Quelque
605 cas de sida et 1 373 personnes séropositives ont été
enregistrés en Algérie entre décembre 1985, date du premier cas
diagnostiqué, et juin 2003 (selon les estimations du ministère
de la Santé). Le chiffre concernant le nombre de séropositifs
serait inférieur à la réalité en raison d’un dépistage qui n’est
pas systématique. Les hommes, âgés de 20 à 49 ans, actifs
sexuellement, sont les plus touchés par rapport aux femmes avec
un taux de quatre hommes pour une femme. Mais le chiffre se
rapproche de plus en plus entre les deux sexes. Les enfants
semblent encore être épargnés puisque seulement 22 cas de sida
ont été enregistrés pour les moins de 14 ans depuis 1985.
La prise en charge des malades se fait dans six centres de
référence au niveau national dont deux à Tamanrasset et Sétif et
quatre opérationnels depuis 1996, à Constantine, Annaba, Oran et
Alger où le taux des personnes atteintes est le plus élevé. La
dépense moyenne pour la prise en charge d’un sidéen est d’1
million de dinars par an. A Annaba, 64 sidéens au stade final
ont été recensés par l’ Association de lutte contre les
infections sexuellement transmissibles et sida (Aniss). La
plupart sont des femmes. Les personnes porteuses du virus sont
estimées, selon la même source, à plus de 600 cas. A Oran, sept
nouveaux cas de sida ont été dépistés récemment, ce qui porte le
chiffre global des personnes atteintes à 113 depuis le début de
l’année. La fourchette d’âge se situe entre 20 et 50 ans.
Plus de drogues dures :
Les jeunes s’adonnent de plus en plus aux drogues dures en
utilisant des injections, ce qui augmente le risque de
transmission du VIH. Il faut ajouter à cela une consommation de
plus en plus importante d’alcool et de psychotropes. Dans les
prisons algériennes, le risque de transmission se fait par les
pratiques sexuelles entre hommes et la toxicomanie. Pour cette
population, un contrôle médical est effectué par des médecins
généralistes à plein temps et éventuellement à la demande des
médecins spécialistes.
Les déterminants de l’épidémie VIH en Algérie sont les
infections sexuellement transmissibles, la vulnérabilité
croissante des femmes, un environnement favorisant les
situations et les comportements à risque, la faiblesse du
mouvement associatif et de l’implication de la société civile,
la migration nationale et internationale et la détérioration des
conditions socioéconomiques.
L’épidémie ne fléchit pas :
Les Algériens sont mal informés sur cette maladie et il faut
expliquer clairement les différents modes de transmission,
surtout la transmission sexuelle. La société algérienne continue
à stigmatiser les sidéens. Une culture du tabou et du rejet qui
facilite la prolifération de la maladie car la révéler mène à
l’exclusion. Il faut pourtant aire avancer la prévention, en
Algérie comme ailleurs.
Car l’épidémie mondiale de sida ne montre aucun signe de
fléchissement. Chiffres encore jamais atteints, cinq millions de
personnes ont été infectées par le VIH dans le monde et 3
millions en sont mortes rien que cette année. Le nouveau rapport
de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 40
millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, dont 2,5
millions d’enfants de moins de 15 ans.
Par
Kamel Benelkadi El Watan Nombre d'affichage de
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