Actualités sur les antiviraux en pneumologie
Cours de pneumologie
Introduction
:
Les antiviraux ont connu un essor
considérable au cours de ces dernières
années.
De nouvelles molécules sont
désormais à la disposition des pneumologues
ou susceptibles de l’être
prochainement.
L’objet de cette mise au
point est d’en présenter les principales
caractéristiques en précisant dans quelle
mesure ces molécules contribuent à une
prise en charge nouvelle des infections
virales respiratoires.
Les antiviraux actifs sur
le virus de l’immunodéficience humaine
(VIH) ont été exclus en raison de l’étendue
et de la spécificité du sujet, débordant le
cadre de la pneumologie.
Un plus long
développement porte sur les antineuraminidases
en raison de leur mise au point récente
et de leur impact envisageable en santé
publique.
Agents des infections
virales respiratoires
:
Les virus responsables des infections
respiratoires peuvent être classés en deux
groupes : les virus à tropisme respiratoire
essentiel, dont la réplication est limitée aux
voies respiratoires, et les virus à tropisme
respiratoire occasionnel, responsables d’une
infection généralisée.
La
classification des virus est basée sur le type de l’acide nucléique dans le génome viral
(acide ribonucléique : ARN ou acide
désoxyribonucléique : ADN), les
caractéristiques des protéines de structure et
la fréquence ou l’absence d’une enveloppe
lipidique entourant la particule virale
(péplos).
Chaque famille de virus
comporte des types antigéniques distincts.
L’instabilité antigénique, c’est-à-dire
l’éventualité d’une modification progressive
ou brutale du génome viral, est variable
d’un virus à l’autre.
Elle s’observe surtout
avec les virus à ARN.
L’une des raisons est
que les enzymes responsables de la
réplication des génomes à ARN sont
dépourvues des propriétés de contrôle et de
correction des erreurs de recopiage que l’on
trouve chez des virus à ADN.
La
variabilité génétique des virus à ARN leur
permet des adaptations multiples.
C’est une
des caractéristiques des virus influenzae et
une limite des traitements curatifs et
prophylactiques de la grippe.
Chimiothérapie antivirale
des infections
respiratoires
:
L’essor de la chimiothérapie antivirale a été
longtemps freiné par l’une des principales
caractéristiques des virus d’être des
pathogènes intracellulaires obligatoires ;
l’intrication de leur processus de synthèse
au métabolisme de la cellule hôte ayant pour
conséquence un effet cytopathogène et des
signes d’intolérance clinique majeurs.
Des
progrès ont été réalisés dans un premier
temps par la mise au point de médicaments
interférant soit avec la pénétration et la
libération des virus (amantadine,
rimantadine), soit avec leur réplication,
indépendante des fonctions de la cellule hôte
(aciclovir, ganciclovir, foscarnet).
La plupart
de ces molécules sont des analogues de
nucléosides et agissent par compétition.
Une
avancée notable a été la modélisation
assistée par ordinateur de molécules
inactivant spécifiquement des récepteurs ou
des enzymes viraux (zanamivir, oseltamivir).
Une revue générale parue il y a peu
recensait 11 antiviraux approuvés par la Food and Drug Administration (FDA), à
l’exclusion des anti-VIH.
Les progrès les
plus récents ont porté sur des antiviraux
actifs au cours de la grippe, de l’infection à
virus respiratoire syncytial (VRS) et des
infections à varicella zoster virus (VZV) et
cytomégalovirus (CMV).
A - MÉDICAMENTS ANTIVIRUS
INFLUENZA
:
On dispose de trois types d’antiviraux :
l’amantadine (et la rimantadine) agissant à
la phase précoce de l’infection cellulaire, la
ribavirine d’action non spécifique lors de la
réplication du génome viral, et les
antineuraminidases, récemment mises au point, agissant à la phase tardive sur la
libération des virions néoformés.
1- Amantadine (et rimantadine)
:
L’amantadine (Mantadixt) et la rimantadine
(Roflualt), ont été développés dans les
années 1960-1970 comme antiparkinsoniens
à l’origine.
Ce sont des inhibiteurs de la
protéine M2 des virus de la grippe A (ils
sont dénués d’action sur les virus B).
La
protéine M2 est un canal à protons, essentiel
pour acidifier l’intérieur des particules
virales et permettre la libération des ribonucléoprotéines virales dans le
cytoplasme de la cellule hôte.
Par ce
mécanisme, après pénétration du virus et
internalisation dans l’endosome, ces
médicaments bloquent la décapsidation
virale.
La biodisponibilité est bonne après
administration orale ; la demi-vie est de 15 à
20 heures, l’élimination est rénale pour
l’amantadine, hépatique et rénale pour la
rimantadine.
Plusieurs études expérimentales
et cliniques ont documenté l’efficacité
de ces produits à titre curatif et
prophylactique.
La rimantadine a démontré
une efficacité supérieure in vitro et in vivo
et une meilleure tolérance mais elle a été
retirée du marché en 1993.
Administrée à la
dose de 200 mg/j en deux prises (5 mg/kg/j
chez l’enfant, 100 mg/j chez la personne
âgée) durant les 24 à 48 premières heures
suivant l’apparition des symptômes,
l’amantadine entraîne une amélioration et
une réduction de la durée des symptômes
de 1 à 2 jours.
Il n’y a pas de documentation
sur la réduction du nombre et de la gravité
des complications ni de la mortalité chez des
sujets à risque.
À la même dose,
l’amantadine prévient l’infection
expérimentale et naturelle par la grippe A.
L’efficacité de la protection est variable
d’une étude à l’autre.
Des
effets secondaires s’observent dans environ
un tiers des cas, portant sur le système
nerveux central dans 10 à 13 % des cas
(nervosité, anxiété, difficulté de
concentration, insomnie) et sur le tube
digestif occasionnellement (nausées,
anorexie, dyspepsies). Ces effets sont
maximaux après 3 à 4 jours de traitement et
cessent à l’interruption de celui-ci.
Une
réduction de la dose est nécessaire chez les
insuffisants rénaux et conseillée chez les
personnes âgées.
Il y a une augmentation
du risque de convulsions en cas de
comitialité.
Les virus développent une
résistance après 2 à 3 jours de traitement
chez environ un tiers des sujets.
Le risque
de diffusion de ces souches résistantes pose
un problème en milieu institutionnalisé et
chez des sujets à risque immunodéprimés.
Il
n’a pas été établi que l’acquisition de la
résistance s’accompagne d’une plus grande
virulence et de plus de morbidité.
En
définitive, l’inefficacité sur le virus de la
grippe B, l’acquisition fréquente et rapide
d’une résistance (avant la fin du traitement)
et une tolérance médiocre limitent les
indications thérapeutiques de l’amantadine.
2- Ribavirine :
La ribavirine est un analogue nucléosidique
proche de la guanosine, synthétisée en 1970.
Elle inhibe in vitro la réplication de
plusieurs virus à ARN et à ADN (VRS,
adénovirus, virus influenza A et B, parainfluenza,
virus ourlien, virus de la
rougeole…).
Son mode d’action aux
différentes étapes de la réplication du
génome viral est complexe et mal élucidé.
Les études pharmacocinétiques conduites
chez l’animal montrent que 70 % du
médicament inhalé se déposent sur l’arbre
respiratoire après administration par aérosol
contre 1 % a près administration
intraveineuse.
La tolérance est bonne.
Toutefois, par voie orale ou parentérale, la ribavirine est responsable d’une anémie
transitoire dose-dépendante.
Cet effet n’a
pas été observé avec la voie aérosol.
Les
études portant sur l’efficacité thérapeutique
par voie orale n’ont pas été concluantes.
Un
bénéfice thérapeutique a été démontré, en
revanche, dans quatre études sur cinq après
administration par aérosol, qu’il s’agisse de
grippe A ou B.
Dans quelques
observations anecdotiques, de bons résultats
ont été signalés après traitement par aérosol
au cours de grippes sévères ou
compliquées.
L’utilisation de la ribavirine
en France est autorisée en aérosol chez des
sujets à haut risque, quasi exclusivement au
cours d’infections à VRS.
3- Antineuraminidases :
La neuraminidase est une glycoprotéine de
surface des virus de la grippe.
Elle agit en
fin de réplication en clivant le pont entre les
particules virales néoformées et la
membrane de la cellule infectée.
Ce clivage
s’opère par destruction de l’hémagglutinine
virale et a pour conséquence la libération
dans l’organisme des virus néoformés.
Les antineuraminidases sont des analogues de
l’acide sialique.
Ces enzymes inhibent par
compétition spécifique l’action de la neuraminidase en bloquant le site actif de
l’acide sialique, son substrat naturel.
Il
s’ensuit une entrave au relargage des virons
qui s’agrègent à la surface de la cellule hôte
par liaison de leur hémagglutinine aux
résidus d’acide sialique non clivé.
La
dissémination virale s’en trouve ainsi
diminuée.
L’action des antineuraminidases
s’exerce indifféremment sur les virus
influenza A et B.
Elle est 100 à 1 000 fois
supérieure in vitro à celle de l’amantadine,
et 1 000 fois supérieure à celle de la
ribavirine.
Elle persiste vis-à-vis de souches
résistantes à l’amantadine.
Deux antineuraminidases sont actuellement
disponibles, le zanamivir (Relenzat) mis au
point en 1993, et l’oseltamivir (Tamiflut) en
1997.
Le zanamivir a une faible
biodisponibilité orale et se présente sous la
forme d’une poudre sèche (mélangée à du
lactose) destinée à l’inhalation orale à l’aide
d’un diskhaler similaire à celui utilisé dans
le traitement de l’asthme.
La posologie
recommandée est de 10 mg deux fois par
jour durant 5 jours.
Environ 10 à 20 % du
médicament atteint l’arbre bronchique et les
poumons, 70 à 90 % se déposant dans
l’oropharynx.
Moins de 20 % passent dans
la circulation systémique et 90 % du
médicament absorbé sont excrétés sous
forme inchangée dans l’urine.
La demi-vie
sérique est de 3 à 5 heures.
L’oseltamivir est
une prodrogue bien absorbée dans le tractus
digestif, rapidement transformée en
médicament actif après désestérification
dans l’intestin et le foie : la posologie est de
75 mg/j deux fois par jour per os durant
5 jours.
La biodisponibilité est d’environ
80 %.
La demi-vie plasmatique est de 6 à
10 heures. Le produit est excrété inchangé
dans l’urine.
Aucune interaction
médicamenteuse n’a été rapportée avec ces
deux médicaments.
Ils n’empêchent pas le
développement de la réponse immunitaire
après vaccination ou infection.
L’efficacité clinique a été évaluée à titre
curatif et prophylactique.
Quatre essais cliniques en double aveugle versus placebo ont été publiés avec le zanamivir en traitement curatif.
Le bénéfice
thérapeutique se traduit par une réduction
moyenne de 1 à 3 jours de la durée de la
maladie ainsi qu’un allègement des
symptômes, d’autant plus significatif que le
traitement aura été plus précoce.
Il y a une
diminution significative des prescriptions
d’antibiotiques et des complications.
Ces
données ont été confirmées en pédiatrie chez
des enfants de 5 à 12 ans.
D’après une méta-analyse portant sur sept études
incluant des essais en cours de publication,
Monto et al observent un bénéfice plus
significatif chez des patients ayant des
symptômes initiaux plus sévères ou chez des
patients de plus de 50 ans, ou chez des
patients étiquetés à haut risque (plus de 65
ans, une comorbidité ou une immunodépression)
: le raccourcissement moyen de la
durée de la maladie est dans ce cas de
2,5 jours.
Le regroupement de huit études
permettant d’individualiser 394 patients
atteints de grippe à virus B démontre un
raccourcissement de la durée des
symptômes chez ces patients de 2 jours.
Enfin, une étude chez 525 patients atteints
d’asthme ou de bronchopneumopathie
chronique obstructive (BPCO) est
significative en faveur du produit avec une
réduction des complications nécessitant un
traitement antibiotique et/ou des
médications à visée respiratoire de l’ordre
de 58 % par rapport au placebo.
Trois
essais cliniques ont été réalisés en double
aveugle versus placebo avec l’oseltamivir en
traitement curatif.
Les
résultats se superposent à ceux obtenus avec
le zanamivir, chez l’adulte et l’enfant, en
termes de réduction de la durée de la
maladie et d’allègement des symptômes, de
réduction des complications nécessitant un
traitement symptomatique et/ou une
médication à visée respiratoire.
On ne
dispose pas toutefois, avec ce produit,
d’étude dans une sous-population de
patients à haut risque.
Qu’il s’agisse du zanamivir ou de l’oseltamivir, aucune étude
à ce jour n’a évalué le bénéfice de ces
traitements sur les complications graves de
la grippe (pneumonie, fréquence et durée
d’une hospitalisation).
Aucune étude n’a
comparé les deux antineuraminidases entre
elles ou avec l’amantadine.
Ils confirment
l’efficacité équivalente des deux produits en
cas d’épidémie de grippe dans la
communauté : l’efficacité moyenne a été
évaluée à 84 % pour le zanamivir et 74 %
pour l’oseltamivir ; ou à partir d’un casindex
familial : l’efficacité moyenne a été
évaluée à 79 % pour le zanamivir et 84 %
pour l’oseltamivir.
En cas de grippe
expérimentale après inoculation nasale,
l’efficacité clinique de l’oseltamivir a été de
100 %.
Les effets indésirables sont relativement
rares.
Avec le zanamivir, à côté d’effets
secondaires mineurs tels que toux,
céphalées, gêne au niveau de la gorge,
quelques cas de bronchospasme ont été
signalés après la commercialisation du
produit.
Dans une étude portant sur
525 patients atteints de BPCO et d’asthme,
le profil de tolérance a été superposable à
celui du placebo et il n’a pas été décrit
d’altération significative du volume
expiratoire maximal-seconde (VEMS).
La
grippe étant en s o i un mode de
décompensation de l’asthme, il peut être
utile d’associer ou de majorer un traitement bronchodilatateur chez un asthmatique
grippé sans qu’il y ait une contre-indication
au zanamivir.
Des effets indésirables ont été
signalés chez environ 15 % des patients
traités par oseltamivir : nausées,
vomissements, céphalées.
Une résistance
aux antineuraminidases peut être induite
vis-à-vis des virus grippaux A et B in vitro
après de nombreux passages cellulaires.
L’apparition d’une résistance en clinique
semble rare.
Les antineuraminidases constituent une
avancée thérapeutique certaine vis-à-vis
d’une infection qui représente périodiquement
un fléau de santé publique. Ils
n’ont pas vocation à se substituer à la
vaccination grippale qui demeure le
traitement préventif de référence.
En cas
d’épidémie, ils constituent une alternative à
titre préventif chez le non-vacciné ou en cas
de souche pandémiogène non incluse dans le vaccin.
À titre curatif, ils peuvent être
prescrits dans les 24 à 48 premières heures
d’un syndrome grippal en cas d’épidémie
de grippe dûment confirmée.
B - MÉDICAMENTS ANTIVIRUS
RESPIRATOIRE SYNCYTIAL :
La ribavirine a été mentionnée parmi les
antigrippaux.
Son activité en aérosol sur la
bronchiolite à VRS de l’enfant a donné lieu
à de nombreuses études, évaluant le bénéfice
thérapeutique sur la durée d’hospitalisation,
de l’oxygénothérapie et/ou de la ventilation
artificielle.
En France, la ribavirine est
prescrite en traitement compassionnel chez
des sujets à haut risque : enfant atteint d’une
maladie sous-jacente (cardiopathie
congénitale, dysplasie bronchopulmonaire,
mucoviscidose…) ou en situation de détresse
respiratoire.
Le produit est administré en
nébulisation ou dans le circuit du respirateur
12 à 18 heures par jour pendant 3 à
7 jours.
À titre préventif, on dispose désormais des
immunoglobulines anti-VRS et d’anticorps
monoclonaux.
Les immunoglobulines (Ig)
anti-VRS réduisent les infections et les
durées d’hospitalisation.
Elles s’administrent
en une injection intraveineuse mensuelle
pendant 4 mois.
Leur coût est très élevé.
Elles sont réservées aux nourrissons atteints
de bronchodysplasie.
Le palivizumab (Synagist) est un anticorps
monoclonal humanisé de type IgG1 dirigé
contre un épitope du site antigénique A de
la protéine de fusion du VRS.
Il exerce une
puissante activité neutralisante et
d’inhibition de fusion vis-à-vis des variétés
des sous-types des chaînes A et B du VRS.
Dans un essai contrôlé contre placebo de
prévention de l’infection à VRS chez l’enfant
à haut risque, 1 502 enfants ont été inclus.
Le groupe traité recevait cinq doses de
15 mg/kg injectées à 1 mois d’intervalle.
Le
bénéfice thérapeutique a été de 55 % sur
l’incidence des hospitalisations.
En raison de
son coût élevé, le palivizumab est réservé
aux nourrissons atteints d’affections
respiratoires subaiguës ou chroniques
traitées au long cours, au début de la
période d’épidémie, aux prématurés nés à
un terme inférieur ou égal à 32 semaines,
avec antécédents de dysplasie bronchopulmonaire
et âgés de moins de 6 mois au
début de la période d’épidémie.
Il n’a pas
été observé de toxicité significative mais le
risque potentiel de réaction anaphylactique
ou allergique locale existe comme avec toute
préparation protéinique.
C - MÉDICAMENTS ANTIVARICELLAZOSTER
VIRUS
ET CYTOMÉGALOVIRUS
:
L’aciclovir est un analogue de la
désoxyguanosine (acycloguanosine).
Après
pénétration intracellulaire, l’aciclovir est
transformée en aciclovir triphosphate sous
l’action d’une thymidine kinase induite dans
la cellule infectée par le virus VZV, ou par
une phosphotransférase produite par le
CMV.
L’aciclovir (Activirt, Zoviraxt) inhibe
la synthèse de l’ADN viral par un
mécanisme de compétition. L’absence de
production d’aciclovir triphosphate dans les
cellules non infectées et la spécificité pour
l’ADN viral expliquent les effets toxiques
minimes.
La biodisponibilité orale du
produit est médiocre : une dose de 800 mg
est nécessaire pour obtenir une
concentration au-dessus de la concentration
minimale inhibitrice (CMI) 50 du VZV.
De
plus, la demi-vie est courte impliquant une
administration toutes les 4 à 6 heures.
Les
études cliniques ont démontré un bénéfice
thérapeutique au cours de l’infection à virus
herpès chez l’immunodéprimé, au cours de
la varicelle et dans certaines formes cliniques
d’infection à CMV.
Le valaciclovir
(Zélitrext) est disponible uniquement sous
forme orale et peut être utilisé dans le
traitement de la varicelle et en prophylaxie
de l’infection à CMV.
Le ganciclovir (Cymévant) est un
homologue de l’aciclovir.
Il est transformé
in vivo en ganciclovir triphosphate par une
phosphotransférase des cellules infectées par
le CMV ; il inhibe l’ADN viral par un
mécanisme de compétition, comme
l’aciclovir.
Sa longue demi-vie intracellulaire,
de l’ordre de 12 heures, rend compte d’une
activité largement supérieure à celle de
l’aciclovir sur le CMV.
C’est désormais le
traitement de référence de l’infection grave
à CMV chez l’immunodéprimé, particulièrement
au cours du syndrome de
l’immunodéficience acquise (sida) et après
transplantation de moelle osseuse (en combinaison avec des globulines immunes).
En traitement curatif, le médicament est
prescrit à la posologie de 5 mg/kg toutes
les12 heures sur une durée de 14 à 21 jours.
En relais ou en traitement prophylactique, il
peut être administré par voie orale à la
posologie de 3 g/j en trois prises.
La toxicité
est principalement hématologique :
neutropénie et thrombopénie, apparaissant
surtout durant la seconde semaine du
traitement.
L’utilisation concomitante de
drogues cytotoxiques est déconseillée.
Quelques rares souches de CMV résistantes
au ganciclovir ont été isolées (chez des
patients atteints de sida).
Le foscarnet (Foscavirt) est un
pyrophosphate inorganique analogue de
l’acide phosphonoacétique actif in vitro sur
les virus herpès et le VIH.
Il est indiqué en
cas d’infection à VZV ou herpes simplex
virus aciclovir-résistant, et en cas d’infection
par CMV ganciclovir-résistant ; mais des
souches résistantes au foscarnet peuvent
s’observer.
Les effets secondaires sont
dominés par la néphrotoxicité et des troubles
du système nerveux central.