Principes d’utilisation
:
A - Présentation :
1- Classification chimique :
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont des
acides faibles qui se scindent en 8 groupes selon leur noyau
chimique de base.
Cette classification a pour avantages
:
– d’individualiser la phénylbultazone, qui a ses propres
règles d’emploi ;
– d’éviter la prescription d’une molécule de la même famille
en cas d’allergie vraie à l’une d’entre elles.
La structure d’un AINS ne préjuge en revanche ni de son
efficacité, ni de sa toxicité.
2- Formulations galéniques :
• Voies générales
- Voie orale : elle assure une absorption rapide et pratiquement
complète du principe actif chez le malade à
jeun.
À côté des présentations classiques (comprimés,
gélules, sachets…), il existe des formes à libération prolongée
(LP) qui étalent l’absorption du produit dans le
temps en le libérant progressivement dans la lumière
intestinale.
Enfin, certaines spécialités (Bi-Profénid,
Chrono-Indocid) combinent libération immédiate et différée.
Aucun de ces artifices galéniques n’a prouvé qu’il
permettait de réduire les risques digestifs des AINS.
- Voie rectale : les suppositoires sont résorbés plus irrégulièrement
que les formulations orales conventionnelles.
– Voie parentérale : les préparations intramusculaires
des diverses spécialités (Aspégic, Feldène, Profénid,
Tilcotil, Voldal ou Voltarène) sont vite résorbées, du
moins chez l’adulte jeune (bonnes trophicité et vascularisation
musculaires).
L’Aspégic peut également s’administrer
par voie intraveineuse.
Les perfusions de Profénid sont réservées au traitement de douleurs postopératoires
en milieu hospitalier.
– Vois locales : les collyres, les gels à usage externe,
voire les pommades n’empêchent pas un certain passage
systémique de l’AINS, potentiellement responsable
de réactions générales d’hypersensibilité.
B - Caractéristiques pharmacocinétiques :
1- Distribution
:
Plus de 95 % de la forme circulante des AINS sont liés
de manière réversible à l’albumine d’où la possibilité
d’interactions avec d’autres médicaments acides fixés
sur les mêmes sites (antivitamines K, sulfamides hypoglycémiants,
phénytoïne…).
La distribution des AINS tend à privilégier leurs tissuscibles
articulaires.
Les AINS traversent les barrières
hémato-encéphalique et placentaire, et ils passent dans
le lait maternel.
2- Métabolisme et élimination
:
Une biotransformation dans le foie est indispensable à l’activité
de promédicaments tels que le fenbufène et le sulindac.
De plus un catabolisme hépatique plus ou moins
important précède et facilite l’excrétion des AINS
– qui est
principalement urinaire.
Dans les reins, les AINS peuvent
entrer en compétition avec des substances endogènes
(acide urique) ou d’autres médicaments (lithium, méthotrexate…)
au niveau des processus de sécrétion et de réabsorption
tubulaires.
3- Demi-vie d’élimination plasmatique
:
La demi-vie d’élimination plasmatique d’un AINS conditionne
en partie son rythme d’administration.
À cet égard, on sépare les AINS en 3 catégories selon que leur demi-vie
moyenne est :
– longue, de l’ordre de 1 à 4 jours (oxicams, phénylbutazone)
qui ne nécessitent en principe qu’une seule prise
quotidienne ;
– moyenne, entre 10 et 18 heures (diflunisal, sulindac,
fenbufène et naproxène) ;
– courte, inférieure à 8 heures (autres AINS), imposant
a priori 2-3 administrations journalières.
En réalité, le fractionnement des doses est parfois souhaitable
pour améliorer la tolérance digestive des AINS
à demi-vie longue.
Inversement, les formes à libération
prolongée des AINS à demi-vie courte autorisent une
prise quotidienne unique.
C - Propriétés pharmacodynamiques :
1- Action antipyrétique
:
Les AINS diminuent la fièvre d’origine infectieuse,
inflammatoire ou néoplasique en entravant la synthèse
de prostaglandines pyrogènes (PGE2), induite par des
cytokines (interleukine-1) dans l’aire préoptique de l’hypothalamus,
centre de la thermorégulation.
2- Action antalgique
:
Les AINS sont des antalgiques dont le site d’action principal
est périphérique, au sein du foyer algogène.
Cette
propriété, qui s’exprime même aux faibles doses, se
manifeste avec prédilection dans les affections de l’appareil
locomoteur (ostéo-articulaires, tendino-ligamentaires,
musculaires), les céphalées, les dysménorrhées, les douleurs
dentaires et postopératoires, voire la colique hépatique
ou néphrétique.
En définitive, les AINS sont surtout
efficaces dans les « douleurs par excès de nociception »
quand les prostaglandines interviennent en sensibilisant
les terminaisons nerveuses à leurs stimulus (bradykinine,
sérotonine, ions H+, adénosine…).
Pour mémoire, les AINS forment, avec le paracétamol, le premier niveau de
la stratégie en 3 paliers préconisée par l’OMS pour le traitement
des douleurs chroniques cancéreuses.
3- Action anti-inflammatoire :
Souvent intriquée avec la précédente, l’action antiinflammatoire
requiert volontiers des posologies plus élevées.
Cette caractéristique est à l’origine de la commercialisation
d’AINS faiblement dosés comme antalgiques
(ou antalgiques-antipyrétiques).
En contrariant la formation des prostaglandines, les AINS
inhibent surtout la composante vasculaire de la réaction
inflammatoire, responsable de la classique tétrade
« oedème, douleur, rougeur, chaleur ».
Mais ils ne modifient
pas le cours évolutif des rhumatismes inflammatoires
chroniques.
4- Action antiagrégeante :
Tous les AINS interfèrent avec l’agrégation plaquettaire,
mais seule l’aspirine allonge nettement le temps de saignement
(50-100 % en moyenne).
Cela tient à sa capacité
d’inactiver définitivement la cyclo-oxygénase plaquettaire,
qui catalyse la formation de thromboxane A2 (TX
A2), puissant agent agrégeant et vasoconstricteur.
Cet effet qui est optimal dès les faibles doses d’aspirine
(o 325 mg/j), se corrige en 1 semaine environ après
l’arrêt du médicament, délai nécessaire au renouvellement
des plaquettes.
Cette action a pour corollaire l’indication
de l’aspirine comme agent antithrombotique.
D - Effets indésirables :
Des effets indésirables surviennent chez le quart ou même
le tiers des patients, consistant pour moitié en des troubles digestifs banals.
Les complications graves sont relativement
rares et volontiers favorisées par un terrain prédisposant
ou certaines associations médicamenteuses qui
constituent dès lors l’essentiel des contre-indications et
précautions d’emploi des AINS.
1- Manifestations digestives :
• Gastroduodénales
Les plaintes fonctionnelles (dyspepsie, gastralgies, anorexie,
nausées, voire vomissements) sont fréquentes,
témoignant très inconstamment d’une gastrite ou d’un
ulcère gastroduodénal.
Inversement, ces derniers peuvent
rester asymptomatiques jusqu’à être parfois révélés
par une anémie de déperdition, une hémorragie ou une
perforation digestives.
L’incidence annuelle des complications
digestives graves sous AINS est globalement de
1 pour 1 000 ; de fait, elle varie de 0,4 pour 1 000 chez
l’adulte jeune à 4 pour 1000 chez le sujet de plus de 65
ans. Parmi les facteurs favorisant ces accidents, on trouve,
outre l’âge du patient, des antécédents ulcéreux, des
posologies élevées d’AINS, l’association à un corticoïde
ou à un autre AINS.
La
durée du traitement joue un rôle, le risque relatif étant
plus élevé au cours des 3 premiers mois.
L’influence du
type d’AINS et de la présence d’Helicobacter pylori
reste à préciser.
Enfin, aucune forme, ni voie d’administration
systémiques ne mettent à l’abri de telles complications.
• Autres manifestations digestives, plus rares :
– troubles du transit (diarrhées surtout) ;
– oesophagite, ulcérations du grêle, sigmoïdite ;
– hépatite, purement biologique en général ;
– anorectite (suppositoires).
2- Manifestations cutanées muqueuses, « intolérance
» aux AINS :
Les manifestations d’ « intolérance » n’épargnent aucun
AINS. Elles consistent en prurit, éruptions diverses, urticariennes
ou non, stomatite, bronchospasme, rhinite ou,
dans une bien moindre mesure, oedème de Quincke et
réactions anaphylactiques.
Elles traduisent une hypersensibilité
soit authentiquement immuno-allergique, soit
liée à un terrain particulier, caractérisé par une perturbation
du métabolisme de l’acide arachidonique, d’où
l’existence d’intolérances croisées entre AINS sans
parenté chimique.
Le syndrome de Widal (asthme, polypose
naso-sinusienne, hypersensibilité à l’aspirine et
autres AINS) entre dans ce cadre.
Mentionnons les exceptionnels érythèmes polymorphes
pouvant aller jusqu’aux toxidermies bulleuses telles que
syndromes de Stevens-Johnson et de Lyell.
3- Complications rénales :
• L’insuffisance rénale aiguë d’origine hémodynamique
est la plus commune.
Elle s’exprime par une oligurie
avec éventuellement une prise de poids et des oedèmes, d’installation rapide, en quelques jours. Elle se
corrige en règle dès l’arrêt de l’AINS.
Cette complication dose-dépendante a pour circonstance favorisante
une hypoperfusion rénale préalable (insuffisance cardiaque,
hypovolémie efficace par déshydratation, prise
de diurétiques, syndrome néphrotique, cirrhose décompensée…),
les prostaglandines locales intervenant alors
dans le maintien du débit de filtration glomérulaire.
• Les néphrites interstitielles aiguës, exceptionnelles, se
développent après quelques semaines ou mois de traitement
et laissent volontiers des séquelles.
• Les néphropathies interstitielles chroniques, classiques
« néphropathies aux analgésiques » se rencontrent
avec une fréquence accrue après une utilisation
prolongée d’AINS.
• Des troubles hydroélectrolytiques peuvent résulter de
l’inhibition de la synthèse des prostaglandines rénales :
– rétention hydrosodée, avec potentielle augmentation
de la pression artérielle ;
– hyperkaliémie par hypoaldostéronisme hyporéninique.
4- Manifestations hématologiques :
Le plus souvent à point de départ médullaire, les complications
hématologiques comprennent de rares neutropénies
et thrombopénies, et d’exceptionnelles agranulocytoses,
anémies érythroblastopéniques et pancytopénies.
Elles sont surtout le fait de la phénylbutazone
– qui
n’en a toutefois par l’apanage.
Les anémies consécutives à un saignement digestif
occulte sont moins inhabituelles.
5- Manifestations neurosensorielles
:
Aux posologies usuelles, les AINS — en particulier
l’indométacine — peuvent provoquer des céphalées, des
vertiges, des acouphènes, qui sont aussi la marque d’un
surdosage d’aspirine (« salicylisme »).
On observe parfois
des perturbations du sommeil ou du comportement.
6- Complications gynéco-obstétricales :
En inhibant la cyclo-oxygénase, les AINS exercent une
activité tocolytique d’où une possible augmentation de
la durée de gestation et un ralentissement du travail.
Par
ce même mécanisme, ils exposent le foetus à une fermeture
prématurée du canal artériel et une insuffisance
rénale au cours du troisième trimestre de la grossesse.
Ils sont donc formellement contre-indiqués à ce stade
d’autant qu’ils favoriseraient en outre les hémorragies
puerpérales ou néonatales.
En revanche, la moindre efficacité des dispositifs intrautérins
sous AINS est discutée.
7- Risque infectieux :
Les monographies de certains AINS signalent qu’ils
pourraient faciliter l’extension d’un processus septique, notamment ORL ou stomatologique.
Cela tiendrait
davantage aux propriétés des AINS, susceptibles de
masquer les symptômes d’une infection et de retarder le
diagnostic qu’à une improbable diminution des défenses
immunitaires sous AINS.
Il reste que les injections intramusculaires d’AINS comportent
un réel risque de nécrose tissulaire, voire de fasciite
nécrosante et d’abcès.
Règles d’utilisation
:
A - Indications
:
Bien qu’ils aient le même profil pharmacologique, les AINS ne partagent pas les mêmes indications thérapeutiques
en raison de différences :
– de rapport bénéfice/risque, avérées (médicaments
anciens) ou présumées (médicaments récents), différences
que reflètent leur inscription sur la liste I ou la
liste II ou leur exonération (« hors liste ») des substances
vénéneuses ;
– d’essais cliniques menés en vue de l’obtention de l’autorisation
de mise sur le marché (AMM) ;
– de stratégies marketing entre laboratoires pharmaceutiques.
En pratique, il est nécessaire de consulter le dictionnaire
Vidal pour connaître le libellé exact des indications
reconnues à chaque spécialité.
Toutefois, le champ des
indications tend à s’élargir progressivement de la phénylbutazone
à l’aspirine, amenant schématiquement à
considérer 4 catégories d’AINS.
1- Phénylbutazone (liste I) :
Elle est réservée aux
arthrites aiguës microcristallines (en cures brèves, inférieures
à 7 jours) et aux rhumatismes inflammatoires
chroniques, après échec d’autres AINS réputés moins
nocifs.
2- Autres AINS de la liste I :
Ils sont susceptibles
d’étendre leur domaine à la quasi-totalité des affections
rhumatologiques douloureuses, soit au long cours (rhumatismes
inflammatoires chroniques, arthroses invalidantes),
soit pour de courtes durées (arthroses, radiculalgies
aiguës, pathologie abarticulaire dont tendinites et
bursites…).
3- AINS de la liste II :
Ils peuvent revendiquer, en
plus des précédentes, des indications dans diverses
affections douloureuses ou inflammatoires d’ordre traumatologique
(entorse…), gynécologique (dysménorrhées
primitives, ménorragies fonctionnelles…), ORL et stomatologiques (pathologies inflammatoires, douleurs
dentaires…) et dans les états fébriles.
4- Aspirine et Ibuprofène 200 mg :
Ils méritent une
place particulière parce qu’ils sont délivrés sans ordonnance,
destinés surtout au « traitement symptomatique
des affections douloureuses ou fébriles ».
Dans cette indication, la posologie quotidienne d’aspirine ne doit
pas dépasser 3g chez l’adulte et 2g chez le sujet âgé.
De plus, l’aspirine est un antiagrégeant dévolu à la phase aiguë de l’infarctus du
myocarde (Kardégic 160 mg, Solupsan 160 mg) ou à la
prévention secondaire des accidents ischémiques cérébraux
ou myocardiques liés à l’athérosclérose (Kardégic
300 mg, Aspirine Upsa 325 mg).
B - Contre-indications
:
Les AINS sont contre-indiqués dans l’ulcère gastroduodénal
en évolution, l’insuffisance hépatique ou rénale
sévère, et pendant la grossesse (dernier trimestre surtout)
ou l’allaitement.
Des antécédents d’hypersensibilité
à un AINS interdisent son emploi ultérieur et, par prudence,
celui d’une molécule de la même famille chimique,
voire de l’ensemble des AINS si cette réaction
entre dans le cadre d’un syndrome de Widal.
Des
troubles de la coagulation proscrivent les injections
intramusculaires, et un passé de rectorragies ou de rectite,
l’utilisation des suppositoires.
Enfin, il est des
contre-indications liées à des interactions médicamenteuses.
C - Interactions médicamenteuses :
1- Interactions majeures :
• Communes aux AINS, elles contre-indiquent de façon
absolue ou relative l’association d’un AINS aux produits
suivants :
– anticoagulants oraux, héparines et ticlopidine
(Ticlid) : susceptibles d’aggraver le saignement d’éventuelles
lésions digestives induites par les AINS d’autant
que ceux-ci pourraient majorer leur action sur l’hémostase
(en inhibant les fonctions plaquettaires, voire, dans
le cas des antivitamines K, en les déplaçant de leur site
de fixation protéique);
– méthotrexate : dont les AINS (aspirine, kétoprofène et
phénylbutazone, surtout) diminuent la clairance rénale.
L’interaction avec les AINS
– phénylbutazone et salicylés
exceptés
– est toutefois considérée comme « mineure
» aux doses de méthotrexate préconisées dans la polyarthrite
rhumatoïde (< ou = à 15 mg/semaine);
– lithium : dont les AINS ( mis à part l’aspirine) qui
réduisent l’élimination urinaire justifiant un contrôle de
la lithiémie pour adapter la posologie au besoin.
– autres AINS, y compris les AINS proposés comme
antalgiques, vu l’augmentation du risque ulcérogène et
hémorragique gastroduodénal. Il en va de même de l’association
AINS-corticoïde.
• Particulières
– la phénylbultazone est fortement déconseillée chez les
malades traités par un médicament réputé myélotoxique
tel que les sels d’or (Allochrysine), mais aussi par la phénytoïne (Di-Hydan) ou un sulfamide hypoglycémiant
(risque de surdosage par augmentation de leur concentration
plasmatique libre, pharmacologiquement active);
- l’aspirine à faible dose (o 2 g/j) entre en compétition
avec la sécrétion tubulaire d’acide urique et antagonise
l’activité de la benzbromarone (Désuric). Aux doses
supérieures à 4 g/j, cet AINS a des propriétés uricosuriques,
son effet inhibiteur de la réabsorption tubulaire
d’acide urique étant alors prédominant.
L’aspirine, aux
posologies O 3 g/j essentiellement, est susceptible de
majorer l’action des antidiabétiques (sulfamides, voire
insuline).
2- Interactions mineures
:
Elles impliquent un renforcement de la surveillance et le
cas échéant, des dispositions particulières.
• Antihypertenseurs (b-bloquants, inhibiteurs de l’enzyme
de conversion, diurétiques) : les AINS diminuent
parfois leur effet, obligeant à un réajustement thérapeutique.
• Diurétiques : ils potentialisent en outre la néphrotoxicité
des AINS. Cette association se conçoit seulement
chez un malade correctement hydraté, averti de devoir
surveiller son volume de diurèse.
D - Règles de prescription :
1- Place des AINS :
Si les AINS occupent une place de choix dans les rhumatismes
inflammatoires, les spondylarthropathies surtout,
leur prescription à visée analgésique ne doit s’envisager
qu’après l’échec de médicaments mieux tolérés.
La
paracétamol reste à cet égard l’antalgique de première
intention dans l’arthrose des membres ou la pathologie
mécanique du rachis.
C’est aussi l’occasion de rappeler
que les affections rhumatologiques chroniques réclament
une stratégie thérapeutique globale qui fait notamment
appel aux mesures d’économie articulaire, aux soins
physiques et locaux, aux moyens orthopédiques et à
d’autres médicaments symptomatiques dévolus à la
maladie en question, tous concourant à conforter l’efficacité
des AINS, voire à en éviter l’usage.
2- Prévention des effets indésirables
:
Les effets indésirables des AINS sont au mieux prévenus
par le respect de leurs indications, contre-indications et
précautions d’emploi et par la limitation de leur posologie
et durée d’utilisation au minimum nécessaire.
L’adjonction de misoprostol (Cytotec) ou d’oméprazole
(Mopral, Zoltum) chez les malades à risque digestif
(sujet âgé, antécédents ulcéreux…) permet par ailleurs
de diminuer leur gastrotoxicité, sans néanmoins la supprimer.
3- Modalités pratiques :
• Choix de l’AINS : le domaine des indications propres à chaque spécialité opère une première sélection.
Le
choix de l’AINS se fonde ensuite sur les expériences
antérieures éventuelles du patient sachant qu’il existe
une grande variabilité individuelle de réponse et de
tolérance à une molécule donnée.
Chez l’enfant, il faut se contenter des principes actifs
agréés :
- aspirine à la dose maximale de 50 mg/kg/j ;
- ibuprofène (Nureflex enfant et nourrisson) : 20 à
30 mg/kg/j ;
- acide tiaprofénique : 10 mg/kg/j au-delà de 3 ans ;
- morniflumate (acide niflumique suppositoire) :
o 400 mg/j de 6 à 30 mois et o à 40 mg/kg/j de 30 mois
à 12 ans.
• Voie d’administration : la voie orale est la plus commode,
qui permet des traitements prolongés.
Il est alors
recommandé d’absorber le médicament avec un verre
d’eau et en position debout pour réduire son temps de
contact avec la muqueuse oesophagienne.
La prise au
cours du repas retarde la résorption de l’AINS sans
affecter significativement sa biodisponibilité ; elle a
pour intérêt de faciliter l’observance et de diminuer les
troubles fonctionnels digestifs – mais non l’ulcérogénicité
des AINS.
Ce dernier avantage s’applique également
aux suppositoires.
Les injections intramusculaires
doivent en partie leur succès à l’important effet placebo
attaché à cette voie parentérale ; elles s’adressent en
priorité aux tout premiers jours de traitement d’une
affection aiguë. Quand aux topiques cutanés, ils peuvent
rendre service dans certaines pathologies sportives
ou post-traumatiques bénignes.
• Associations utiles : il est possible de limiter la posologie
des AINS, et par là même leur toxicité ou, au
besoin, de conforter leur efficacité en leur ajoutant du
paracétamol ou un opioïde.
• Information des malades.: il faut énoncer aux patients
les principales complications des AINS pour qu’ils
arrêtent le traitement ou sollicitent un avis médical
devant certains signes d’alerte, en particulier cutanéomuqueux
et digestifs.
Comme l’automédication est fréquente
dans les syndromes douloureux, il convient de
mentionner l’incompatibilité entre le médicament prescrit
et les AINS vendus comme antalgiques-antipyrétiques.
• Surveillance : l’administration prolongée d’un AINS
justifie une évaluation régulière de son efficacité et de
sa tolérance en tenant compte du terrain physiopathologique
du malade et des médicaments associés.
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