ainsi que
les déficits noradrénergiques corticaux conséquents.
Leur
intensité semble variable d’un patient à l’autre. Le rôle de ces lésions
reste indéterminé : elles pourraient jouer un rôle dans la survenue
de trouble de l’équilibre et dans certains troubles cognitifs ou
thymiques.
D’autre part, certaines études ont montré que la
destruction du locus coeruleus rendait les neurones
dopaminergiques du mésencéphale plus sensibles à différents agents
potentiellement délétères.
Les lésions de ce noyau pourraient
ainsi être à l’origine de lésion neuronale dopaminergique plus grave,
donc de formes cliniques plus sévères.
Des lésions des neurones adrénergiques des régions C1 et C3 de la medulla oblongata ont été rapportées.
Leur rôle précis n’est pas
connu.
2- Systèmes cholinergiques
:
Les neurones cholinergiques ne sont pas non plus épargnés dans
cette maladie.
Des lésions neuronales sont présentes au niveau du
nucleus basalis de Meynert et pourraient jouer un rôle dans la
genèse des troubles cognitifs présentés par certains patients.
Les lésions des neurones cholinergiques du noyau
pédonculopontin pourraient être impliquées dans la survenue de
troubles de l’équilibre.
Enfin, la destruction des neurones
cholinergiques du noyau subcoeruleus (situés juste sous le locus
coeruleus) pourrait être impliquée dans les troubles du sommeil
observés en particulier dans la perte de l’inhibition motrice qui
accompagne le sommeil paradoxal, pouvant ainsi expliquer les crises
d’agitation nocturne, voire les comportements anormaux liés au
sommeil paradoxal fréquents dans la maladie de Parkinson.
De façon plus récente, il a été suggéré que les lésions de ce noyau
puissent jouer un rôle dans la genèse de certaines hallucinations.
3- Systèmes sérotoninergiques :
Des lésions des neurones sérotoninergiques du raphé ont été aussi
rapportées.
Elles sont suspectes d’être impliquées dans les
troubles thymiques souvent observés dans cette maladie. Les
rapports entre les systèmes sérotoninergique et dopaminergique sont
étroits, chacun étant capable d’influencer l’autre.
Il est par
conséquent très difficile de déterminer en clinique humaine le rôle
précis d’un éventuel déficit sérotoninergique dans la maladie de
Parkinson.
Ainsi, quelques cas d’aggravation motrice ont été
rapportés chez des patients recevant des médicaments sérotoninergiques alors qu’une étude récente, limitée en nombre
de patients néanmoins, suggère un effet bénéfique d’inhibiteurs de
la recapture de la sérotonine sur l’humeur de patients déprimés mais
aussi sur leur performance motrice.
C - LÉSIONS CORTICALES :
Le cortex des patients n’est pas non plus indemne de lésion.
Il
n’existe pas de claire démonstration de perte neuronale, mais la
présence de stigmates neuropathologiques, comme les corps de
Lewy ou les dégénérescences neurofibrillaires laisse suspecter la
possibilité de processus dégénératif à ce niveau.
De telles lésions, lorsqu’elles sont intenses, sont vraisemblablement
impliquées dans le développement de la détérioration cognitive dont
sont affectés 20 % des patients.
La probable variabilité des
processus pathogéniques est cohérente avec l’hétérogénéité des
tableaux observés : syndrome frontal isolé, association à une
symptomatologie cognitive de maladie d’Alzheimer, ou syndrome
confusionnel chronique associé à des phénomènes hallucinatoires
dans la démence dite « à corps de Lewy ».
D - CONCLUSIONS :
Au niveau de la distribution lésionnelle, il apparaît clairement que
la maladie de Parkinson ne constitue pas une entité unique : les
tableaux lésionnels sont variables d’un patient à l’autre.
Il existe un
coeur lésionnel commun au niveau de la substantia nigra pars
compacta, qui en outre semble suivre une progression lésionnelle
stéréotypée à la base du syndrome clinique qui permet au clinicien
d’identifier une maladie de Parkinson.
Les variabilités lésionnelles
au niveau du système dopaminergique, essentiellement extranigral,
et des autres systèmes anatomiques pourraient expliquer les
variantes cliniques observées : forme motrice pure, présence de
troubles de l’humeur, du sommeil, cognitifs, réponse plus ou moins
satisfaisante au traitement dopaminergique. Les raisons de cette
variabilité sont encore mal connues.
Une telle variabilité pourrait
être la conséquence de processus étiologiques différents.
Il est en
effet clair aujourd’hui que des causes multiples peuvent conduire
au syndrome « maladie de Parkinson » : altérations monogéniques
identifiées (mutation dans les gènes Parkin, alphasynucléine, par
exemple), intoxication au 1-méthyl-4-phényl-1, 2, 3,
6-tétrahydropyridine (MPTP), origine multifactorielle dans la
plupart des autres cas.
Elle pourrait être aussi, pour une même
étiologie, le fait de facteurs génétiques et environnementaux associés
qui modulent l’expression neuropathologique finale de la maladie
et donc de son expression clinique.
Conséquences neurochimiques
de la dénervation dopaminergique
et de sa correction par le traitement
:
Les différents neurones qui constituent les noyaux gris centraux
contiennent des neurotransmetteurs, des récepteurs et des systèmes
peptidiques que la dénervation dopaminergique et sa tentative de
rétablissement par les agents pharmacologiques actuels vont
profondément bouleverser.
De nombreux travaux expérimentaux, en
particulier ces vingt dernières années, ont permis de mieux les
appréhender.
Sont ici essentiellement abordés les systèmes les mieux
connus, en particulier pour leur implication dans la
physiopathologie de cette maladie et des complications de son
traitement.
A - ORGANISATION NEUROCHIMIQUE DES NOYAUX GRIS
CENTRAUX EN SITUATION NON PATHOLOGIQUE :
De façon schématique, les noyaux gris centraux comportent un
système d’entrée, un système de sortie et un système de traitement
de l’information.
Le striatum (noyau caudé et putamen, chez le primate) est le
système d’entrée dans les noyaux gris centraux ; il reçoit des
afférences de presque l’ensemble du cortex. Le striatum est composé
à 90 % de neurones de projection gabaergiques.
Leur corps cellulaire
est de taille moyenne et leurs dendrites présentent des « épines »
caractéristiques où sont situées les synapses de leurs multiples
afférences (medium spiny neurons).
Ces neurones contiennent ainsi
de nombreux récepteurs : glutamatergiques (en rapport avec
l’innervation corticale glutamatergique importante qu’ils reçoivent),
mais aussi dopaminergiques, sérotoninergiques, noradrénergiques,
cholinergiques, cannabinoïdes et à adénosine.
La localisation
spécifique des différentes catégories de récepteur explique
l’influence plus ou moins importante du neurotransmetteur
correspondant sur le neurone gabaergique.
Ainsi, les afférences
cholinergiques puis dopaminergiques plus proches du corps
cellulaire que les afférences glutamatergiques joueraient un rôle
régulateur important sur la nature du « message » issu du cortex.
De façon schématique, deux sous-populations de neurones
gabaergiques sont distinguées : les neurones qui constituent
la voie directe avec une projection axonale directe sur le pallidum
interne et la substantia nigra pars reticulata (certains de ces neurones
projettent aussi sur les neurones dopaminergiques de la substantia
nigra pars compacta) ; les neurones qui constituent la voie indirecte,
avec une projection axonale sur le pallidum externe.
Leur effet, via
le gaba libéré, est neuro-inhibiteur sur les neurones sur lesquels ils
projettent.
Ces deux populations neuronales se différencient en
particulier par les récepteurs dopaminergiques qu’elles portent : de
type D1 pour les neurones de la voie directe, de type D2 pour ceux
de la voie indirecte.
L’action de la dopamine variant selon le type
de récepteur dopaminergique (neuroexcitatrice à travers les
récepteurs D1 ; neuro-inhibitrice à travers les récepteurs D2), ce
neurotransmetteur exerce un effet différent sur les deux populations
de neurones gabaergiques striataux : activation de la voie directe,
inactivation de la voie indirecte.
Ces deux voies se différencient aussi
par les neuropeptides qu’elles contiennent, la substance P et la dynorphine pour la voie directe, l’enképhaline pour la voie indirecte.
Le rôle précis des neuropeptides est encore mal connu mais il est
certainement important dans le fonctionnement physiologique des
noyaux gris centraux et peut-être même plus lors des
dysfonctionnements de ce système.
Le striatum contient aussi des
interneurones (leur corps cellulaire est de taille plus importante et
leur arborisation dendritique ne porte pas les « épines »
caractéristiques des neurones de projection).
Certains contiennent de l’acétylcholine, d’autres du Gaba et même pour certains de la
dopamine ; divers neuropeptides et des enzymes particulières
comme la nicotinamide-adénine-dinucléotide phosphate (NADPH)-
diaphorase sont présents aussi dans leur cytoplasme.
Leur rôle
précis est encore mal connu, mais ils sont vraisemblablement
impliqués dans la régulation du traitement de l’information striatale.
Le pallidum interne et externe ainsi que la substantia nigra pars
reticulata sont formés de neurones Gabaergiques.
Les neurones pallidaux possèdent une large arborisation dendritique orientée
dans un plan parallèle au bord externe du noyau.
Le pallidum
interne et la substantia nigra pars reticulata constituent les structures
de sortie des noyaux gris centraux.
Leur neurones projettent sur les
noyaux effecteurs que sont en premier lieu le thalamus, mais aussi
le noyau pédonculopontin et le colliculus supérieur, sur lesquels ils
exercent une action inhibitrice.
L’activité de base de ces neurones
est élevée ; en permanence, ils inhibent les structures de sortie (tonus
inhibiteur). Les neurones du pallidum externe projettent sur le
noyau subthalamique. Ce dernier est constitué de neurones
glutamatergiques d’arborisation dendritique plus restreinte.
Ses
neurones projettent principalement sur les systèmes de sortie que
sont le pallidum interne et la substantia nigra pars reticulata, mais
aussi sur le pallidum externe, la substantia nigra pars compacta. Par
le glutamate libéré, ce noyau exerce une action excitatrice.
Ainsi sur le plan fonctionnel, deux grandes voies de traitement sont
schématiquement différenciées dans les noyaux gris centraux : la
voie directe qui, lorsqu’elle est activée, lève le tonus inhibiteur des
structures de sortie et peut donc être considérée comme favorable à
la réalisation d’un acte moteur ; la voie indirecte, au contraire,
renforce ce tonus inhibiteur et peut être considérée comme
défavorable à la réalisation d’un acte moteur.
La réalisation
d’une motricité correcte impose un parfait équilibre entre ces deux
voies.
La dopamine, par son action duale sur ces dernières, joue par
conséquent un rôle clé à ce niveau.
B - MODIFICATIONS PROVOQUÉES
PAR LA DÉNERVATION DOPAMINERGIQUE
:
La dénervation dopaminergique est à l’origine d’un bouleversement
dans le mode de fonctionnement des noyaux gris centraux.
Certains
de ces stigmates neurochimiques ont pu être identifiés, même si le
lien entre les différentes modifications observées reste encore
souvent mal connu et la physiopathologie de l’ensemble des
dysfonctionnements provoqués obscure.
En outre, il n’est pas
toujours facile d’interpréter et surtout d’extrapoler à la situation
clinique humaine les différentes études expérimentales.
Elles varient
souvent grandement dans leur paradigme expérimental : espèces
animales différentes, type de lésions dopaminergiques (totale,
partielle, aiguë, chronique), modalités d’analyse des différents
marqueurs (binding, immunohistochimie, hybridation in situ).
Des modifications apparaissent en premier lieu au sein de la
machinerie cellulaire des neurones gabaergiques striataux.
En
condition expérimentale chez le rongeur, la dénervation
dopaminergique entraîne à leur niveau la synthèse de certaines
protéines issues des gènes dits « précoces immédiats » : c-Fos et
autres gènes de sa famille Fos-B et D-Fos, et certains gènes de la
famille Jun, comme Jun-D.
Ces deux types de protéines peuvent
se combiner et alors se lier au complexe AP-1 présent sur de
nombreux gènes, et donc moduler la synthèse protéique de ces
cellules.
Par exemple, sont ainsi modifiés les niveaux de synthèse
des neuropeptides contenus dans ces neurones, mais aussi la
synthèse de protéines régulant les multiples récepteurs portés par
ces cellules.
La dénervation dopaminergique modifie par conséquent
de façon durable la machinerie cellulaire des neurones gabaergiques
striataux et donc son mode de fonctionnement et en particulier la
manière dont est traitée l’information issue de la voie corticostriatale.
Les modifications provoquées actuellement les mieux identifiées
sont celles qui existent au niveau des récepteurs dopaminergiques, glutamatergiques et des neuropeptides.
1- Au niveau des récepteurs dopaminergiques :
Cinq catégories de récepteurs dopaminergiques nommées D1 à D5
ont été identifiées au cours de ces dernières années sur la base de
leurs propriétés pharmacologiques, électrophysiologiques et moléculaires.
La plupart des études réalisées aussi bien chez
l’homme que chez l’animal ont concerné les récepteurs D1 et D2 car
ils sont majoritaires dans le striatum, en particulier dans le striatum
dorsal sensorimoteur.
Les expériences réalisées chez les animaux
avec dénervation dopaminergique ont montré une augmentation de
la densité des récepteurs dopaminergiques D2, à condition que la
dénervation soit suffisamment sévère (diminution des taux de
dopamine striatale d’au moins 95 %).
Chez l’humain, seules
sont disponibles les données obtenues par analyse en TEP-scan en
début de maladie utilisant des ligands des différents récepteurs
dopaminergiques ; ensuite, un traitement étant initié, les
modifications observées sont le fait de la combinaison du déficit en
dopamine et du traitement dopaminergique instauré.
Plusieurs
études ont montré une augmentation modérée (10-20 %) en
récepteurs dopaminergiques de type D2 en phase initiale de maladie
avant introduction de tout traitement dopaminergique.
La
densité en récepteurs de type D1 au contraire semble ne pas être
modifiée.
2- Au niveau des récepteurs non dopaminergiques
:
Les modifications sont loin de concerner les seuls récepteurs
dopaminergiques des cellules striatales.
C’est en particulier au
niveau des récepteurs glutamatergiques que des modifications
fonctionnelles conséquentes à la dénervation dopaminergique ont
été récemment mises en évidence.
De façon expérimentale, il a été
en effet montré que le niveau de phosphorylation de certains des
récepteurs glutamatergiques était modifié en l’absence de
dopamine, modifiant ainsi leur mode de fonctionnement.
Or,
ces récepteurs « recevant » les informations corticales sont un des
éléments clé de la voie corticostriatale, le système d’entrée dans les
noyau gris centraux.
L’absence de dopamine change donc les
modalités de transmission de l’information du cortex vers le striatum.
Des modifications existent aussi probablement au niveau
de l’ensemble de la cascade d’événements cellulaires qui suit
l’activation de ces récepteurs ou d’autres récepteurs, comme ceux à
adénosine.
3- Au niveau des neuropeptides :
Chez le singe rendu parkinsonien par injection de MPTP, la
dénervation dopaminergique s’accompagne d’une augmentation de
l’expression de l’acide ribonucléique messager (ARNm) de la
protéine précurseur de l’enképhaline, la préproenképhaline, et d’une
diminution de l’expression de l’ARNm de la protéine précurseur de
la substance P, la préprotachykinine.
Parallèlement à ces modifications neurochimiques, l’activité
électrique de ces systèmes neuronaux se modifie et influence ainsi
l’activité des systèmes neuronaux sur lesquels ils agissent.
En particulier, à l’augmentation d’expression de la préproenképhaline
dans les neurones striataux constituant la voie indirecte
correspond une augmentation de l’activité électrique de ces
neurones et inversement pour la diminution d’expression de la
préprotachykinine et la diminution de l’activité des neurones de la
voie directe.
C - RÔLE DES MODIFICATIONS
NEUROCHIMIQUES OBSERVÉES :
Les raisons des nombreuses modifications neurochimiques
provoquées par la dénervation dopaminergique sont encore
inconnues.
Elles sont vraisemblablement le reflet des tentatives
d’adaptation que mettent en place les noyaux gris centraux pour
maintenir un niveau de fonctionnement satisfaisant malgré une
dopamine déficitaire.
Elles expliqueraient ainsi la phase de latence
asymptomatique de plusieurs années dans la maladie de Parkinson,
les lésions dopaminergiques devant atteindre un certain seuil pour
être à l’origine de dysfonctionnements dépassant les capacités de
compensation du système.
D - MODIFICATIONS PROVOQUÉES
PAR LE TRAITEMENT DOPAMINERGIQUE
:
La tentative de rétablissement dopaminergique par le traitement
médicamenteux (L-dopa, agonistes) dans la maladie de Parkinson
entraîne une nouvelle cascade de modifications au sein de la
circuiterie des neurones gabaergiques.
Elles sont là encore
reflétées par des modifications de protéines correspondant aux gènes
précoces immédiats. Le traitement est par conséquent à
l’origine de diverses synthèses protéiques qui donc modifient les
modalités de fonctionnement de ces neurones.
Pendant un temps,
ces adaptations permettent de corriger de façon satisfaisante le mode
de fonctionnement des noyaux gris centraux et donc la
symptomatologie du patient (c’est la classique phase dite « de la
lune de miel »).
Le mode de fonctionnement retrouvé grâce au
traitement médicamenteux n’est cependant probablement pas celui
d’un sujet sans dénervation dopaminergique.
Puis, le niveau de
correction devient insuffisant en raison de la progression de la
dénervation dopaminergique, mais aussi et peut-être surtout du
caractère insuffisamment physiologique du rétablissement de la
transmission dopaminergique.
Apparaissent alors les complications
liées au traitement dopaminergique que sont les fluctuations
motrices et les dyskinésies.
Des travaux récents, même s’ils restent
encore préliminaires, montrent que selon la modalité retenue pour
le rétablissement dopaminergique, les modifications cellulaires au
sein de ces neurones diffèrent.
Ainsi, il apparaît en particulier que
lorsque la correction dopaminergique est « pulsatile », comme c’est
le cas lors de l’administration de fortes doses d’agents
dopaminergiques à demi-vie brève, comme la L-dopa, ces anomalies
seraient plus importantes.
Ceci serait une des explications à la
plus grande propension de la L-dopa à provoquer les dyskinésies
que les agonistes dopaminergiques.
Les anomalies conséquentes
au niveau des récepteurs dopaminergiques et des neuropeptides
sont en partie identifiées.
1- Au niveau des récepteurs dopaminergiques :
* Modification des récepteurs D2 et D1 et leur rôle dans la survenue
des dyskinésies :
Chez l’animal, les résultats sont souvent contradictoires, variant en
fonction des conditions expérimentales (méthode utilisée pour
évaluer la densité en récepteurs, modèle de dénervation
dopaminergique, modalité de traitement).
Les données obtenues
chez l’homme en post mortem ou TEP-scan varient aussi d’une
étude à l’autre et des conclusions formelles sont encore difficiles à
tirer.
+ Récepteurs D2
:
Les études expérimentales animales suggèrent le plus souvent que
le traitement dopaminergique permet une correction partielle de
l’augmentation des récepteurs D2 provoquée par la dénervation
dopaminergique.
Dans les études post mortem chez l’humain, la
liaison d’agonistes D2 a été retrouvée augmentée dans le putamen
de patients atteints de maladie de Parkinson et recevant un
traitement dopaminergique.
Le TEP-scan (utilisant comme
marqueur agoniste D2 le 11C-raclopride), suggère, comme dans les
études chez l’animal, une normalisation après traitement
dopaminergique de l’augmentation initiale des récepteurs D2
constatée chez les patients de novo.
+ Récepteurs D1 :
Les études réalisées chez l’homme post mortem concernant les
récepteurs D1 ont généré des données contradictoires.
En effet, la
stimulation de l’adénylate cyclase couplée au récepteur D1 semble
pour certains diminuée chez les Parkinsoniens, augmentée pour d’autres auteurs.
Les résultats obtenus concernant la liaison du
3H-SCH23390 ou du 3H-flupentixol, des ligands spécifiques
des récepteurs D1, sont aussi contradictoires.
En outre, une autre
étude n’a pas pu mettre en évidence de différence de densité striatale des récepteurs D1 entre des malades parkinsoniens et des
sujets témoins.
Une diminution de 20 % de fixation aux
récepteurs D1 a été suggérée par les études en TEP-scan (utilisant
comme marqueur le 11C-SCH23390).
+ Absence de rapport manifeste entre les modifications de récepteurs
D1 ou D2 et la survenue des dyskinésies :
L’hypersensibilité des récepteurs D2 ne semble pas corrélée à la
présence ou l’absence d’effets secondaires du traitement, comme les
mouvements anormaux involontaires, suggérant que la
physiopathologie des dyskinésies pourrait ne pas répondre à une
simple surexpression du récepteur D2.
Les études réalisées en TEPscan
chez des patients parkinsoniens montrent aussi une absence de
relation entre des modifications de la liaison de ligands
dopaminergiques D1 et D2 et la présence de dyskinésies.
*
Piste des récepteurs D3
:
Des modifications des récepteurs dopaminergiques D3 ont été
observées de façon expérimentale sous l’effet du traitement
dopaminergique.
Ce récepteur n’est normalement détecté que dans
le seul striatum ventral chez les rats normaux ou rendus
parkinsoniens par lésion unilatérale de la substantia nigra. Le
traitement des animaux par agent dopaminergique entraîne son
expression ectopique dans le striatum dorsal.
Cette modification
de la distribution des récepteurs dopaminergiques D3 semble liée à
la stimulation répétée des récepteurs D1 car elle est bloquée par un
antagoniste des récepteurs dopaminergiques D1 mais pas par un
antagoniste des récepteurs D2.
Le rôle de ce type de phénomène
chez le primate reste hypothétique, car de tels changements de
distribution des récepteurs D3 n’ont pas été observés chez le singe
rendu parkinsonien par administration de MPTP, qu’il soit ou non
traité par L-dopa, ou chez les patients atteints de maladie de
Parkinson.
* Importance de la localisation des récepteurs
:
Les études classiques sur les récepteurs dopaminergiques
n’appréhendent pas une éventuelle modification des caractéristiques
fonctionnelles des récepteurs due à une localisation cellulaire
différente.
En effet, il est généralement admis que les récepteurs des
neurotransmetteurs sont localisés à la surface de la membrane
cytoplasmique des neurones postsynaptiques.
Toutefois, une étude
récente a démontré, chez l’animal, que l’activation aiguë des
récepteurs D1 par des agonistes spécifiques ou par la libération
endogène de dopamine, pouvait provoquer une internalisation de
ces récepteurs dans les neurones.
Une étude ultrastructurale
réalisée chez cinq patients atteints de maladie de Parkinson et quatre
sujets témoins indique que tel est aussi le cas chez l’homme.
La
signification et la cinétique à long terme de ce phénomène ne sont
pas encore connues.
De même, son extension à d’autres récepteurs
dopaminergiques reste hypothétique.
Ces remaniements de la
localisation des récepteurs après traitement à la L-dopa pourraient
jouer un rôle dans les complications provoquées par le traitement
dopaminergique.
2- Au niveau des autres récepteurs
:
Le traitement dopaminergique modifie aussi le niveau de
phosphorylation des récepteurs glutamatergiques ainsi que les
autres systèmes régulant leur activité.
Ces modifications pourraient
être variables selon le mode plus ou moins « pulsatile » du
rétablissement dopaminergique et participer à la genèse des
complications motrices du traitement dopaminergique.
3- Au niveau des neuropeptides
:
Le traitement par L-dopa entraîne dans les modèles animaux de
maladie de Parkinson des modifications de l’expression des peptides striataux : diminution de l’expression de la préprotachykinine qui
se normalise ; persistance de l’hyperexpression de la
préproenképhaline.
Des données préliminaires suggèrent qu’un
traitement par agoniste dopaminergique D2 pourrait avoir un effet
différent.
Ainsi, l’administration de l’agoniste dopaminergique ropinirole chez le primate normalise l’hyperexpression de
l’enképhaline striatale mais pas la diminution d’expression de
préprotachykinine (P Jenner, communication personnelle).
Les
modifications de l’expression des peptides striataux pourraient être
étroitement liées aux phénomènes qui sont à l’origine des
dyskinésies, le potentiel de genèse des dyskinésies étant en effet
différent entre la L-dopa et les agonistes dopaminergiques D2.
D’autres travaux expérimentaux ont montré des modifications dans
l’expression de divers peptides autres neuromodulateurs, comme la
cholécystokinine, les cannabinoïdes, ou les opioïdes après
traitement dopaminergique.
Ils pourraient être aussi impliqués dans
la genèse des complications motrices du traitement antiparkinsonien.
Ils constituent tous des pistes thérapeutiques
potentielles pour tenter de corriger de façon plus satisfaisante le
déficit dopaminergique et donc traiter et idéalement prévenir les
complications provoquées par les traitements actuels.
Les modifications neurochimiques provoquées par la dénervation
dopaminergique et par le traitement sont terriblement complexes et
ne peuvent se résumer aux schémas pharmacologiques classiques
de la synapse avec un neurotransmetteur agissant sur des récepteurs
spécifiques.
C’est en fait toute une cascade d’événements cellulaires
qui est mise en jeu au niveau de la cellule striatale lorsque la
dopamine n’exerce plus de façon suffisante son rôle régulateur, puis
lorsque de la dopamine exogène ou des agonistes dopaminergiques
sont apportés par le traitement.
En outre, s’intéresser aux
conséquences sur la seule cellule striatale est trop réducteur et il est
en fait nécessaire d’envisager le système comme un réseau global de
neurones interconnectés formant un oscillateur dont l’activité est
perturbée par la progressive dénervation dopaminergique.
Des
systèmes de compensation se mettent en place à de multiples
niveaux jusqu’à ce que ces derniers soient dépassés et que les
conséquences cliniques de la maladie apparaissent.
La mise en route
d’un traitement dopaminergique va initialement permettre de
retrouver un équilibre favorable, et donc un contrôle de la
symptomatologie.
Mais, probablement en raison du caractère
insuffisamment physiologique de ce rétablissement et de la
progression des lésions dopaminergiques, le contrôle de la
symptomatologie devient avec l’évolution moins satisfaisant avec le
développement de divers types de complications.
À chacune de ces
étapes, des modifications neurochimiques sont observées.
Même si
leur rôle exact dans la physiopathologie de la maladie reste encore
mal connu, elles témoignent de l’existence d’une réelle plasticité
neurochimique.
À ses côtés, une réelle plasticité anatomique
(modification de l’arborisation de certains systèmes neuronaux) a
été démontrée.
Une question importante qui reste sujet de discussion est de savoir quel est le niveau de réversibilité de ces
modifications neurochimiques et anatomiques.
Elles pourraient en
effet participer au phénomène dit « du priming ».
Ce phénomène
correspond aux modifications de réactivité à un traitement
dopaminergique provoquées par un traitement générateur de
dyskinésies.
Ainsi, chez un singe parkinsonien (par intoxication par
le MPTP) ayant été préalablement traité par L-dopa, les agonistes
dopaminergiques provoquent des dyskinésies alors que donnés de
façon isolée chez un animal n’ayant jamais reçu de traitement par
L-dopa, ils n’en provoquent pas.
La meilleure compréhension de ces phénomènes est une étape
importante pour optimiser les stratégies thérapeutiques au potentiel
le moins délétère (en termes de risque de développement des
complications motrices en particulier) et pour envisager de
nouvelles cibles thérapeutiques capables de corriger les
dysfonctionnements sous-tendant les complications provoquées par
le traitement dopaminergique.
Conclusion
:
Les connaissances des bases neurochimiques de la maladie de Parkinson
ont été un des éléments clé des progrès thérapeutiques dans cette
maladie.
À la connaissance du rôle majeur de la dénervation
dopaminergique a répondu la découverte de l’intérêt de la L-dopa puis le
développement des agonistes dopaminergiques ; à la connaissance des
conséquences neurochimiques provoquées par la dénervation
dopaminergique et sa correction par le traitement ont répondu la
découverte de l’intérêt de la stimulation subthalamique et le choix des
stratégies thérapeutiques initiales.
Les progrès à venir dans ce domaine
pourraient permettre l’émergence de traitements pharmacologiques
nouveaux pour mieux prévenir et traiter les complications du
traitement dopaminergique actuel, mais surtout devraient peut-être
permettre de résoudre le problème majeur que posent les conséquences
des lésions non dopaminergiques (en particulier, signes axiaux et
cognitifs) qui constituent actuellement une réelle impasse
thérapeutique et concernent, avec l’évolution, la majorité des patients.