Appendicite aiguë et ses complications
Cours de gastrologie
L’inflammation aiguë de l'appendice iléo-cæcal est favorisée
par la présence de follicules lymphoïdes, et par l’obstruction,
avec rétention de la lumière appendiculaire.
Elle
évolue en règle vers la nécrose de l’organe (appendicite
gangreneuse ou la perforation localisée).
La minceur de
l’appendice fait que l’atteinte péritonéale est précoce et
rapidement diffusante.
Diagnostic positif :
A - Examen clinique :
1- Crise appendiculaire franche
de l’adulte jeune :
Des douleurs spontanées débutent dans la région épigastrique
et se localisent rapidement dans la fosse iliaque droite
de début brutal, avec vomissements, fièvre autour de
38 °C, langue saburrale, douleurs et défense localisées à la
fosse iliaque droite, leucocytose avec polynucléose autour
de 10 000/mm3.
Le diagnostic est posé et l’intervention suit.
La douleur est parfois précédée de prodromes : endolorissement
diffus, météorisme.
Son siège initial est épigastrique
dans les deux tiers des cas avant de se localiser dans
la fosse iliaque droite pour y devenir continue et très évocatrice.
Cette douleur est avivée par la toux, la mobilisation
de l’abdomen ou du membre inférieur droit.
La fièvre est inconstante, modérée le plus souvent, autour
de 38°.
Une fièvre initiale à 39 °C tout en évoquant des
causes urinaires ne doit pas faire rejeter le diagnostic d’appendicite.
Il s’agit souvent de formes sévères.
En aucun cas l’apyrexie rapide ne peut faire rejeter le diagnostic
d’appendicite aiguë.
Les vomissements, ou leurs équivalents nauséeux sont présents
dans 70 % des cas, ils ne sont pas spécifiques puisqu’on
les retrouve dans la moitié des syndromes de douleurs
abdominales non spécifiques.
Le ralentissement ou l’arrêt du transit sont à une phase
aiguë toujours difficiles à apprécier.
La classique accélération
du pouls avec dissociation pouls-température est un
signe bien inconstant.
2- Examen physique :
• La palpation note l’hyperesthésie cutanée, réveille ou
avive la douleur au classique point de Mc Burney.
Elle perçoit
la défense, indispensable au diagnostic pour beaucoup
d’auteurs anglo-saxons.
Commencée à distance dans la fosse iliaque gauche, elle
peut renforcer la douleur droite (signe de Rovsing).
Le
signe de Blumberg, réaction douloureuse au rebond, traduit
une réaction péritonéale.
Il n’a rien de spécifique de
l’appendicite aiguë, il doit toujours être pris au sérieux.
On ne négligera pas les fosses lombaires et la région susiliaque
(signe de Lecène) dans l’appendicite rétro-cæcale.
L’examen peut être recommencé en décubitus latéral
gauche qui dégage l’appendice de la superposition cæcale.
L’auscultation est trop négligée, à tort, un bon péristaltisme
rassure quant à la diffusion péritonéale, ce qui ne veut pas
dire qu’il n’y en aura pas.
• Les touchers pelviens sont intéressants si positifs (douleur
à droite) : ils peuvent rester normaux si l’appendice est
haut ou rétro-cæcal.
En l’absence de masse perceptible, ils
n’écartent nullement une affection annexielle droite.
Un
toucher rectal mal « préparé » est toujours douloureux, il
l’est presque constamment chez l’enfant.
La langue saburrale est un argument de plus avec la classique
fétidité de l’haleine.
Cela n’a rien de spécifique.
Tant mieux si tous ces signes convergent vers le diagnostic
d’appendicite aiguë, mais la douleur peut être atypique,
avoir complètement disparue au moment de l’examen.
C’est nier les « accalmies traîtresses », les formes à rechute,
dont notre pratique de l’urgence nous montre régulièrement
la réalité.
B - Examens complémentaires :
1- Examens biologiques :
La biologie n’est pas spécifique : la leucocytose est certes
sensible atteignant ou dépassant 12 000/mm3 avec polynucléose,
un taux bas de leucocytes, une inversion de formule
peuvent évoquer l’adénolymphite mésentérique et conduire
à l’abstention, mais pas à l’imprudence.
La protéine C-réactive (CRP) est redevenue une donnée
importante.
Certains chirurgiens nordiques ou américains
lui donnent une telle valeur qu’ils admettent la sortie si elle
reste normale après 12 h d’observation.
Elle ne nous a paru
fidèle que sur 24 h au moins, amorçant sa montée alors que
la leucocytose initiale d’une « crisette » est déjà à la baisse.
Elle marque une poussée inflammatoire sans plus.
Nous
l’avons trouvée normale dans maintes appendicites authentiques,
opérées tôt.
2- Imagerie
:
L’imagerie peut apporter une démonstration de la réalité
des faits.
• Le cliché de l’abdomen sans préparation, de face debout,
est rarement très informatif.
Il peut montrer un iléus partiel
sur le grêle terminal avec quelques niveaux liquides,
un niveau cæcal, un stercolithe.
• Le cliché pulmonaire, à notre avis toujours souhaitable
en urgence, montre la normalité de la base droite et l’absence
de pneumopéritoine.
• L’échographie est performante en milieu pédiatrique avec
mise en évidence de 90 % d’aspects pathologiques.
Ses
variables et ses faiblesses sont très connues.
L’amélioration
des sondes (3 à 5 MHz), une expérience croissante de
l’opérateur, facilitent le diagnostic chez l’adulte. Si la
« compression graduée » de la fosse iliaque droite par la
sonde n’a pas arraché de cri au malade, l’appendicite est
peu probable !
L’image pathologique peut apparaître en
coupe transversale ou longitudinale.
En coupes transversales c’est celle d’une formation arrondie,
d’un diamètre de 7 à 22 mm avec une moyenne de 12,
une image en cocarde où se succèdent du centre vers la
périphérie un noyau hypodense, une couche hyperdense
correspondant à la paroi épaissie, et un halo périphérique
hypodense correspondant à l’épanchement péri-appendiculaire
; on note également l’infiltration de la graisse régionale
et en particulier du méso-appendice.
En coupes longitudinales on retrouve la même succession
d’éléments plus ou moins denses, dans une image borgne para-cæcale.
L’écho-doppler a pu servir dans des cas favorables
à situer une zone d’hyperhémie témoignant de la
constitution d’un foyer suppuré.
Chez l’adulte, les performances de l’échographie sont
extrêmement variables, selon les équipes ; la découverte
d’un appendice nettement pathologique est de grande
valeur.
Une échographie douteuse ou normale ne permet
pas d’écarter le diagnostic.
• Le scanner abdominal s’est certes très banalisé ; il peut
rendre des services chez les sujets à symptomatologie réduite
(troubles de conscience, paraplégie), ou chez les sujets à
risque pour lesquels une simple incision de Mc Burney, même considérée comme une légitime biopsie
chirurgicale de la fosse iliaque droite, n’est pas anodine.
Diagnostic différentiel :
1- Colique néphrétique droite
:
Les antécédents, le type de la douleur, la présence de sang
à la bandelette, la vue d’un calcul en radiographie abdominale
simple ou en échographie, la dilatation des voies
urinaires, sont en général suffisants ; l’urographie intraveineuse
peut être utile.
Des accidents allergiques, rares
mais spectaculaires, viennent parfois rappeler que cet examen
n’est pas anodin.
2- Perforation d’ulcère gastrique ou duodénal :
Elle peut donner le change avec sa douleur épigastrique
secondairement localisée à la fosse iliaque droite.
Le pneumopéritoine
n’est pas constant.
Vu un peu tard, au moment
où la fièvre monte et la paroi se relâche, le diagnostic peut
être difficile ; l’incision de Mc Burney initiale, qui permettra
au vu du liquide de redresser le diagnostic servira
d’orifice de drainage.
Si l’appendice est laissé en place,
bien le préciser vis-à-vis du malade et de son entourage.
3- Diverticule de Meckel compliqué
:
Il imite parfaitement l’appendicite méso-coeliaque.
La vérification
du diverticule, c’est-à-dire l’attraction dans la plaie
du dernier mètre de grêle, s’impose si l’appendice ne
répond pas aux espoirs de l’opérateur !
Si l’appendice est
vraiment en cause, il vaut mieux éviter de diffuser l’infection
par des manoeuvres sur le grêle.
4- Douleur abdominale non spécifique :
Elle représente près de 43 % des douleurs abdominales
aiguës ; c’est un diagnostic d’élimination.
Retenons simplement
qu’elle annonce, dans 10 % des cas une véritable
atteinte organique qui se révélera de façon plus précise ultérieurement
; l’appendice a été souvent sacrifié entre-temps.
5- Maladie de Crohn :
Elle peut être découverte à l’occasion d’une poussée d’apparence
appendiculaire.
L’infiltration, l’épaississement de
l’iléon terminal, les adénopathies permettent de soupçonner
ce diagnostic.
L’appendice enlevé doit être soigneusement
analysé ; il doit, de toute façon l’être, dans tous les cas.
6- Autres diagnostics :
D’autres diagnostics rares peuvent être évoqués : purpura
rhumatoïde ; porphyrie aiguë ; crises de la maladie périodique.
Formes cliniques :
A - Formes de la femme non gravide :
Les douleurs plus ou moins fugaces de la fosse iliaque
droite et de l’hypogastre sont fréquentes.
La plupart vont
s’effacer en 24 ou 36 h.
Il faut savoir attendre.
Ces douleurs sont le plus souvent en rapport avec la pathologie annexielle : salpingite, hémorragie d’origine ovarienne,
grossesse extra-utérine.
Le dosage systématique des bêta-hCG doit être fait devant tout syndrome douloureux
abdominal de la femme en état d’activité génitale.
• La pérityphlite à chlamydia est plus difficile à reconnaître
(antécédents, pertes, sérodiagnostic).
• Les infections urinaires : pyélonéphrite, reflux vésicourétéral
du côté droit, donnent une douleur assez typique,
un point douloureux costo-lombaire, la présence de leucocytes,
de nitrites à la bandelette urinaire et de façon très
inconstante une dilatation des voies pyélocalicielles.
L’examen
direct des urines n’est pas toujours probant.
L’uro-culture
demande du temps.
Le recours à la « coelio-première » a pu être recommandé
devant les syndromes douloureux abdominaux bas de la
femme jeune.
Elle risque de ne pas être « coelio-dernière » !
L’appendice est, le plus souvent, enlevé dans la crainte d’une
endo-appendicite.
Cette pratique n’a pas modifié le taux
élevé d’appendicectomies « non justifiées » chez la femme.
• L’appendicite de la femme enceinte crée toujours une
situation à double risque.
La mortalité maternelle globale
sur l’ensemble de la grossesse est de 20 %, le taux d’avortements
ou d’accouchements prématurés de 5 à 10 %.
Le
diagnostic est rendu difficile par le déplacement progressif
de l’appendice.
Jusqu’au 3e mois il est en situation normale.
Au 4e mois,
un peu au-dessus du point de Mc Burney ; au 5e mois, à
hauteur du sommet de la crête iliaque ; au 6e mois, à mihauteur
du flanc droit.
Et au 8e mois, il est sous-costal.
• Pyélonéphrites et cholécystites sont souvent évoquées au
départ (48 % des cas).
Le terrain gravidique est peu résistant,
et l’évolution peut être très rapide.
B - Formes de l’enfant
:
Elles s’observent surtout entre 4 et 12 ans.
Les formes du
nourrisson sont rares, mais particulièrement trompeuses,
avec un tableau de toxicose.
L’intervention en pleine péritonite est alors trop tardive.
Chez l’enfant plus âgé, il faut éliminer : l’invagination intestinale
aiguë ; la pathologie du diverticule de Meckel ; la
lymphadénite mésentérique (leucocytose modérée, parfois
inversion de formule, gros noeuds lymphatiques perçus à
l’échographie) ; les infections urinaires à droite ; la crise
initiale du rhumatisme articulaire aigu ; les pneumopathies
de la base droite ; le pseudo-syndrome appendiculaire de
la rougeole ; le syndrome abdominal des tumeurs cérébrales.
On a pu opérer pour une coxite à droite, une torsion du testicule
avec sa douleur projetée dans la fosse iliaque droite.
Les organes génitaux chez l’enfant doivent toujours être
examinés.
Les difficultés diagnostiques sont maximales avant 3 ans.
La biologie et l’échographie sont particulièrement utiles :
c’est chez l’enfant que l’échographie atteint ses meilleures
performances.
On en connaît aussi les faiblesses. Elle ne
doit pas l’emporter sur la clinique et être l’origine d’une
perte de temps sur un terrain qui résiste peu.
C - Formes du vieillard :
À partir de 65 ans, les follicules lymphoïdes se raréfient et
avec eux l’appendicite.
Elle est particulièrement trompeuse
se révélant souvent par un tableau d’occlusion fébrile.
Le
syndrome d’Ogilvie devra être évoqué.
Les tumeurs peuvent donner des signes voisins : carcinomes
cæcaux infectés ou sténose du côlon gauche avec distension
douloureuse du cæcum (signe de Bouveret).
La diverticule aiguë sigmoïdienne, avec une anse sigmoïde
fixée du côté droit, peut inciter à l’atermoiement et au
« refroidissement ».
C’est sur ce terrain que le scanner avec
contraste oral et rectal rend des services.
Le lavement
hydrosoluble prudent peut également être intéressant : un
appendice injecté est, a priori, non malade.
Le vieillard est souvent un polymédicamenté.
Il faut évidemment
en tenir compte pour apprécier la symptomatologie
et surtout décider du moment de l’intervention (corticoïdes, antivitamines K, antiagrégants plaquettaires,
neuroleptiques divers).
Traitement
:
A - Méthodes chirurgicales
:
On peut faire rétrocéder, ou accompagner la rétrocession
spontanée des signes, par une antibiothérapie qui sera de
toute façon nécessaire ; on reparle périodiquement du traitement
médical de l’appendicite.
Les formes endoluminales,
catarrhales peuvent en bénéficier, jusqu’à la rechute
ou la complication.
Le traitement reste donc essentiellement chirurgical ; c’est
l’appendicectomie, qu’elle soit faite par voie classique de Mc Burney (en réalité de Murphy) ou par coelioscopie.
L’indication dépend des tableaux cliniques envisagés plus
haut ; elle ne se discute pas dans la forme typique ; les
tableaux incomplets sont assez fréquents pour inciter à
quelques heures d’observation, à la répétition des examens
cliniques et biologiques ; on avertira le malade et ses
proches du risque d’une chirurgie dont la bénignité est trop
légendaire : « suites d’appendicite… », ainsi que de la possibilité
d’extraire un appendice, apparemment peu malade,
malgré une symptomatologie évocatrice.
La coelioscopie
apporte, évidemment, une exploration de qualité dans les
cas douteux.
Elle n’a pas montré une supériorité évidente sauf si un
doute diagnostique persistait, c’est-à-dire chez la femme
dont l’appendice succombe souvent à titre de principe.
La possibilité d’extraire l’appendice par l’ombilic est un
avantage esthétique.
L’absence de bride postopératoire reste
à démontrer avec un recul suffisant.
Il ne semble pas y avoir de différence significative entre les techniques « out » et
« in».
B - Suites opératoires :
1- Antibiothérapie
:
Elle est périopératoire et postopératoire.
Aux bêta-lactamines
(céphalosporines), on associera volontiers un imidazole.
L’introduction de ces produits semble avoir contribué
à raréfier les complications infectieuses pariétales
graves.
Les anaérobies jouent un rôle dans la majorité des
cas, comme le montrent les examens bactériologiques.
2- Prévention des thromboses :
Elle associe port de bas élastiques adaptés et héparine de
bas poids moléculaire.
3- Reprise alimentaire
:
La reprise des boissons peut être très précoce.
Dans la majorité
des cas les gaz sont, en effet, émis dans les premières
24 h.
Nous n’avons, de ce côté, aucune différence entre les
suites de la coeliochirurgie et de la chirurgie par voie de
Mc Burney et la sortie a lieu vers le 3e jour.
C - Complications :
1- Suppuration pariétale :
Elle est devenue rare et est marquée par une remontée thermique
au 3e ou 4e jour, un rougissement plus tardif de la
plaie puis l’évacuation de pus fétide vers le 5e ou 6e jour.
Le plus souvent l’évolution est alors bénigne mais retarde
la sortie.
2- Cellulite diffusante pariétale :
Elle est marquée par un oedème et une rougeur qui s’étend
vers la région lombaire avec parfois une crépitation et une
altération de l’état général.
Elle est le plus souvent la rançon
d’une fermeture trop étanche après la chirurgie d’un
appendice suppuré ou perforé.
3- Péritonites postopératoires :
Estimées à 1 % autrefois, elles sont devenues exceptionnelles.
Il faut distinguer la « péritonite du 5e jour », frappant
un enfant après une appendicectomie à froid et porteur
d’un appendice sain, et la péritonite postopératoire, du
4e au 7e jour.
Son origine reste discutée : rarement, la déhiscence
du moignon, qui existe toutefois, ou une toilette
insuffisante de la fosse iliaque droite, parfois l’ouverture intrapéritonéale d’un abcès pariétal profond, sous-musculaire.
Le tableau peut être franc, associant remontée thermique,
douleurs, défense diffuse, parfois plus bâtard, à type
d’occlusion fébrile. On a pu faire confiance aux antibiotiques
renforcés.
La reprise chirurgicale est préférable,
qu’elle soit par laparotomie ou laparoscopie.
Lorsque survient
le choc septique il est souvent trop tard.
Les gestes insuffisants, n’exposant pas correctement la
cavité péritonéale (reprise par le Mc Burney) peuvent amener
à des abcès inter-anses multiples de pronostic défavorable.
4- Occlusions postopératoires précoces :
Dans les 15 premiers jours, elles sont liées à des agglutinations
d’anses.
On peut les assimiler à des formes larvées,
plastiques, de péritonite postopératoire.
Elles se traduisent
par une non-reprise du transit, ou un arrêt après un intervalle
plus ou moins libre.
L’aspiration, l’antibiothérapie,
un bolus de corticoïdes, en viennent à bout dans la majorité
des cas.
Le scanner peut aider à localiser un syndrome de jonction,
ou un abcès profond.
Il est préférable au transit hydrosoluble
source d’hypersécrétions, de vomissements, de déshydratation.
En l’absence de signes de souffrance viscérale ou péritonéale,
on peut se donner un délai de 24 à 48 h en suivant
radiologiquement la progression des gaz et l’aération du
côlon.
Au-delà, il vaut mieux opérer par voie médiane.
5- Séquelles et complications tardives :
• Les éventrations consécutives au drainage et aux suppurations
sont habituellement limitées et de traitement aisé.
• Les occlusions mécaniques peuvent survenir après des
années.
Il est trop tôt pour affirmer que la chirurgie coelioscopique
les fera disparaître.
On les estime de 1 à 3 %.
De
causes mécaniques, elles relèvent de la chirurgie quelle que
soit la voie privilégiée.
Leur survenue imprévisible doit
faire condamner les appendicectomies préventives proposées,
voire presque exigées dans certains corps de métiers
et dans certaines activités à risque.
• Le « syndrome de brides », crises subocclusives répétées,
n’a rien de propre à l’appendicectomie.
Il peut bénéficier
de la section de brides sous coelioscopie.
• La stérilité, liée à des adhérences péri-ovariennes, ne se
verrait plus après coelioscopie ! Dans nos pays à basse natalité,
il paraît difficile de tirer des conclusions.
D - Traitement des formes compliquées :
1- Péritonite appendiculaire :
La péritonite appendiculaire peut suivre une crise typique.
Elle peut apparaître d’emblée, ne laissant que soupçonner
son origine appendiculaire.
La voie d’abord sera de préférence
médiane ; après ablation de l’appendice, une toilette
minutieuse des coupoles de Douglas peut nécessiter plusieurs
litres de sérum isotonique.
Les fausses membranes
ne seront enlevés que si elles se détachent facilement.
Le
drainage reste discuté.
La coelioscopie présente ici un intérêt certain en limitant
l’exposition pariétale, mais il existe des cellulites diffusant
à partir des points d’introduction des trocarts.
Elle permettrait,
en théorie, une toilette plus complète.
2- Péritonite cloisonnée à foyers multiples :
Ce sont des formes vues tardivement. Des antécédents
appendiculaires parlants ne sont pas toujours retrouvés.
L’état général est profondément altéré.
La mise à plat des
abcès inter-anses, la recherche de collections sous-phréniques
ou pelviennes doit être minutieuse, ne laissant aucun
point non exploré.
C’est donc une chirurgie lourde chez
des malades affaiblis.
Les manipulations peuvent entraîner des décharges bactériennes.
La crainte de voir se reconstituer
des cloisonnements et des abcès peut justifier, dans les
cas extrêmes, une laparostomie.
3- Abcès appendiculaires constitués
:
Ils sont maintenant parfaitement situés et mesurés par
l’imagerie.
Ils relèvent de la chirurgie.
Il est pratiquement
toujours possible d’enlever l’appendice même s’il est classique
de drainer et d’appendicectomiser plus tard.
Ces réinterventions
seraient faciles.
Cela ne nous a pas paru toujours
être le cas.
On a proposé des « alternatives à la chirurgie ».
Le drainage transpariétal sous échographie ou scanner serait justifié
par la rareté des récidives…